C'est une légère variante de Topération décrite par Koch
2. La liqueur alcoolique où s*est formé ce précipité contient aussi une partie de la substance active qui reste en solution dans Talcool. D'après l'action sur les animaux, on peut juger qu'une moitié de la substance active initiale passe dans cette liqueur alcoolique.
TUBERCULLNE. 547
Une solution aqueuse d acide picrique donne un précipité floconneux soluble à chaud. Les acides sulfurique et chlorhydrique, concentrés ou étendus, ne déterminent pas de précipité. L'acide acétique produit un louche soluble dans un excès. L'acide azolique fait naître un précipité qui augmente par le repos.
La tuberculine purifiée, ainsi qu'il a été dit plus haut, par précipitation au moyen d'alcool à 60° centésimaux, contient de 16 à 20 % de cendres. Elles sont presque uniquement composées de phosphates de potasse et de magnésie à peu près exempts de chlorures. On y trouve o9,8 d'acide phosphorique pour 100 parties de ces cendres.
L'analyse élémentaire, en la calculant comme débarrassée de substances minérales, a donné pour la tuberculine les nombres suivants :
Carbone il M ^8,13*
Hydrogène 7,55 7,06
Azote 14,45 U,46
Soufre 1,14 1,17
Oxygène et phosphore. 29,84 29,18
Cette composition rappelle, comme nous le disions ailleurs, celle de la mucine ou de la chondrine, et mieux encore des nucléines. Quoique le phosphore semble manquer dans les analyses publiées, on doit remarquer que cet élément ne s'en trouve pas moins en abondance dans la tuljerculine puisque nous avons dit que le produit de son incinération contient 20 cent, de cendres dont plus de la moitié est constituée par de l'acide phosphorique*. Il est très probable qu'une grande partie de cet acide trouvé dans les
1. Ce qui répondrait à 3,4 •/» de ptiosphore. Lubavine en a trouvé 4,6 •/• dans la'nucléinedu lait.
TIBKRCLLLNE. 549
Des doses de 0*^*^13 à O'^'^o de tuberculine thérapeutique employées sur la vache restent sans effets apparents lorsqu'elle est saine, mais elles élèvent sa température à 40° et 41% si elle est tuberculeuse. Chez Thomme bien portant (ou atteint d'autres maladies que la tuberculose), la tuberculine de Kock ne commence à produire là courbature et une faible élévation de température qu'à la dose de O^'^Ol, tandis que chez les phtisiques il suffit de 0'*'' 001 pour obtenir une réaction assez prononcée*. On a môme vu sur une lupique trois injections successives de 0*^003, 0'*^008 et 0"010 amener une néphrite interstitielle aiguë dont elle succomba 22 heures après l'injection.
En 1888, Hammerschlag avait observée que près de 27 pour cent du poids des substances solides qui composent le bacille tuberculeux sont solubles dans l'alcool et Téther. Le résidu insoluble est protéique ou cellulosique. La partie dissoute dans l'alcool éthéré est un mélange de lécithines, de graisses et d'une substance vénéneuse qui, injectée aux lapins et aux cobayes, les tue en provoquant des convulsions mortelles. A côté de ces substances on rencontre une toxalbumine (probablement la tuberculine de Kock, Brieger et Frœnkel) qui, par injection sous-cutanée, élève de 1 à 2% d'une façon assez durable, la température des lapins.
Pure ou impure, la tuberculine ne confère point l'immunité contre la tuberculose aux animaux auxquels onTinjecte. D'ailleurs le bacille de cette maladie se conserve dans les tissus avec toute sa virulence, même des mois après l'injection; les tissus atteints s'enflamment et s'abcèdent;
1. Voir à ce sujet Annales de rinst. Pasteur, t. V, p. 191, et les travaux de M. Nocard.
TOXINES DE LK DtPBTÉBlE.
relativement grandes de sérum antituberculeux; les pe doses sembleraient plutât aggraver l'iafection. In t ce sérum mélangé à un milieu nulrilif favorable au c loppement du bacille tuberculeux rend peu à peu ce m impropre à la culture du microbe. Les bacilles ainsi tr deviennent inoffensifs pour les animaux.
Toxines de l\ diphtérie.
Les toxines de la diphtérie ont été découTerles ea par MM. Roux et Yerain. On les retire des cultures du bi virulent de Klebs-LœQer faites en bouillon de veau ei à l'air'. Ce bacille lui-même s'extrait primitivemenl fausses membranes d'un sujet atteint de diphtérie. On cule le bacille au moyen d'un lil de platine, et avec ti les précautions ordinaires, k du sérum sanguin co< placé dans différents tubes. Les colonies qu'il fait naît présentent sous forme de petites taches rondes, blanc sàtre, à centre plus opaque que la périphérie. Le mii spécifique (fig. 17 et 18) est généralementpluspetilquedansles fausses ^/^r H membranes. Sa longueur est à peu <»^,^ \i près celle du bacille de la tubercu- p^ ^^ g^.,,^ ^.^^
lose, mais il est plus épais que en cullure, Irès gross
lui. Les bacilles diphtériliques se ^" '" placent souvent parallèlement ou bout à bout, mais, da cas.jamalssuivantleur prolongement rectiligne {fig. 18 extrémités un peu renflées se colorent plus forteraen lin. Ce microbe pousse très
lalti Inst. PuUeur, t. II, p. 632, e
TOXINES DE LA DIPHTÉRIE. OÏhi
4 à 0 jours. Si les culliires sont très chargées de toxine, la période d'incubation peut se réduire à quelques heures ; l'animal devient inquiet, parfois il est pris de diarrhée; sa respiration est anxieuse, irrégulière, il tremble sur ses pattes, il ne peut se mouvoir et meurt en o à 6 jours sans convulsions, après quelques hoquets*.
Le cobaye, le lapin, le chien, le mouton, sont très sensibles à l'action de ce poison. Les rats et les souris supportent au contraire sans malaise des doses mortelles pour un chien.
On a déjà vu que le poison diphtérique est une dia>> lase. Son activité est fortement diminuée par la chaleur : une solution, dont 2 cent, cubes, injectés sous la peau, tuaient facilement un lapin, n'occasionne plus d'accidents sensibles, du moins, à courte échéance même lorsqu'on l'injecte dans les veines de ces animaux à la dose de 35 cent, cubes, pourvu qu'au préalable on l'ait chauffée à 100** durant 10 minutes. Après avoir été porté 2 heures à 58® à l'abri de l'air, un liquide de culture filtré sur biscuit tuait avec un long retard un cobaye auquel on en injectait 1 cent, cube ; après 2 heures de chauffe à 100°, la môme dose n'occasionnait qu'un léger œdème au point d'inoculation. Toutefois, les animaux finissaient par maigrir, quoique mangeant bien, et succombaient avec un peu de paralysie des membres postérieurs. Le môme liiiuide non chauffé tuait les lapins à la dose de 1/5 de centimètre cube en un ou deux jours.
1. On sait que le baclUe diphtérique ne pénètre pas dans les organismes infectés, et quMl se borne à déverser son poison à la surface des muqueuses où il s'est fixé. Voir pour les autres symptômes de cet empoisonnement Ann. Inst. Pasteur, t. III, p. 27o.