Voir à ce sujet la thèse du D' A. Fiqubt, Paris
CHAPITEE NEUVIÈME
Toxines urinaires, sudorales et biliaires.
Toxines urinaires.
La sécrétion urinaire est la voie principale par laquelle l'économie se débarrasse de ses déchets. Us sont tous encombrants ou offensifs, et depuis longtemps on a observé que les urines et leurs extraits, injectés aux animaux, sont plus ou moins toxiques.
On a successivement accusé de cette toxicité la plupart des éléments de l'urine et nous ne referons pas ici l'historique reproduit un peu partout de la recherche des agents directs de l'intoxication urémique. Mais l'on sait aujourd'hui que l'action toxique des urines doit être attribuée à trois principaux groupes de corps : {à) les principes organiques cristallisables comprenant diverses plomaïnes et leucomaïnes ; (b) les principes extractifs non crislallisables et difficilement dialysables, de beaucoup les plus dangereux, mais les moins connus ; (c) enfin les principes salins, parmi lesquels les sels de potasse sont les plus actifs.
(a). Des matières organiques crislallisables ^ les plus nocives sont : les xanthine et paraxanthine (Salomon; Gautier);
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les oxalates, les sels ammoniacaux (Frerichs ; Jakscli., les petites quantités de ptomaïnes et de leucomaïnes ([uc l'on trouve dans toute urine môme normale* {G. Pouclirt; A, Gautier ; C. Bouchard). Parmi elles, G. Pouchet a distingué la carnine qui est peu active, et une base légèrement alcaline, en cristaux déliquescents, à sels cristallisables solubles dans l'alcool ordinaire, base qui paraît répondre à la formule CM^^\z*0^ peut-être àCU^*Az*0^ Son chloroplalinate forme des prismes jaunes, rhombiques, déliquescents. Elle est vénéneuse. Je ne cite ici que pour mémoire les bases queTudichum a nommées réducine C*4P*Az*0% pararéducine C*H'Az*0, aromine etc..., substances qui n'ont pas été bien étudiées et dont la réalité même n'est pas assez établie pour qu'on puisse en parler avec quelque utilité *. Mais de toutes ces matières organicjues, celles qui sont en plus grande abondance, les plus actives, celles qui produisent des troubles rappelant bien ceux que provocjue
1. Voir Adduco, Arch. liai, de biolog., 10 mai 1891 ; — Tudichum, Compt. rend,, t. GVI, p. 1803.
2. Vers 1882, M. Ch. Bouchard avait essayé de se rendre compte de Torigine des poisons des urines, et en particulier des petites quantités d'alcaloïdes qu'elles contiennent, même à Tétat normal, et qui augmentent au cours des maladies. Dans ce tmvail (De l'oHgine intestinale de certains alcaloïdes normaux et pathologiques. Société de biologie; 1882, p. 825), ce savant concluait que « ces alcaloïdes sont fabriqués dans le « tube digestif et sont vraisemblablement élaborés par des organismes « végétaux, agents de la putréfaction intestinale... Les alcaloïdes des V urines ne sont qu'une partie des alcaloïdes de l'intestin absorbés à € sa surface et éliminés par le rein. > Mais de 1881 à 1883, j'appelais Taltention sur Timportanco des phénomènes anaérobies qui se passent normalement dans nos tissus, phénomènes méconnus jusque-là d-où résulte la formation de produits de réduction et d'alcaloïdes plus ou moins vénéneux auxquels je donnai le nom de leucomaïnes. Ces publications, et les recherches que M. Bouchard poursuivit depuis cette époque sur les urines normales et pathologiques, l'ont amené à se rapprocher de mon opinion en ce qui touche à l'origine des poisons organiques de nos humeurs.
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jusqu'à ce qu^il ne passe plus ni sel marin, ni urée. La partie non dialysable de 42 litres d'urine ainsi traitée, fournit à Tévaporation dans le vide, environ 6^ d'extrait sec, soit 0^'143 au litre. C'est une masse vitreuse, dure, un peu colorée, hygrométrique, acide, d'un pouvoir réducteur très prononcé. Elle ne possède aucun caractère alcaloïdique, et ne contient pas de sels minéraux (ou qu'une trace). Celte substance analysée a donné les nombres : C = 60,75; H = 9,37; Az = 10,94; 0 = 12,54; P = 3,00; S = 3,40. Elle est donc très phosphorée et très sulfurée. Elle répondrait d'après son analyse à la composition C" H** Az" 0* PS, que nous ne donnons ici que pour aider à faire la comparaison de cette substance avec des produits semblables. L'extrait des urines tuberculeuses (avec fièvre), possède une composition qui se rapproche beaucoup de la précédente.
Injectés aux animaux ces deux extraits sont toxiques; le premier moins que le second. O^'',! tue un lapin de 2'''',200 en 45 minutes; on observe, du myosis au début, des troubles de la sensibilité ; plus tard toute motilité disparait ; il y a de la mydriase et la mort survient avec le cœur en diastole. Dans les poumons on trouve de nombreuses ecchymoses. Ces caractères rapprochent singulièrement l'action de cette substance de celles des venins de serpents.
Parmi les principes extractifs et incristallisables des urines, il faut placer aussi les ferments, pepsine et invertine, que l'on sait depuis longtemps exister dans les urines normales et que nous avons vu être toxiques et, même à I)etites doses, agir sur la température générale. Sur ce point, disons que M. Roger* a montré que les substances dialysa-