‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 9 sur 158 · ORIGINE DES PRINCIPALES PTOMAÏNES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES PRINCIPALES PTOMAÏNES

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•Si nous résumons ce tableau, nous voyons que les plomaïnes qui précèdent ont été trouvées dans les divers cas suivants :

Albumine putréfiée : Acide a-amidovalérianique ; acide scatolamidoacétique ; acide oxyamidopropionique ; leucine ; butalanine; choline.

Fibrine putréfiée : Corindine ; base innommée C**IP^Az-0^; méthylgadinine.

Gélatine putréfiée : a-Phényléthylamine ; dimélhylamine ; propylamine.

Chairs de mammifères putréfiées : Gadavérine ; choline ; diéthylamine ; bases innommées GUl"AzO*, G*IP\\z^O' et C^H"Az'0*; méthylyguanidine ; mydaleïne ; mydine ; mydatoxine ; méthylgadinine ; neuridine ; névrine ; putrescine; saprine; acide amidostéarique.

Chairs de poissons putréfiées : Bétaïne ; gadinine ; parvoline ; scombrine ; triéthylamiue ; triméthylamine ; élhylidènediamine; dihydrocoUidine; muscarine.

Chair de poulpes putréfiée :Co\\idine; corindine ou isomère.

Levures putréfiées : Élhylamine ; hexylamine ; isoamylamine.

Peptonisation des viandes, fermentation gastrique : Pepto toxine.

Fermentation pancréatique : Lysine ; collidine ; phénylélhy lamine.

Huile et foie de morue : Acide morhuique ; acide oxyamidobutyrique ; butylamine ; amylamine ; hexylamine ; aselline; dihydrolutidine; niorhuine ; nicomorlmiiie ; oxycollidine ; moruoxycoUidine ; homomoruoxycollidiue ; Iriméthylamine; méthy lamine.

54 ORIGINE DES PRINCIPALES PTOMAlNES.

Alcools de gravis et de pommes de terre , Vins : Bases innommées G ^H*«Az«, CWAz', C»*H'*Az*, C»H**Az*.

Fromages putréfiés : Tyrotoxine.

Chair du mytilns edulis vénéneux : Mytilotozine.

Cultures de bacterium alii : Dihydrocorindine.

Pus : Pyoxanlhine ; pyocyanine.

Cultures du tétanos : Base C*H"AzO'; tétanine; tétanotoxine.

Cultures du micrococcus tetragenus : Base C*H*Az*0*.

Déjections cholériques : Succololoxine ; susoloxine; Iriméthylènediamine.

Déjections tgphtgues : Typhotoxine.

Urines normales : Bases C'H**Az^» et G'H"Az*0*.

Urines de l'angine couenneuse : Propylglycocyanine ; diphtérine ; base innommée C^H^AzK)*.

Urines de la coqueluche : Base innommée C'H"AzO'.

— cgstinuriques : Cystine.

— de l'érysypèle : Érysipeline.

— de l'épilepsie : Base innommée C"H**Az*0\

— de l'eczéma : Eczémine.

— de la fièvre puerpérale : Puerpéraline.

— de rinfiuenza : Base innommée C'H'AzO^

— de la morve : Base innommée U^H'^Az'O*.

— de la pneumonie : Base innommée C*^H"AzH)*.

— de la rougeole : Glycocyamidine ou rubéoline.

— de la scarlatine : Base innommée C'H"AzO' ; scarlatinine.

— du tétanos : Spasmotoxine.

CHAPITEE THOISIÈME

Extractions des ptomaïnes. Leur séparation des composés albuminoïdes et des divers produits actifs.

Extraction des Ptomaïnes.

