‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 104 sur 213 · Deutsch. mcd. Woch. Décembre · texte numérisé non relu

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2. Voir Contribution à l'étude de la diphtérie, par E. Roux et L. Martin, Annales de l'Inst. Pasteur, t. VIII, p. 609. Voir aussi sur les propriétés bactéricides et immunisantes du sang des vaccinés, le mémoire de MM. Charrin et Roger, Compt. Rend. soc. biolog., 1892, p. &J0 et 924 .

Il est donc démoiilré que les humeurs d'un animal vacciné, môme lorsqu'elles ont été privées par filtralion sur biscuit de toute partie organisée sensible au microscope, contiennent des principes aptes à protéger directement ou indirectement les animaux neufs contre la maladie que provoquerait le virus correspondant.

Les matières protectrices vaccinales ne s'accumulent cependant pas dans le sang ou dans les humeurs. M. Bouchard a démontré, en 188/1, que la substance vaccinante s'élimine par les urines qui peuvnnl à leur lour, e.L durant plusieurs jours, servir à vacciner des animaux sains. La démonstration fut faite d'abord par lui pour le virus du bacille pyocyanique'. MM. Charrin et A. Rûffer ont observé que, dans ce cas, il faut ({uatorze jours environ pour que les matières vaccinantes s'éliminent par le rein; m?i\& après leur élimination, l'immunité reste acquise à l'animal qui est désormais protégé contre le virus correspondant.

Depuis I88/1 , on sait que le sang, le plasma, le sérum, la lymphe, les sérosités pleurales ou péricardiques des animaux non vaccinés, même lorsqu'elles sont exemples de tout élément liguré, ont la propriété de faire subir aux microbes pathogènes qu'on y inlroduil une dégénérescence, une allénuation, une dégradation fonctionnelle qui empêchent ces organismes de se reproduire ou les tuent définitivement ^ C'est ce que l'on a nommé Vétat bactéricide des humeurs. Chez les animaux que l'on a vaccinés, cet état bactéricide arrive à son maximum vers le quatrième

t. Compl. rend. Acad. sciences, /i juin 1888. Voir aussi du même auteur les Microbes pathogènes, p. 131 et 200.

2. Voir à ce sujet le résumé des travaux de Grohmann, Fodor, Nutlall, Filigge, Nissen, dans Gli. Bouchard, les Microbes paUiogènes, Paris, 1891, p. 53.

l/iMMUMSATloN.

ou cinquième jour; il se mainlienl durant deux semaines, puis diminue beaucoup'. Mais l'état bactéricide des humeurs n'est pas la cause de la résistance du vacciné au virus correspondant. Généralement les microbes spécifiques se développent bien, in vitro, dans le sérum ou les humeurs d'un animal vacciné. Si la culture du virus est tentée non plus dans le flacon de laboratoire, mais dans le corps môme des animaux naturellement réfractaires et non vaccinés, non seulement le microbe se développe bien dans leur sang ou leurs organes, mais encore il y conserve toute sa virulence, et même il y acquiert souvent une vijndence plus grande'^. Ces résultats ont élé observés par le \y Sanarelli et par M Metchnikofl' sur le Vibrio Metchnikovi, le coccobacilliis suinum du hog-cholera, le charbon^ etc.. M. Metchnikoff a montré que chez les animaux vaccinés, les virus non seulement ne s'atténuent pas, mais que bien plutôt ils se renforcent. Inoculant le charbon dans la chambre antérieure de l'œil ou sous la peau de lapins vaccinés et réfractaires, il a vu la bactéridie se conserver avec toute sa virulence, car portée ensuite directement dans le tissu cellulaire d'animaux semblables, elle les tue rapidement. L'organisme réfractaire finit bien par tuer le microbe, mais il ne semble pas exercer sur lui d'influence 'atténuatrice graduelle ^ M. Sanarelli a

1. Cet état bactéricide du sérum disparaît par le chauffage à 50" {Nultalt) par dialyse dans l'eau distillée (mais non dans Teau salée a 6 0/00), ou par dilution dans les mêmes milieux {Buchner). Il résiste à la neutralisation par l'acide acétique [Ann. Inslilul Pasteur, t. V, p. 506).

2. Vaillard, Inslilul Pasteur, t. VI, p. 393 et 677. — Sanarelu, Ihid., t. VII, p. 230 et 260. — Roux, Ibid., t. Y, p. S2o et 472.

3. Ann. Institut Pasteur, t. V, p. 526. Ce résultat ne s'observe pas pour tous les virus. Fodor a vu la bactéridie charbonneuse perdre peu à peu sa vitalité chez les animaux immunisés. Emmerich, Mattei ont reconnu que le rouget du porc disparaît après quelques heures chez les animaux vaccinés. Mosuj' a observé l'atténuation du pneumocoque dans h;s hu-

démontré de soncôlé que les vibrions cultivés dans le sérum des cobayes vaccinés non seulement ne s'atténuent pas, mais que leur virulence tend plutôt à s'exalter.

On ne saurait donc invoquer en chaque cas Véiat bactéricide des humeurs de l'animal réfractaire ou vacciné pour expliquer l'incapacité du microbe spécifique à reproduire chez eux la maladie. On ne saurait dire aussi que, chez le vacciné, le microbe ne sécrète plus ses toxines, car 'il continue quelque temps à vivre sans s'atténuer, et il produit bien son poison'. On ne saurait invoquer davantage un état antitoxique des humeurs du vacciné, car si l'on injecte à un animal neuf les produits, stérilisés par filtration, des cultures in vitro d'un microbe toxique, mélangés d'avance d'une quantité même surabondante de sérum d'un animal vacciné pour ce microbe, la mort n'en arrive pas moins dans le môme laps de temps que si l'on avait injecté à l'animal les produits de culture de ce microbe sans addition du sérum du vacciné ^

Ou ne saurait invoquer enfin l'accoutumance de l'organisme vacciné au poison microbien, son insensibilité en un mot à ce poison, car si l'on injecte tout à coup et à dose assez forte à un animal vacciné le produit stérilisé de la 'culture, faite in vitro, d'un virus toxique, l'animal vacciné n'en meurt pas moins. Les expériences de Gamaleia, Gharrin', Pfeifîer, Melchnikoff*, Sanarelli ont démontré à l'évidence

meurs des animaux réfraclaires {Arch. méd. cxp., 1893). CUarrin a fait les mêmes observations pour le bacille pyocyanique qui se détruit peu à peu chez les animaux ayant acquis l'état réfractaire.

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