Voir .4)1)1. InsliluL Pasteur, t. VIII, p
lAlÉCAMSAIE DK j/ IMMUiNISA TION.
sister; il esL intoxiqué par le poison microbien qui linit par forcer celle barrière -el se répand dès lors rapidement dans tous les organes oii il pullule. Chez le vacciné, la même toxine est aussi produite tout au début par le microbe virulent. Gomme chez le non vacciné, elle appelle le globule blanc, mais dans ce second cas celui-ci résiste; le venin microbien ne, l'intoxique plus, et si dans cette première phase de la lutte oii nous ne voyons agir l'un sur l'autre que le microbe et le phagocyte celui-ci ne succombe pas comme chez le non vacciné, il faut bien qu'il possède ou qu'il forme les matières anti toxiques qui lui permeltent d'aunuler les effets du poison qui tend à le détruire^ Il résiste grâce à ce mécanisme et peut arriver ainsi à englober et digérer rapidement ces microbes qui, avant toute vaccination, étaient mortels pour lui. Am&i sécrétée par le phagocyte (et par d'autres cellules, sans doute) cette antitoxine est versée dans les vaisseaux ; elle va imprégner les organes du vacciné et se répandre dans ses humeurs. C'est ainsi que son sang, et le sérum qui en provient, devient anti toxique. L'animal non vacciné auquel on injecte en même temps le microbe mortel et le fiérum de l'animal vacciné contre la même maladie, reçoit donc à la fois la toxine et l'antitoxine. Celle-ci paralyse les effets de celle-là; elle donne au phagocyte le temps de produire à son tour momentanément, la dose d'antitoxine nécessaire pour qu'il puisse entrer en lutte avantageuse avec le virus dont il détruit bientôt tous les éléments microbiens.
A côté de la phagocytose si brillamment mise en lumière par les travaux de MelchnikofF, il convient donc de placer,
1. Celle opinion esl prescfue la même; que celle de Hankin el de Kanlhack el Hardy qui admeltcnl que les cellules leucocytaires œosiiiopliiles d'Ehrlich, sécrètent le poison qui lue le microbe (Voir PhH. Transact., t. CI.XXXV, p. 279-31.S (IS'.Wl
pour bien cxpliciiier l'imiiuiiiilé cl la résislaiice des pliagocyLes du vacciné à l'aclion des poisons sécrétés par les microbes, le mécanisme imporlanl de la piodiiclion des antitoxines.
Il est, avons-nous dit, deux maladies au moins, le tétanos et la diphtérie, dont les microbes spécifiques ne pénètrent pas dans les tissus. Ils se bornoiil à verser à la surface de la plaie ou des muqueuses leurs zymases vénéneuses que la circulation transporte ensuite aux divers organes. Or l'on sait aujourd'hui que l'inoculation aux individus en puissauce de diphtérie, quelquefois même de tétanos, d'une petite quantité de sérum stérilisé provenant d'animaux préalablement immunisés contre ces maladies, suffit à contrebalancer, à anhihiler la redoutable loxicilé des poisons de ces deux sortes de microbes. Dans ces cas, il ne saurait être question de phagocytose, les microbes ne pénétrant pas, en eflél, dans les organes; ou si cette phagocytose a lieu, comme dans le cas de la diphtérie, c'est d'une façon iijdirecte par pénétration du phagocyte dans la fausse membrane superficielle qui contient le microbe spécifique.
Introduit dans l'économie, le virus agit donc à double litre : d'une part il appelle les phagocytes sur le lieu où il a été déposé ; de l'autre il excite les cellules normales à produire ces substances antiloxiqucs qui annihileront l'action des toxines microbiennes pourvu qu'elles soient sécrétées à temps en proportion suffisante, ce qui n'arrive que chez les vaccinés ou chez les organismes doués d'une immunité naturelle.
Remarquons maintenant que cette excitation des cellules par les sécrétions virulentes, dont la conséquence est la production de Tanfiloxine, peul n(> pas amener nécessaire-
MÉCAiNlSMIi Dli l'iMMLNISATION.
nient en chaque cas la formation d'un contrc-pokon spécifiquc l'époiiJanL au virus spécial qui provoque sa formaliori. Nous voyons en chimie généi'ale une même substance en précipiter ou en insolubiliser une foule d'autres. En thérapeutique, un même antidote, le café par exemple, peut défendre utilement l'économie contre une foule de poisons différents. De même le vaccin qui imprime aux cellules de l'écouornie l'aptitude à sécréter l'antitoxine, et ces antitoxines elles-mêmes, peuvent ne pas être nécessairement spécifiques. On conçoit même que l'excitation du phagocyte ou d'autres cellules de l'économie à sécréter des toxines, puisse être amenée par d'autres moyens que par l'irritation que provotjue un vaccin d'origine animale; par exemple, par un vaccin purement chimique qui exciterait également les réactions de la cellule vivante.
Ces deux conséquences importantes sont aujourd'hui démontrées et ceci nous amène à parier des vaccins considérés en eux-mêmes.
OHAPITEE OmQUiÈME
Les vaccins.