L'extraction, et la recherche même, des ptomaïnes est particulièrement délicate, parce que ces substances, toujours formées en petite proportion, sont généralement perdues dans une grande masse de produits complexes, altérables sous l'action des réactifs acides ou alcalins. Leur séparation est aussi rendue difficile parce que presque toujours plusieurs de ces bases se forment simultanément et restent mélangées; ou parce que certaines sont délicates à manier, facilement oxydables, elc... En raison des difficultés que Ton peut rencontrer dans leur extraction, je donnerai les méthodes suivies par Selmi, par Brieger et par moi-môme, avec les transformations que l'expérience ni'a amené à leur faire subir. Pour leur séparation, j'exposerai, à la fin de ce chapitre, une marche générale qui permet de les classer en groupes distincts.

56 EXTRACTION DES PTOMALNES.

Méthode de Stas^autier. — Elle fut créée par le célèbre chimiste belge Stas dans le but de retrouver les alcaloïdes vénéneux dans le cas spécial d'expertises médicolégales. Cette méthode a été diversement perfectionnée pour la recherche des ptomaïnes; j'y ai moi-môme successivement apporté des modifications importantes et nombreuses que je recommande lorsqu'il s'agit d'extraire ces bases. Je la pratique aujourd'hui de la façon suivante : si la matière à traiter est solide ou demi-solide (viande, glandes, etc.), on la hache, ou bien on la pulvérise après l'avoir arrosée d'eau contenant un demi pour cent d'acide tartrique. On s'assure que la liciueur reste acidulée, et on ajoute s'il le faut au mélange une solution du même acide. Après une digestion de vingt-quatre heures, on filtre et soumet à la presse pour extraire les dernières liqueurs. — Si la matière était liquide ou presque liquide, mais non huileuse (urines, sécrétions diverses, bile, pus, etc.), on la sursaturerait très légèrement avec un pou d'acide tartrique étendu. — Si la matière est huileuse, et non miscible à l'eau, on l'agile vivement, dans une bouteille pleine d'acide carbonique, avec une solution aqueuse à l/^i pour cent d'acide oxalique. Dans les trois cas les liqueurs légèrement acidulées ainsi obtenues sont portées un instant à 100® pour coaguler les albumines ou caséines et détruire la majeure partie des ferments et des microbes, puis filtrées après refroidissement. Les liqueurs sont alors réduites dans le vide à ^10° (fig. 1), jusqu'à consistance sirupeuse {Extrait A). Le distillatum contient généralement, entraînés par la vapeur d'eau, des phénols, de l'indol, du scatol, des acides gras volatils, de l'ammoniaque, de la méthylamine, de la triméthylamine, et une trace seulement de ptomaïnes,

LES PTOMAlNES. S?

même lorsque la ligueur qu'on distille est légèrement acide. On retrouve ces bases à l'clat libre dans la partie distillée; en l'additionnant d'un léger excès d'acide sulfurique el évaporant dans le vide elles passent à l'état de sulfate ; le traitement par de la chaux éteinte les met en liberté et chasse en même temps la majeure partie de l'ammoniaque qu'elles peuvent contenir. On reprend le magma de

Pi«. 1. — Appareil du A. Gautier i disliJIer, dans le viilo. les liquides iiiuus- Mux , CD paHiculier les soliiliona albumineiisfs. — Le balton B iiii l'on fait le vida est plac^ dans un bain-marje profond, muni il'im tbermomèlrc t. Lu liqueur i, distiller esl dans la bouteîlta de gauche f . Grâce à la pince p on la Tait couler goiiUe i gouue dans h brise-mousse b; ello n'arrive que presque siche dans le ballon B. — G et 1) sont des flacons condenseurs.

sulfate de chaux et de bases par de l'élher, puis par de l'alcool, et l'on enlève à celui-ci, par une trace d'acide sulfurique étendu, la faible quantité de chaux qui aurait pu se dissoudre. Les bases restent en solution'.

