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3. Deutsche méd. Woch., 1890, p. 1113 et Semaine médicale, 1890, p. 452. La même année déjà Fi-ankel avait annoncé qu'il était parvenu à iramu-
SÉllOTHÉRAl'lE.
Des essais parallèles étaient poursuivis en France, à la même époque, par MM. Roux et Martin. En 1894, au Congrès international de Buda-Pestli, M. Roux annonçait définitivement, au milieu des applaudissements unanimes, les succès qu'il avait obtenus dans le traitement de 300 cas de diphtérie humaine traités sous son contrôle, depuis deux années, dans les hôpitaux de Paris par la méthode des injections do sérum antidiphtérique.
Nous ne donnerons pas ici les détails de ce beau travail, l^'étude de la sérothérapie n^entrant que très accessoirement dans le cadre de cet Ouvrage. Nous nous bornerons à renvoyer aux mémoires originaux le lecteur désireux de renseignements plus completsV II nous suffira de dire que les animaux (plus particulièrement les chevaux) destinés a fournir le sérum curatif, sont préparés en les inoculant avec une culture de bacille diphtérique filtrée et additionnée d'une solution d'iode dans Hodure de potassium. Lorsque, grâce à des injections successives de la toxine ainsi modifiée, on est arrivé à conférer au cheval Timmunisation maximum, on peut tirer de sa jugulaire chaque 10 à 15 jours, plusieurs litres de sang et obtenir, avec les précautions d'antisepsie voulues, un sérum qui se conserve bien, surtout à l'abri de la lumière, et qui injecté sous la peau des animaux ou de l'homme, à la dose de 20^'', répétée durant plusieurs jours s'il le faut, non seulement confère l'immunité contre la diphtérie, mais encore arrête la maladie lorsque celle-ci a déjà commencé d'évoluer.
niser les cobayes contre la diphtérie en leur injectant sous la peau les produits de cultures du bacille de LoetTer chautFées à 63°.
\. ConLribulion à Vélude de la diphtérie, par MM. Roux et Martin. Ann. de l'Institut Pasteur, t. VIII, p. 609. — Trois cmts cas de diphlérii: traités par le sérum antidiphtérique, par MM. Roux, MARTIN et Chaillon, ibid., p. 640. — Sur le sérum antitoxique, ibid., p. 722. Voir aussi l'article très documenté de M. Lépine, Semaine médicale, 31 décembre 1894,- p. S73.
Trois cents enfants atteints de diphtérie confirmée, traités par le sérum antidiplitérique de Roux, ont donné une mortalité de 26 % au lieu de 50 % qui est la mortalité ordinaire. Depuis, des statistiques faites sur plusieurs milliers de cas de croup ont confirmé ces résultats, en particulier en Allemagne. La moyenne de la mortalité s'est abaissée audessous de 20 7o.
Au point de vue de la sérothérapie, nous ne connaissons jusqu'ici, avec queU^ue certitude, que les eflets des sérums anlitoxiques des animaux immunisés contre la diphtérie, le tétanos, le streptocoque de l'érysipèleS les venins, l'abrine et la ricine. Mais cette méthode a été encore essayée, avec plus ou moins de succès, dans la pneumonie, par injections de sérum d'animaux immunisés contre le pneumocoque ^ On a tenté aussi de traiter la syphilis par le sérum d'anciens syphilitiques [Fournier et Gilbert, Burroughs) ; la tuberculose par le sérum de sang de chèvre, d'âne ou de mulet ayant subi l'action du virus tuberculeux [Richet et Héricourt ; Bedon et Chenot ; Boinet ; Marifjliano). M. Broca a dernièrement publié d'intéressants résultats sur le traitement des tuberculoses cutanées par le sérum de sang de chiens inoculés avec cette maladie. La sérothérapie a été aussi tentée dans la lèpre^ D'autre part, cette méthode est restée sans succès sensible dans la fièvre
1. Semaine médicale, févr. 1895, p. 89, et Journal des connaissances médicales, juin 1895, p. 193.
2. Klemperer, Deutsche med. Woch., 1893. — Pour la syphilis, voir Sem,aine médicale, 27 avril 1895, p. ISl, et pour la tuberculose, Ibid., lOjuillet 1895, p. 298.
3. Semaine médicale, 8 janvier 1896, p. 12. Communication du D' Carrasquilla à l'Académie nationale de médecine de Colombie, 2onov. 189b. — Le sérum antilépreux dont on ne donne pas encore la préparation, paraît avoir eu une efficacité réelle.
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typhoïde et le typhus. On doit remarquer que pour la pneumonie et la fièvre typhoïde les résultats de laboratoire obtenus avec les animaux avaient cependant été satisfaisants
Nous ne citerons ici que pour mémoire les essais infructueux de sérothérapie tentés pour le traitement du cancer par le sérum d'ânes ou de mulets préalablement inoculés avec du suc cancéreux {Richet et Héricourty, ou qui avaient été immunisés au préalable contre le streptocoque de l'érysipèle'.
Ajoutons enfin que, dans ces derniers temps, MM. Yersin, Galmette et Borrel sont parvenus à immuniser contre la peste d'Orient les lapins, cobayes et souris, par injections de sérum de sang d'animaux semblables ou de chevaux vaccinés avec des cultures de cocobacilles de cette maladie, cultures stérilisées ensuite par chauflage d'une heure à 58 degrés *. Ces résultats paraissent devoir être applicables à l'homme.