ACTION PHYSIOLOGIQUE DES PTOMAÏNES
3° Élévation de la température ;
4** Respiration ralentie ;
3° Perte de la contractilité musculaire ;
ô** Somnolence, à laquelle succèdent les convulsions et la mort.
Dans ces expériences, la perte de la contractilité musculaire, môme lorsqu'on se sert des excitants électriques, est 1res remarquable. Elle rapproche ces ptomaïnes des alcaloïdes vénéneux des champignons et spécialement de la muscarine, analogie que j'avais indiquée avant les expériences de Selmi, de Corona et de Brieger*. Au contraire, les observations de Corona éloignent les ptomaïnes proprement dites des autres alcaloïdes végétaux, ainsi que du curare qui laisse au muscle sa contractilité propre sous Tinfluence de l'excitation électrique; elles les éloignent enfin dusulfocyanure de potassium, qui fait disparaître, il est vrai, la propriété du muscle de se contracter par Télectricité, mais qui le laisse en tétanos et non en flaccidité.
Le ralentissement des battements cardiaques, souvent avec arythmie, esl encore très important à noter. Nous verrons, en eflfet, que presque tous les microbes pathogènes produisent des toxines présentant cette propriété qui appartient aussi aux venins. A d'autres égards, l'action de ces derniers est diflérente de celle des principales ptomaïnes cadavériques : Comme elles, les venins paralysent les muscles, surtout ceux des membres postérieurs qu'ils immobilisent ; mais avec les venins, on remarque souvent
1. En 1ST8, au Congrès international d'hygiène de Paris, je disais : « Il se forme aussi, durant la putréfaction, des alcaloïdes ûxes qui ont des analogies avec la morphine et Tatropine, el mieux encore avec quelques composés alcalins retirés des champignons. * {Comptes rendus du Congrès d'hygOne, t II. p. '266.
de l'essoufflement avec période d'agitation vive, et après la mort, le cœur, au lieu d'être flasque et rempli de sang, reste en systole et exsangue.
Je donnerai plus loin les observations qui ont été faites sur l'action physiologique de chaque ptomaïne en particulier.
Ptomalnea connueB. — Avant de décrire les méthodes qui ont servi à les découvrir ou à les séparer, je donne ici, sous forme de tableau, la liste par ordre alphabétique, des bases d'origine putréfactive connues jusqu'à ce jour, avec l'indication de leur nocivité et de leurs origines.
Les six acides qui sont en tête de ce tableau présentent à la fois des propriétés acides et des propriétés basiques. En s'unissant aux acides minéraux, ils forment avec eux des sels définis.
L'action physiologique de chacune de ces ptomaïnes n'est indiquée que très sommairement par les mots : toxique, peu ou pas toxique, non toxique. Cette dernière mention indique seulement que la ptomaïne à laquelle elle se rapporte n'est pas toxique à faible dose, un centigramme, par exemple, pour un lapin de poids ordinaire.
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