‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 87 sur 158 · Semaine médicate, 1888, p · texte numérisé non relu

Semaine médicate, 1888, p

SÉROTHÉRAPIE. 411

Des essais parallèles étaient poursuivis en France, à la même époque, par MM. Roux et Martin. En 1894, au Congrès international de Buda-Pesth, M. Roux annonçait définitivement, au milieu des applaudissements unanimes, les succès qu'il avait obtenus dans le traitement de 300 cas de diphtérie humaine traités sous son contrôle, depuis deux années, dans les hôpitaux de Paris par la méthode des injections de sérum antidiphtérique.

Nous ne donnerons pas ici les détails de ce beau travail, Tétude de la sérothérapie n^entrant que très accessoirement dans le cadre de cet Ouvrage. Nous nous bornerons à renvoyer aux mémoires originaux le lecteur désireux de renseignements plus complets*. Il nous suffira de dire que les animaux (plus particulièrement les chevaux) destinés à fournir le sérum curatif, sont préparés en les inoculant avec une culture de bacille diphtérique filtrée et additionnée d'une solution d'iode dans Tiodure de potassium. Lorsque, grâce à des injections successives de la toxine ainsi modifiée, on est arrivé à conférer au cheval Timmunisation maximum, on peut tirer de sa jugulaire chaque 10 à 15 jours, plusieurs litres de sang et obtenir, avec les précautions d'antisepsie voulues, un sérum qui se conserve bien, surtout à l'abri de. la lumière, et qui injecté sous la peau des animaux ou de l'homme, à la dose de 20^% répétée durant plusieurs jours s'il le faut, non seulement confère l'immunité contre la diphtérie, mais encore arrête la maladie lorsque celle-ci a déjà commencé d'évoluer.

niser les cobayes contre là diphtérie en leur injectant sous la peau les produits de cultures du bacille de Loeffer chauffées à 65».

1. Contribution à Vétude de la diphtérie, par MM. Roux et Martin. ^»i»i. de l'institut Pasteur, t. VIII, p. 609. — Trois cents cas de difjfilérin traités par le sérum antidiphtérique, par MM. Roux, Martin et Chaillon, ibid., p. 640. — Sur le sérum antitoxique, ibid., p. 722. Voir aussi Particle très documenté de M. Lépinc, Semaine médicale, 31 décembre 1894, p. 573.

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typhoïde et le typhus. On doit remarquer que pour la pneumonie et la fièvre typhoïde les résultats de laboratoire obtenus avec les animaux avaient cependant été satisfaisants ^

Nous ne citerons ici que pour mémoire les essais infructueux de sérothérapie tentés pour le traitement du cancer par le sérum d'ânes ou de mulets préalablement inoculés avec du suc cancéreux [Richet et Héricoiirtf^ ou qui avaient été immunisés au préalable contre le streptocoque de Térysipèle*.

Ajoutons enfin que, dans ces derniers temps, MM. Yersin, Galmette et Borrel sont parvenus à immuniser contre la peste d'Orient les lapins, cobayes et souris, par injections de sérum de sang d'animaux semblables ou de chevaux vaccinés avec des cultures de cocobacilles de celte maladie, cultures stérilisées ensuite par chauflage d'une heure à 58 degrés*. Ces résultats paraissent devoir être applicables à l'homme.

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