‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 103 sur 213 · LA VACCINATION · texte numérisé non relu

LA VACCINATION

cas des virus précédents, les toxines eL ierraenls qu'ils sé.crèlenl, absorbés par les lymphatiques, arrivent aux cellules et en modifient la nutrition et la vitalité. Les virus sans microbes définis, tels que ceux de la rage et de la syphilis, paraissent agir de même par leurs diastases toxiques, et se reproduire au fic'ni de l'économie vivante: La reproductibiiiié e&l la propriété caractéristique des virus. Cependant nous verrons qu'il convient de rapprocher de ces agents d'autres composés très actifs, qui doivent leur puissance à des diastases toxiques, à savoir les venins et les ioxalbumines végétales (abrine et ricine), matières auxquelles on ne donne pas le nom de virus, mais simplement celui de venins ou de toxiques, caç on adniet qu'ils ne se reproduisent pas dans l'économie de l'animal à qui on les injecte (Voir Note, p. Mais la comparaison des virus avec les venins et les toxines végétales n'en est pas moins fondée : de même qu'on peut vacciner par les virus à microbes atténués, ou par introduction de très petites doses de virus ordinaires extrêmement dilués, on peut aussi vacciner contre les venins, du moins contre le venin de vipère% en injectant sous la peau des animaux ce venin préalablement chauffé vers 80 ou 100°. Les sujets ainsi traités peuvent supporter ensuite des doses mortelles de venin normal. De même les injections de très faibles quantités d'abrine ou de ricine, faites avec de grandes précautions et par quantités succes.sivement croissantes, habituent l'organisme et finissent par le vacciner contre ces poisons. Ces phénomènes d'atténuation des virus et des venins,

1. Physai.ix el G. Bertrand, Compt. rend, Acad. sciences, 5 février 1894.

LKS TOXINES.

aussi bien que les vaccinations par ces virus et venins atténués, sont donc entièrement comparables*.

Les virus atténués agissent, en tant que vaccins, par leurs produits solubles qui, soit directement, en modifiant la nutrition de certaines cellules, soit indirectement, en provoquant les réactions des centres nerveux qui président à celte nutrition, transforment profondément les conditions de la vie et font naître l'état pathologique ou l'état vaccinal.

Pour reconnaître ce que sont ces agents vaccinants, s'ils se confondent ou non avec les toxines, s'ils sont organisés, s'ils sont spécifiques en chaque cas, etc., il est nécessaire de consulter attentivement les faits.

Ils démontrent d'abord que le sang, ou même le sérum, (quelquefois certaines sécrétions telles que le lait, les urines ou les sucs d'organes) des animaux rendus réfractaires à un virus sont douées de propriétés immunisantes contre ce même virus^

Cette observation fondamentale date de l'époque (1877) 011 Maurice Raynaud démontrait que le sang des génisses vaccinées par le cov^pox, inoculé à des génisses nouvelles leur conférait l'immunité vis-à-vis de cette maladie, en un mot les vaccinait*. Plus lard, en 1888, MM. Richet et

1. On doit les rapprocher aussi de ceux que l'oa a signalés pour les zymases ou ferments solubles les mieux connus, tels que celui de la diastase de l'orge germée, diastase qui traitée par la chaleur s'atténue, et ne peut plus conduire l'amidon jusqu'à l'extrême limite de ses transformations, c'est-à-dire jusqu'à son changement en sucre. Elle ne donne plus alors que des dextrines. Bourquelot, Annales de l'Inst. Pasleur, t. I, p. 337.

2. Voir sur les théories relatives à l'immunité acquise les idées professées vers 1889, dans Annales de Plnst. Pasteur, t. II, p. 494, lievue critique.

3. Compt. JReiul. Acad. sciences, t. LXXXIV, p. 453. M. Raynaud, après avoir exposé ses expériences, ajoute : « Il en résulte que ce sang peut

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Iléricourt observèrent que le sang des chiens ou des lapins ayant résisté à l'inoculation d'un streptococque spécial, vaccinait les mêmes animaux contre ce virus. Mais l'importance de ces faits ne fut bien comprise qu'en 1890, après les beaux travaux sur le virus tétanique de Behring et Kilasato'. Ces savants démontrèrent que le sang des lapins rendus réfractaires au tétanos est capable d'empêcher l'évolution de cette maladie chez les lapins neufs auxquels on l'inocule, quelquefois môme d'arrêter ses effets lorsque la maladie commence à évoluer. Ils reconnurent aussi que cette propriété vaccinante réside dans le plasma et le sérum de ce sang débarrassé de tout élément figuré par filtralion SUT biscuit de porcelaine.

La même démonstration fut faite par ces deux auteurs pour la diphtérie avec des preuves aussi convaincantes, quoique avec des succès douteux lorsqu'on s'adressait aux animaux ou aux malades déjà atteints.

Ces faits furent confirmés en 1881, en France, par MM. Vaillard et Roux; en Italie, par MM. Tizoni et Catani. Depuis la démonstration en a été surabondamment établie par M. Roux, surtout à propos de la diphtérie. Le sang et le sérum des animaux vaccinés contre le tétanos ou contre la diphtérie, protègent les animaux contre ces deux affections et peuvent en arrêter l'évolution alors même que la maladie a déjà comm.encé^

dans certaines conditions données être considéré comme un puissant véhiicule du virus vaccinal, ou tout ou moins d'un principe capable de transmettre l'immunité . »

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