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SÉPARATION DES TOXINES ET DES PTOMAÏNES

contienb toutes les substances albuminoïdes, sauf les peptones. On le redissout dans un peu d'eau à 35-40** et Ton filtre. La liqueur est additionnée avec soin de sulfate d'ammoniaque pur en poudre fine; ce sel précipite des flocons albumineux qu'on lave avec une solution saturée du môme sel; ils sont ensuite essorés sur plaque de plâtre ou de biscuit et repris par le minimum d'eau possible. On sature cette solution de sulfate de magnésie en poudre qui précipite (C) les globulines et les propeptones et laisse dissous (/>) les albumines et serines proprement dites.

Le mélange (C) de globulines et de propeptones est lavé avec une solution saturée de sulfate de magnésie, et le précipité est traité par de Talcool à 50^ centésimaux froid qui dissout les propeptones et laisse les globulines.

La liqueur (D) saturée de sulfate de magnésie, contient les albumines proprement dites ; en l'additionnant de quelques gouttes d'acide acétique, on précipite toutes les substances albumineuses qu'on lave avec une solution concentrée de sulfate d'ammoniaque et qu'on purifie par dialyse.

Cette méthode doit être suivie lorsqu'on veut faire l'étude détaillée d'im bouillon de culture, d'un sérum, d'un extrait,

d'un produit actif, quelle qu'en soit l'origine, etc ; mais

les recherches faites jusqu'à cette heure ont manqué de précision, au moins au point de vue chimique, et malgré l'intérêt et l'importance des résultats acquis, il faut désirer voir l'exactitude scientifique qui seule conduit aux progrès complets et définitifs, s'introduire dans les recherches à venir.

On peut encore recourir à une autre méthode fondée sur cette observation que lorsqu'on fait digérer un tissu, bien broyé avec du sable, dans 2 à 3 fois son poids de glycérine

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l)ure, celle-ci enlève par endosmose les parties solublcs du tissu qui passent dans la glycérine. Si Ton filtre alors la glycérine et qu'on la précipite par Talcool très concentré, on sépare les matières albuminoïdes et même les peptones dissoutes, au moins en partie, tandis que les substances alcaloïdiques et autres restent dans la glycérine alcoolisée. On peut enfin, soit pour concentrer les toxines, soit même pour les séparer suffisamment des composés cristallisables, entre autres des ptomaïnes, enfermer la liqueur aqueuse qui les contient dans un sac de parchemin végétal trempant dans de Talcool à 80» centésimaux. Celui-ci absorbe Teau îiss(5z rapidement sans passer en quantité sensible à l'intér'uuir du sac. L*eau et les toxines cristallisables (en général alcaloïdiques) diffusent seules dans Talcool ; au contraire, loî» toxines albumineuses ou diastasiques se concentrent et restent dans le sac.

Généralement grâce à la dialyse ordinaire en présence de Teau on sépare les toxines en deux parts : \^ celles qui sont cristallisables, dialysables et non albuminoïdes; 2° celles qui sont albuminoïdes et qui ne traversent pas ou difficilement les dialyseurs. L'alcool fort permet de faire à i)eu près la môme séparation, comme on a dit plus haut; il précipite les toxines non dialysables.

On a vu (I^ Partie, p. 63 et suivantes) comment on parvient à diviser en groupes spécifiïpios les toxines basiques cristallisables et définies ou ptomaïnes. Quant aux incristallisables (globulines, albumines, i)eptones, .nucléïnes, ferments, etc.), on les séi)are grâce à leur précipitation successive par le sel marin, le sulfate» de magnésie, le sulfate d'ammoniaque, etc., employés en poudre et en excès. Mais rien ne peut être indiqué en ce sens de tout à fait général.

DISThNCTION ENTRK LES TOXINES ET LES VIRUS. 33.*

A propos (le chaque toxine, nous dirons, lorsque ce sera possible, comment on l'a séparée ou purifiée^

Distinction sous le microscope entre les toxines albuminoïdes et les albuminoïdes. — Ainsi qu'on Ta vu, la dis-

tinction entre les matières albuminoïdes et les alcaloïdes proprement dits est souvent très délicate. Elle est rendue plus difficile encore si Ton n'a que de très petites quantités de matière, lorsque sous le microscope, dans une cellule, une coupe, sur une granulation, un précipité même souvent nuageux ou trop faible pour être recueilli, on veut déterminer la nature soit alcaloïdique, soit albuminoïde, de la minime quantité de substance dont on dispose. La plupart des réactifs généraux qui précipitent les alcaloïdes, précipitent d'ailleurs les matières protéiques. Mais on peut distinguer ces deux ordres de substances au moyen de l'alcool acidulé d'acide tartrique (l^** acide tartrique cristallisé, 20 cent. cub. alcool absolu). Ce réactif dissout bien les alcaloïdes sans toucher aux matières protéiques qu'il coagule au contraire. Après macération des préparations microscopiques dans cette liqueur alcoolique acidulée, on lave à l'alcool, et l'on peut alors tenter de reconnaître, grâce à leurs réactions caractéristiques, les matières protéiques qui seules restent insolubles ^

Distinction entre les virus et les toxines. — Les virus sont des substances essentiellement vivantes. Soit que

1 . Voir encore à ce sujet la méthode de Hankin pour extraire les toxines des cultures du charbon^ (1II« Partie; Chapitre XI1«). Voir au môme Chapitre la méthode par laquelle Biichner est parvenu à extraire d^un grand nombre de bactéries toxiques une substance protéique pyogèue et vénéneuse douée d'un chimiotaxlsme très marqué.

2. L. Erhbra. Distinction microchimique entre les alcaloïdes et les matières protéiques. Bruxelles, 1889, p. 118.

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