‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 141 sur 213 · TOXINES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

TOXINES MUSCULAIRES

Les désordres morbides que peuvent provoquer les poisons formés dans nos organes sont dus à deux causes prépondérantes : la non-éliminalion par les urines d'une quantité de matières toxiques proportionnelle à celle qui se produit grâce au jeu normal de la vie de tissus, et l'oxydation imparfaite des résidus de désassimilation.

Après avoir établi chez l'animal la réalité, jusque-là insoupçonnée, des phénomènes anaérobies, et démontré que c'est à eux qu'il faut faire remonter l'origine des toxines formées dans nos organes, dans mon Mémoire de 1881, à l'Académie de Médecine cité plus haut, je disais, 136 :

« La vie intime de cette partie des cellules animales groupées en tissus et vivant sans oxygène emprunté à l'air, est semblable 'par la façon dont elle fonctionne, à la vie des ferments bactériens. Nous devons donc, dans nos produits d'excrétions, observer les substances même qu'on retrouve dans la fermentation anaérobie des albuminoïdes. Nous retrouvons, en eflét, dans nos excrétions normales l'ensemble des produits de la putréfaction proprement dite... et comment ne pas s'attendre à trouver dans les urines et les excrétions de nos glandes ces alcaloïdes toxiques qui font le sujet de ce long mémoire? Je les ai caractérisés, en efiét, d'abord dans les urines, la salive, les venins,' diverses sécrétions glandulaires, et je viens de les étudier particulièrement dans le muscle. Ils existent dans le sang où ils paraissent s'accumuler dès que, pour des raisons diverses, la peau, les reins, le tube digestif, ne les élirninent plus. C'est alors qu'agissant sur les centres nerveux, ils donnent lieu à une série de phénomènes généraux d'ordre pathologique qui se déroulent et se succèdent nécessairement et dont l'ensemble contribue à former le tableau de chaque

maladie... Nous résistons à celle incessante auto-infeclion par deux mécanismes distincts; l'élimination du toxique cl sa destruction par l'oxygène. »

Cette théorie el ces preuves alors bien nouvelles de l'origine toxique des maladies, appuyée sur la démonstration (lue je faisais de la production incessante de matières nocives définies altribuables à la vie anaérobie des tissus, cette théorie qui ne s'était peu à peu précisée dans mon esprit qu'à la suite de recherches |)oursuivies à cette époque depuis 14 ans, cette doctrine de l'auto-infection et ces preuves ne pouvaient plus être contestées. Je parvenais à retirer des tissus les poisons, ou du moins un certain nombre des poisons que j'extrayais aussi des urines et des excrétions, et ces substances réinjectées aux animaux déterminaient les troubles morbides dont on cherchait l'origine. Il fallait donc bien reconnaître qu'à côté des maladies infectieuses de cause externe, il est des maladies autonomes, de vraies auto-intoxications de cause interne. Ces doctrines basées surtout sur mes expériences et depuis sur celles de Ch. Bouchard, sont passées dans le domaine de la médecine classique.

En ce qui touche aux muscles, on aurait pu soupçonner depuis longtemps la toxicité de leurs extraits dont la composition se rapproche singulièrement de celle des résidus urinaires. Ch. Bouchard fit faire un pas important à cette question en montrant que, comme pour les urines, l'extrait alcoolique et la partie de l'extrait du muscle insoluble dans l'alcool mais soluble dans l'eau, jouissent l'un et l'autre d'une toxicité réelle quoique différente'.

Connût-on toutes les substances qui le composent, il serait difficile de préciser exactement ce qui revient à

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