‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 118 sur 213 · Compt. rend. Acad. se, t. CXX, p · texte numérisé non relu

Compt. rend. Acad. se, t. CXX, p

•Malgré celte activité qui tient du merveilleux, le sérum antitétanique appliqué chez l'homme ou chez Tanimal au traitement du tétanos déclaré est impuissant à guérir les formes aiguës, parce que lorsque apparaissent les premiers symptômes du mal confirmé, l'antitoxine n'est plus apte à supprimer les modifications que la toxine a déjà fait subir aux centres nerveux qu'elle a impressionnés.

L'expérience démontre que, chez les animaux immunisés, les antitoxines existent dans le sang, mais non dans le caillot; dans les sérosités de l'œdème, dans l'humeur aqueuse, mais à un moindre degré ; dans l'urine et la salive, eu proportion moindre encore. On les trouve dans le lait des femelles en aussi forte quantité que dans le sang. Il ne semble pas que la puissance antitoxique soit concentrée dans tel ou tel organe ; elle existe un peu parlent, sauf peut-être dans les muscles.

Nous devons ajouter enfin que jusqu'ici la production efficace des antitoxines n'a été établie que pour le tétanos et la diphtérie. Isaeff ne les a pas trouvées dans la pneumonie ; Sanarelli, dans la dothinentérie ; Pfefîer, dans le choléra; Metchnikofî, dans le hog-cholem ; etc. On ne sait si ce sont là des différences de quantités ou de mécanismes.

Les antitoxines s'éliminent constamment par les urines, et par le lait chez les femelles en lactation. Si l'on saigne un cobaye ou un lapin en puissance d'immunité, de façon à lui enlever en peu de jours une dose de sang égale au sang total de l'animal, l'antitoxicilé du sang qui se reforme et du sérum correspondant, ne diminue pas sensiblement. Il faut donc que l'antitoxine se reproduise, et que l'excitation des cellules provoquée par une première introduction

LES ANTITOXINliS.

de virus se prolonge et continue à provoquer la sécrétion des substances immunisantes.

Nous avons dit (p. 378 et 384) à propos des vaccins, qu'ils n'agissent qu'indirectement en provoquant les défenses de l'organisme, et nous' avons montré qu'ils ne sont pas nécessairement spécifiques contre chaque virus. Il en est de même des antitoxines. Le sérum antirabique immunise les animaux contre la diphtérie et contre les venins de serpents; il n'agit pas sur la toxine tétanique. Le sérum antitétanique de cheval est très nettement actif contre les venins, mais n'a aucune action sur l'empoisonnement par la ricine ou l'abrine. Le sérum des lapins vaccinés contre l'érysipèle est antivenimeux. Les cultures stérilisées de pneumocoque ou du bacille pyocyanique empêchent l'infection charbonneuse', etc. Ces curieuses constatations, qui ouvrent un jour si nouveau sur la physiologie de la cellule, sont dues à M. Roux et à M. Galraette.

Le sérum antivenimeux d'âne qu'on a lentement immunisé grâce à l'injection de doses croissantes de venin de naja, est antivenimeux, préventif et thérapeutique non seulement vis-à-vis du venin de ce serpent, mais aussi contre ceux de la vipère céraste, du trigonocéphale, du crotale et des serpents venimeux d'Australie. Les cobayes immunisés contre le venin de vipère de France résistent parfaitement à l'inoculation de doses mortelles de venins de scorpion [A. Cabnetté).

Enfin on a publié la guérison d'un cas de tétanos violent, de cause opératoire, par injection d'extrait de glandes thyroïdiennes à doses répétées ^ On a même prétendu avoir

1. Annales Insl. Pasteur, t. VIII, p. 727; t. IX, p. 242 ; l. Vil, p. 812.

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