1. Ou peut saturer cette liqueur alcoolo-êthérée avc<-. un peu d'acide oxalique, évaporer, et réunir le résidu à l'entrait acide A priocipal doal un va parler.

restent en dissolution*. Par distillation de la liqueur, on peut séparer 1^6 bases, fixes des bases un peu volatiles, entraînées par la vapeur d^eau et recueillir ces dernières dans de Teau acidulée. On peut aussi, comme on le verra plus loin, précipiter toutes les bases à l'état de phosphomolybdate et les séparer comme il sera dit tout à l'heure.

Ainsi conduite, cette méthode donne d'assez bons résultats, surtout pour la recherche des plomaïnes non oxygénées. Quelques-unes de celles qui sont fixes et riches en oxygène peuvent rester dans le résidu acide C ([). 37) de l'évaporalion lorsqu'on traite ce résidu par l'alcool bouillant ; elles peuvent ne pas être bien dissoutes lorsqu'on épuise le mélange d'extrait alcoolique et de bicarbonate alcalin par remploi successif de l'éther, du chloroforme et de l'alcool amylique. Mais en appliquant bien cette marche, elle donne, dans les cas les plus complexes, des résultats très satisfaisants.

C'est cette méthode de Slas perfectionnée que j'ai surtout employée pour la recherche des alcaloïdes et des acides amidés dans les bouillons de culture ou les organes des animaux.

On verra plus loin quelles sont les précautions importantes à prendre pour s'assurer de la pureté des dissolvants.

Méthode de Dragendorff. — Cette méthode , plutôt destinée aux expertises médico-légales qu'à la recherche des ptomaïnes proprement dites, consiste à diviser mécaniquejnent la substance, lorsqu'il y a lieu; à l'additionner d'une solution d'acide sulfurique étendue, jusqu'à franche acidula-

1. Cette partie ne contient pas de bases facilement volatiles. L'ébullitien de la liqueur acide chasse Talcool amylique qui avait été dissous par Peau.

60 EXTRACTION DKS PTOMAÏNES.

lion; à faire digérer quelques heures à 50% à exprimer et laver à leau distillée. Les liqueurs sont ensuite évaporées à consislance légèrement sirupeuse, puis mises à digérer durant vingt-quatre heures avec trois à quatre fois leur volume d'alcool à US degrés centésimaux. On sépare les substances qui se sont déposées, on évapore l'alcool dans une cornue, et le résidu aqueux est agité avec le benzène. Celui-ci s'empare des impuretés solubles dans ce dissolvant en présence des acides. Le résidu ainsi lavé est additionné d'ammoniaque et de nouveau épuisé par le benzène qui cette fois s'empare des bases volatiles mises en liberté. On peut alors aciduler la liqueur, après en avoir chassé le benzène restant, et la traiter successivement par le chloroforme; puis par ce même dissolvant, mais après addition d'ammoniaque ou de carbonate de soude; enfin refaire de nouveau ces deux opérations en liqueur réacidifiée puis réalcalinisée, en se servant cette fois d'alcool amylique. Finalement, on retire de ces liqueurs les bases, ainsi successivement dissoutes par chacun des dissolvants employés, en agissant comme il a été dit plus haut.

Cette méthode compliquée ne s'applique pas bien à la recherche des ptomaïnes fixes. Elle risque, en raison de la digestion des liquides et des extraits avec de l'acide sulfurique même étendu, mais en grand excès, de dédoubler certaines substances organiques, telles que les lécithines, les diastases, les peplones, etc., faisant ainsi naître, grâce à l'action de l'acide minéral sur ces corps très altérables, des alcaloïdes qui ne préexistaient pas dans les liqueurs. Elle ne permet pas d'isoler les ptomaïnes à l'état de pureté. Elle altère quelques alcaloïdes très sensibles à l'action des acides minéraux même étendus.

