TOXINES DE LA DIPHTÉRIE
précipite de nouveau la matière active sous forme de flocons grisâtres; mais la substance ainsi précipitée paraît avoir perdu une partie de sa toxicité.
Après épuisement par Talcool de l'extrait sec de toxine brute, si Ton calcine le résidu insoluble, il reste une assez forte proportion de cendres.
Pour séparer les matières minérales et purifier leur toxine, MM. Roux et Yersin essayèrent de la dialyser. L'extrait de 100 centimètres cubes du liquide de culture filtré puis évaporé dans le vide, fut épuisé par l'alcool à 80"* cent., privé d'alcool dans le vide, repris par 5 centimètres cubes d'eau et versé sur un dialyseur. Toutes les 24 heures on renouvelait l'eau extérieure (12 cent, cubes). Au début, une seule goutte du liquide toxique mis à dialyser faisait mourir un cobaye. Le liquide extérieur recueilli au bout de 24 heures tuait après 4 Jours, avec les lésions caractéristiques de la diphtérie, un lapin à qui on l'injectait sous la peau. Toutes les 24 heures on injectait ainsi à un nouveau lapin le liquide du vase extérieur. Le second lapin mourut plus vite que le premier, et le quatrième plus rapidement que le troisième. Le liquide contenu dans le dialyseur restait encore très toxique, mais moins qu'au début.
Il suit de ces observations que le poison diphtéritique est apte à dialyser à travers les membranes animales, résultat qu'on pouvait prévoir, car Ton sait que l'empoisonnement, chez les sujets en puissance de diphtérie, se produit à travers les muqueuses sans que le bacille lui-même pénètre au-delà.
Le poison diphtérique, comme la plupart des diastasos, jouit de la propriété d'adhérer à certains précipités gélatineux tels que Talbumine ou les phosphates terreux, lorsqu'on les fait naître au sein des liqueurs qui le dissolvent.
La matière qui entraîne le plus facilement la toxine est le phosphate de chaux. On peut obtenir avec cette substance des précipités successifs qui, même après lavage à Teau distillée, introduits sous 1^ peau des cobayes, les tuent dès le 3^ ou 4« jour. Les granulations de phosphate de cliaux ainsi chargées de toxines, placées dans le tissu sous-cutané, se recouvrent peu à peu dMn véritable exsudât fîbrineux mêlé de globules blancs, exsudât qui rappelle les fausses membranes causées par l'inoculation du microbe lui-même.
Le phosphate de chaux précipité au sein de la solution toxique, après avoir été lavé et séché, conserve longtemps ses propriétés actives. Il peut être chauffé à 70^ sans que sa vénénosité diminue. Porté à lOO» durant 10 minutes, il reste encore actif. Au rouge ce précipité calcique cliarbonne légèrement et dégage de Tammoniaque.
La liqueur au sein de laquelle s'est fait le précipité de phosphate de chaux n'a pas perdu toute activité : elle agit seulement plus lentement, à peu près comme si elle eût été chauffée.
I^n centimètre cube d'une culture active de toxine diphtérique est capable de faire périr 8 cobayes de 4 00*' ou un chien Ao 0 kilos. Or ce centimètre cube contient 0'5''01 de résidu sec. Si on défalque le poids des parties minérales et celui des parties organiques inactives que dissout l'alcool, il reste 0*'"0004 de matière active, ou plutôt d'une matière organique en partie inerte qu'accompagne la vraie toxine. Cette substance est donc mortelle au moins pour 22 millions de fois son poids d'animal.
Ce poison, si puissant lorsqu'on l'introduit dans le sang ou sous la peau, peut être ingéré en grande masse par les cobayes et les pigeons sans que ces animaux paraissent en souffrir : 10 cent, cubes du liquide toxique filtré sont, dans