III. — Ptomaïnes non analysées
Toutes les ptomaïnes jusqu'ici décrites ont été analysées ; leur composition, et quelquefois leur constitution nous est connue. Il n'en est plus de môme de celles dont nous allons parler, qui, vu leur petite quantité, ou pour d'autres causes, n'ont pas été soumises à l'analyse.
Mydaléïne,
Cette ptomaïne accompagne, d'après Brieger, la neuridine, la choline, la cadavérine , la putrescine et la saprine dans les cadavres humains abandonnés sept à huit jours à la putréfaction. Elle augmente jusqu'au vingt-quatrième
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température baissa et les animaux se ranimèrent. 11 y avait tendance marquée au sommeil ; l'intestin était le siège de mouvements péristaltiques accentués.
Injectée à dose plus élevée (mais au dessous de 0^',003 chez le cobaye) cette substance détermina des troubles violents suivis de mort. La sécrétion salivaire fut très abondante chez le chat : il y eut une diarrhée profuse, et des vomissements épais et blanchâtres. L'animal était pris d'un tremblement généralisé qu'accentuaient les excitations extérieures.
Lorsque l'action toxique atteint son maximum, les extrémités postérieures d'abord, puis les antérieures sont paralysées. Le sujet tombe sur le ventre. Sa respiration devient pénible et bruyante. Parfois l'anin^al relève la lôte, faisant des efforts violents pour respirer, exécutant des mouvements de défense avec ses membres et retombant anéanti. Peu à peu sa température baisse, ses mouvements deviennent plus faibles et il s'éteint dans une sorte de coma, le cœur en diastole, les intestins et la vessie contractures.
Tirotoxine ou tirotoxicon.
Brieger n'a retiré des fromages putréfiés que de la neuridine ou de la triméthylamine. Toutefois, en 188;{ et 1884, dans l'État de Michigan, à la suite de l'empoison- Bernent de près de trois cents personnes par des fromages suspects Vaughan* remarqua que, sans que le goût ni rôdeur de ces aliments offrît à première vue rien de bien
1. ZeiUeh. f. phyiiol. Chem. , t. X , p. 146. Nous reviendrons plus loin sur les substances vénéneuses des fromages examinées par Vaughan.
W PTOMAlNKS Nf
articulier, ils présentaient à oultelettes riches en microc omages une substance vénén ir de l'eau acidulée, sursati ^ec de l'élher ; le résidu de c ;au, et le nouveau résidu lai icore épuisé par l'éther qui, ïs cristaux en aiguilles n rmées d'une substance, le ti rsqu'on le chaufife à %' av( mr le précipiter par les se
le séparer ensuite par Vt ussi. Cette matière paraît ises.
Sa solution essayée sur les imènes d'empoisonnement o (uéneux , à savoir, une sorte ée profuse, vomissements, icales, langue sèche et roi anose et mort.
Il est très loin d'être démoi oloxicoD soit une vraie b; actions habituelles dos alcaU
platine, il est vrai que sa f mbinaison. Mais, d'après Vi and on la chaufîe au bain-m •lange de sels ferriques el isi du bleu de Prusse. A l'a:
change en une matière acic 3i sur une assiette de porce icide sulfurique el de phé
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de solution de lyroloxine, on obtient une coloration orangée.
La tyrotoxine jouit d'une odeur forte de vieux fromage.
Elle a été signalée par divers auteurs dans le lait gâté.
De 16 kilogrammes de fromages ayant provoqué des accidents graves, Vaughan n'a retiré que 1 gr. à un demigramme de tyrotoxine. Il est probable que ce n'est là qu'un agent très secondaire de l'intoxication, car la quantité de lyroloxine qui répondrait au poids de fromage reconnu capable de produire l'empoisonneinent serait presque insignifiante.
Ptomaïnes des urines normales.
J'ai toujours trouvé dans les urines normales une très petite quantité d'alcaloïdes toxiques et volatils qui m'ont paru avoir la plus grande analogie avec les ptomaïnes de la putréfaction, liquides comme elles et possédant aussi Todeur d'aubépine. M. Bouchard a fait les mômes remarques. Il a observé en outre que les poisons des urines correspondant au sommeil sont difiFérents de ceux des urines de la veille. Celles-ci sont surtout narcotiques et amènent la fatigue des centres nerveux et le sommeil, tandis que les toxines qui se forment lorsque Ton dort sont plutôt tétaniques et coDvulsivanles et tendraient à provoquer le réveil.
Mais l'action toxique des urines ne lient pas principalement aux petites quantités d'alcaloïdes ([u'on y rencontre ; on verra qu'elle est en grande partie due à leurs matières extractives. Nous y reviendrons dans la ir Partie
de cet Ouvrage.
162 FTOMAÏNES NON ANALYSÉES.
PlomaUnes du pain gâté.
On a souvent signalé des empoisonnements par le pain moisi ou gâté ou par les farines avariées. Ils paraissent surtout dus aux plomaïnes et toxines sécrétées par les moisissures et les microbes ; mais aucun produit toxique bien défini n'a été encore relire de ces aliments suspects. Zenoni et Brugnatelli ont extrait du pain moisi un alcaloïde très vénéneux, qui présente quelques-unes des réactions de la strychnine*. On a signalé aussi des substances alcaloïdiques diverses dans le maïs gâté. Lombroso et Dupré donnent à l'une d'elles le nom de pellagrozéine*. Ce sont là des corps mal définis dont l'élude chimique n'a pas été faite*.
Viandes pasmies ou corrompues.
On a publié de nombreux empoisonnements par les viandes gâtées : bauci.sses, jambons, préparations de charcuterie, conserves de viandes ou de poisson passées ou douteuses, etc. Maas a essayé d'extraire les principes vénéneux de ces aliments suspects. Il a reconnu que ceux-ci étaient, au moins en partie, alcaloïdiques, et il paraît être arrivé à séparer quatre ptomaïues différentes; mais il n'a pu les obtenir pures, ni les analyser. De ces bases, certaines provoquaient une sorte d'empoisonnement strychnique; d'autres agissaient à la façon de la morphine*. On a vu (p. 122) que Brieger a reconnu que, dès qu'elles commencent à s'altérer, les viandes fournissent de la choline et de la né-