Méthode de G. Poucbet — Elle consiste à précipiler les alcaloïdes par un excès de tannin dans la liqueur suffisamment concentrée privée, après neutralisation, des matières coagulables à Tébullition ; puis, après que les tannâtes ont été recueillis et lavés, à les traiter par l'hydrate de plomb en excès en présence d'alcool. Ce dissolvant étant chassé par distillation, il reste une masse sirupeuse qu'on reprend par l'eau et qu'on soumet à la dialyse; les bases passent à travers le dialyseur. On évapore dans le vide la partie qui a dialyse, et on en extrait successivement les ptomaïnes par l'éther, le pétrole, le chloroforme, etc.

Cette méthode est insuffisante. Le tannin est loin de pro- <;ipiter tous les alcaloïdes, surtout s'il n'est pas en grand excès et si les liqueurs sont étendues, ce qui est toujours le cas. Enfin, beaucoup d'alcaloïdes fixes ne se dissolvent pas dans l'éther, le pétrole ou le chloroforme.

Méthode de Brieger. — Les matières organiques, lorsqu'elles sont solides, sont hachées puis épuisées par de l'eau faiblement acidulée d'acide acétique*, neutralisées presque par l'ammoniaque et portées à l'ébullition. Il se fait un coagulum qu'on sépare; on filtre et précipite la liqueur par le sous-acétate de plomb. On filtre encore et l'on enlève le plomb par de l'hydrogène sulfuré. La solution débarrassée du sulfure de plomb par filtration à chaud est évaporée dans le vide jusqu'à l'état de sirop, et l'extrait est repris par l'alcool*. Le résidu de l'évaporation de ce dissolvant est traité par l'eau. On filtre, évapore, acidulé

1. Précaution non indiquée par Brieger, mais nécessaire pour coaguler les albuminoïdes dans des liqueurs souvent un peu alcalines.

2. Brieger employa d^abord Talcool amyUque, puis Talcool ordinaire.

LES ptomaYnes. 63

Cette méthode a été beaucoup simplifiée par son auteur lui-même. Les matières primitives , épuisées par l'eau légèrement chlorhydrique (ou acidulées avec cet acide si elles sont liquides) sont évaporées au bain-marie, filtrées et concentrées à l'état de sirop. Le résidu est repris par Talcool à 90^ centésimaux bouillant, et la liqueur, refroidie après fillration, est traitée par une solution alcoolique de sublimé corrosif en excès. Le précipité formé est recueilli au bout de vingt-quatre heures, lavé, et privé de mercure par l'acide sulfhydrique . La liqueur filtrée contient les chlorhydrates des ptomaïnes.

On doit faire plusieurs objections à ces deux méthodes. Dans la première, lorsque Brieger emploie le sous-acétate de plomb, il précipite par ce réactif, une petite proportion de bases qu'il est presque impossible de retrouver dans le volumineux magma plombique qui se sépare. Mais l'objection la plus grave, c'est que le chlorure de mercure, môme en solution alcoolique, est bien loin de précipiter toutes les ptomaïnes. On ne recueille ainsi qu'un groupe spécial de bases que j'indiquerai plus loin (p. 67). Enfin, lorsqu'on reprend les chlorhydrates par l'alcool absolu ou très concentré, certains de ces sels restent insolubles, même à chaud.

Méthode de Fauteur pour la séparation des bases entre elles. — La méthode de Stas, plus ou moins modifiée^ décrite avec les modifications que l'expérience m'y a fait introduire (p. 55) s'applique bien à la recherche des ptomaïnes. Mais dans les cas où l'on veut extraire, non seulement les alcaloïdes volatils et non oxygénés, pour lesquels cette méthode a été d'abord créée, mais aussi les bases oxygénées et fixes, telles que les leucomaïnes qu'on ren-

LES ptomaTngs. 65

excès*. Il se fait un précipité dense de phosphomolybdates basiques que Ton sépare et lave à l'acide nitrique étendu» puis à l'eau, enfin qu'on épuise rapidement à la trompe*.

Tous les alcaloïdes sont ainsi précipités, y comprises les bases créatiniques, xanthiques, et l'ammoniaque elle-même si on ne l'avait pas tout entière chassée au début.