Nous sommes acluellement arrivés à celle conclusion que les malières vaccinanles inlroduiles dans l'économie d'une part excilent la phagocytose, de l'autre créent ou exagèrenl pour longlemps, l'aptitude des globules blancs, et d'aulres cellules peut-être, à produire des substances antitoxiques capables de balancer ou de détruire l'action nocive des toxines que tend à verser aux organes du vacciné toute nouvelle introduction de virus ^
Le vaccin est donc un agent apte à imprimer aux cellules de l'économie vivante une modification durable qui les fait réagir efficacement contre les intoxications corres-
1. On a déjà remarqué qu'il en est de même des toxines ou du moins de certaines toxines. Elles agissent comme des ferments et leur effet immédiat se borne à provoquer la formation dans l'organisme des véritables agents vénéneux directs. Les toxines ne paraissent donc être vénéneuses qu'indirectement. On peut provoquer chez un cheval le tétanos mortel après trois jours par deux gouttes d'une culture du bacille de Nicolaier ; mais injectât-on 300 cent, cubes de cette même culture, l'animal n'aurait aucun accident tétanique tmwcdiat. Le poison direct n'existe pas, en effet, dans cette culture ;il ne se forme qu'après incubation, fermenlalion spéciale dans les organes vivants; dès lors, quand le poison strychnisant, le vrai poison chimique et direct s'est formé, l'injection du sang de l'animal en état d'intoxication actuelle à un animal sain provoque directement et immédiatement chez celui-ci les accidents d'intoxication tétanique (Voir à ce sujet l'important mémoire de J. Courmont et Doyon, Soc. de biologie, 1893, p. 294.)
Les vaccins n'agissent pas autrement.
LVS VACCINS. 3S1
poudanles. Ce n'est pas un agent direct. Il excite les cellules et leur imprime la modification nutritive ou sécrétoire dont procède le pliagocytisme et la formation des antitoxines. Mais avant de dire ce que nous savons de ces modifications, examinons le vaccin en lui-môme.
On vient de dire qu'il agit directement en excitant les sécrétions cellulaires et en particulier celles des globules blancs. Cette excitation est-elle due à la partie toxique du vaccin, à ses diastases ou à toute autre cause ?
Les matières vaccinantes habituelles sont généralement des virus atténués ; à ce titre, par conséquent, leur composition est extrêmement complexe aussi bien que leurs eft'els.
EL d'abord le microbe vivant, atténué ou non, ne cons- •tilue pas l'agent vaccinant essentiel. Soit qu'on recoure à •la chaleur ou à la filtration*, soit qu'on additionne le vaccin d'essences diverses (ail, moutarde, eucalyptus, etc.) douées d'un pouvoir microbicide puissant, mais n'agissant ni sur les alcaloïdes, ni sur les albuminoïdes, ni sur les diastases, etc., on peut supprimer le microbe, enlever ou détruire ce qui "est vivant dans le vaccin, sans que celui-ci perde ses propriétés essentielles. On peut même, comme l'ont fait Behring et Kitasato, mélanger le virus filtré sur biscuit avec du trichlorure d'iode, ou, suivant la méthode que Roux et Vaillard ont appliquée au virus tétanique, le filtrer et l'additionner d'iodure de potassium iodé^; par ces divers moyens, on obtient des vaccins efficaces en partant de
1. Alténualion du virus 'le la rage par la chaleur. Annales Institut. Pasteur, t. X, p. 212.
2. Annales Institut Pasteur, t. VII, p. 72. L'action de l'iode (qui peut même être en excès dans l'iodure de potassium ioduré qu'on emploie), se produit instantanément dès que le mélange avec le virus est fait.
viius piiiuiLiveiiioiiL très Luxi([uus. On [)eul agir de môme avec le sang charbonneux, le virus de la pneumonie extrait des organes des animaux moris de cette maladie, le virus tétanique, elc, elc'.
Oh peut atténuer encore les virus (quelquefois au contraire les rendre plus virulents) grâce à son passage d'une espèce a l'autre : c'est ainsi que, d'après M. Gibier, le virus de la rage en passant par la poule peut devenir vaccinais Il en est de même lorsqu'on expose et dessèche à l'air ce même virusS
La partie toxique du virus est-elle celle qui, en s'atténuant, se transformerait en vaccin? Non certainement. Rappelons-nous, en effet, que la matière vaccinante s'élimine par les urines ; que sa quantité dans l'organisme atteint un maximum immédiatement après la vaccination, et qu'à ce moment elle est incapable de protéger l'animal. Au contraire, lorsque après 13 à 14 jours elle a complètement disparu, éliminée par les urines, et lorsque le sang ne contient plus aucune des substances toxiques introduites avec le vaccin, l'immunité est atteinte, elle est à son apogée, et, le plus souvent, elle persiste ensuite des années. Les toxines vaccinales ne sont donc pas les agents protecteurs du vaccin. Elles pourraient, il est vrai, être les agents actifs de la production de la substance qui fait naître l'immunité ; mais il ne paraît même pas en être ainsi. On peut atténuer un virus, lui enlever toute, ou presque toute action toxique sensible, sans qu'il cesse d'être