Le précipité molybdique est alors mis à bouillir quelques instants, non pas avec de la chaux ou de la baryte, comme on l'a fait jusqu'ici (certaines bases sont décomposées ou perdues dans ces conditions) mais avec un excès d'acétate neutre de plomb. Les phosphomolybdates sont ainsi décomposés ; il se fait du phosphate et du molybdate de plomb, tandis que les bases, s'il en existe, passent à Tétai d'acétates'. Après avoir enlevé à la liqueur Texcès de plomb et des traces de molybdène par l'hydrogène sulfuré employé à chaud, on procède comme on va le dire à la séparation de ces bases ou groupes de bases.

Séparation des divers groupes de bases et de chaque base en particulier. — Les travaux publiés jusqu'en 1892 ne résolvaient pas le dillicile problème de retirer d'un produit organique l'ensemble des alcaloïdes naturels, ptomaïues, leucomaïnes, etc., que ces produits pouvaient contenir; encore

1. Cette liqueur se prépare avec : Phosphomolybdale sodique i608>*; acide nitrique iSOs**; Eau^ quautUé sufOsaDte pour faire un litre.

2. U se fait aouvent, au bout de deux ou trois iieures, un nouveau dépôt de phosphomolybdates, qu'on peut réunir aux précédents. Mais il vaut mieu x séparer d*abord le précipité principal.

3. Le précipité jaune des phosphomolybdates devient gris, café au lait ou bleuâtre après ébuUition avec l'acélate de plomb. Il peut contenir une iraee de bases; ce sont celles que Tacétate de cuivre précipite à chaud ou à froid. On peut les enlever en traitant le mélange de phosphate et moljbdate plombiques, par l'acide sulfurique étendu, enlevant à la liqueur acide un peu de ploùib par H^S et la saturant enfin par la baryte. Les bases qui avaient été entraînées par le plomb restent alors dissoutes.

LES PTOM.VÏNES. 67

Les bases ainsi précipitées par le sel de cuivre à froid, et mises ensuite en liberté par Thydrogène sulfuré, ont à la fois les caractères acide et basique. Elles donnent des chloroplatinates solubles et cristallisables. Leurs propriétés rappellent celles des acides carbopyridiques et carboquinoléïques.

2* Des bases précipitables par l'acétate de cuivre lorsqu'on porte un instant la liqueur à l'ébullition. Ce sont les bases xanthiques.

3® Des bases que l'acétate de cuivre ne précipite ni à froid ni à chaud. Les liqueurs d'où ont été séparées les bases précipitables par Tacétate cuprique sont privées de l'excès de cuivre par Thydrogène sulfuré, puis évaporées à sec. En reprenant le résidu par lalcool, il peut rester de la guanine, de la créatinine et même de la créatine insolubles, tandis que se dissolvent les bases telles que la névrine, la choline, les polymélhylènediamines, les butylènesdiamines et bases analogues, la neuridine, les éthylènimines, les bases hydropyridiques, des alcaloïdes qui donnent abondamment du pyrrol lorsqu'on les distille avec de • la chaux, enfin des peptones. On peut séparer ces dernières par addition de sous-acétate de plomb ammoniacal.

C'est ce troisième groupe des Ba^es B que, par sa méthode, Brieger a surtout obtenues (voir p. 63), parce que ce sont celles qu'on précipite par le chlorure de mercure alcoolique.

Presque toutes ces bases sont vénéneuses.

Bases C. — La liqueur alcoolique d'où les Bases B ont été précipitées par le sublimé (Voir p. 66) est libérée d'alcool par distillation, privée de mercure par l'hydrogène sulfuré, bouillie, filtrée, traitée par l'acétate de plomb. La liqueur filtrée, débarrassée de plomb par l'hydrogène sulfuré, con-

LES PTOMAÏNKS. ()9

pour la recherche des plomaïnes; la seconde , pour la séparation des leucomaïnes*.

Pureté des dissolvants. — Lorsque dans la méthode de Stas modifiée y on a recours aux divers dissolvants, alcool, éther, chloroforme, alcool amylique, benzine, etc., il faut se préoccuper de la pureté de ces menstrues surtout au point de vue des alcaloïdes qu*ils peuvent contenir quand ils sont impurs ou industriels, et d'autant plus qu'on les emploie en plus grandes quantités. Pour Talcool ordinaire, nous avons dit que celui de grains ou de betteraves peut contenir à l'état naturel diverses bases en petite proportion. L'alcool qu'on emploie doit avoir été préalablement agité avec de l'eau acidulée d'acide sulfurique ou tartrique et redistillé en présence de ces acides étendus. — L'alcool méthylique du commerce peut contenir un peu de pyridine {CEchsner de Coninck). — L'élher doit avoir été lavé à Teau acidulée d'acide chlorhydrique et redistillé. Il en est de même de l'alcool amylique qui, presque toujours, contient des bases diverses, en particulier de la série pyridique, ainsi que les deux bases de Schrœter C'H**Az* et C*®H**Az', citées plus haut. Il faut agiter aussi au préalable et à plu-

1. On a indiqué beaucoup d'autres méthodes pour extraire les ptomaï> nés. La plus simple, et que je cite à ce titre, est celle de M. Gh. Bouchard, reprise par Grifûths. Elle consiste à alcaliniser les solutions avec du bicarbonate de soude et à les agiter ensuite avec leur demi-volume d'éther pur. Après dépôt et filtration, Péther est k son tour épuisé par une solution diacide tartrique qui s^empare des ptomaïnes. La solution tartrique étant concentrée, on Palcalinise avec du carbon^^ de soude et on Tagite à plusieurs reprises avec de Téther. L'évaporation de la liqueur laisse les ptomaïnes à Tétat libre. On voit que par ce procédé on sépare seulement les ptomaïnes que Téther est apte à enlever à Teau et qui sont solubles dans ce dissolvant. I/éther dissout surtout les ptomaïnea volatiles ou peu oxygénées.

La liqueur mise à bouillir avec un excès d'eau pour en chasser l'ammoniaque est privée de plomb par H'S et le filtratum est enfin traité par Tune des méthodes ci-dessus indiquées pour l'extraction des ptomaïnes.

Recherche des autres parties actives d*un produit naturel ou d'une culture. — Dans les recherches faites pour étudier le mécanisme des effets toxiques d'un fruit vénéneux, d'un extrait, d'un venin, d'une excrétion, d'une liqueur, ou même simplement dans les expertises toxicologiques, on peut être amené à se préoccuper de Texislence de substances appartenant à la famille des glucosides. On sait que des poisons très actifs, Touabaïne, la strophantine, la rosaginine par exemple, appartiennent à cette famille; que d'autres, tels que la digitaline, la tanghinine retirée du poison des flèches malgaches, doivent en être aussi rapprochées.

Dans ces cas, pour l'étude complète d'un produit vénéneux, on peut suivre la méthode suivante :

Après avoir pulvérisé la matière, s'il y a lieu, on l'épuisé par de l'eau acidulée à 0^,25 d'acide oxalique pour cent. On filtre et l'on évapore la liqueur dans le vide. Le résidu est repris à chaud par de lalcool à 80° centésimaux ; on évapore ce dissolvant et Ton redissout le résidu dans de l'eau tiède. La liqueur est presque neutralisée par du carbonate de soude et précipitée par l'acétate de plomb sans excès; on filtre encore et l'on précipite le filtratum par du sous-acétate de plomb. Le précipité plombique (A) qui se forme, contient les glucosides •; la liqueur claire (B) contient les alcaloïdes.

1. Quelques très rares ylucosides ne précipitent pas par le sous-acélale de plomb. On peut retrouver ceux-ci enchâssant le plomb de la solution

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