‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 142 sur 213 · Leçons sur les aulo-inioxicalions, Paris · texte numérisé non relu

Leçons sur les aulo-inioxicalions, Paris

TUXLNiSS iMUSCULAlllliS.

chacun de ses principes dans la toxicité de l'extrait musculaire. J'ai rapporté dans la Seconde Partie de cet Ouvrage les essais que j'ai faits pour me rendre compte de l'action qu'exercent sur l'économie quelques-unes des principales leucomaïnes. Leur toxicité est généralement assez faible ; il est probable que dans le tissu musculaire ce sont, comme pour les urines, les substances incristallisables azotées et indialysables, par conséquent les plus complexes et les moins connues, qui possèdent l'action nocive la plus forte. M. Roger^ a eu le mérite de montrer que les produits primitifs de désassimilation de la substance contractile, les produits diastasiques sont d'une grande toxicité. Il les extrait au moyen d'eau salée à 7 pour 1000, et les purifie en chassant par dialyse les parties minérales salines et lés autres substances extractivescristallisables. Le résidu correspondant à 135 ou 200^"" de muscle primitif injecté aux lapins provoque chez eux l'extrême fatigue, la somnolence, la diarrhée, la mydriase et la mort sans convulsions ou avec des convulsions très légères. En démontrant que tous ces phénomènes disparaissent lorsque au préalable on porte ces extraits musculaires à 100°, M. Roger a établi que ce n'est ni à des substances alcaloïdiques, ni à des poisons chimiques ordinaires, mais à des toxines-ferments qu'il faut surtout attribuer, en l'absence des sels de potasse, la toxicité de l'extrait du muscle normal.

Le même savant a retiré du muscle des substances qui, injectées dans le sang ou sous la peau, provoquent la fièvre ^ Ces substances thermogènes varient beaucoup suivant l'état de l'animal qui a fourni la chair musculaire et suivant la

1. Toxicité des extraits des tissus noi'maux, Soc. de biologie, 31 octobre 1891, p. 728.

2. Société de biologie, 17 juin 1893; février 1889, et ibid., 1893, p. 631.

LLS JUXINES.

façon dont ces extraits ont été préparés. Mais cju'ils aient été faits à froid ou à chaud, avec ou sans eau salée, ils provoquent toujours une hyperthermie notable : la température monte au bout de 30 à 60 minutes, atteint son maximum vers la 2° ou 3" heure, puis s'abaisse plus ou moins rapidement. Les extraits aqueux sont plus lliermogènes que les alcooliques; ceux qui sont faits à chaud plus actifs que ceux faits à froid. Les substances thermogènes s'accumulent dans le muscle après la mort.

Avec le D"" Landi, j'ai démontré que dans le muscle enlevé à l'animal vivant et mis à l'abri de toute putréfaction, le fonctionnement cellulaire protoplasmique continue à se produire, au moins à partir de la température de 1 b°, et que de ce fonctionnement anaérobie, comparable à une fermentation telle que celle dont les levures livrées à l'autophagie sont le siège, résulte une augmentation des matières extractives et des bases toxiques de la viande', surtout de celles qui appartiennent au groupe des leucoraaïnes créatiniques et névriniques. En même temps apparaît dans le muscle de la caséine qu'on n'y rencontre pas à l'état normal et un peu d'alcool. Les corps albuminoïdes diminuent, le glycogène disparaît, les graisses ne varient pas sensiblement.

Extraits des reins. — Le liquide extrait rapidement des glandes rénales par une forte compression après congélation préalable de l'organe frais, est légèrement alcalin, mais s'acidifie très rapidement. Il contient des substances extractives diverses : xanthine, hypoxanthine, créatine, tyrosiue,

1. Archives de physiolog. de Drown-SâquanI, janvier 1893 — Annales de chimie cl de physique, 6» série, t. XXVIII, janvier 1893.

TOXINES HÉiNALES, -t^ '

taurine, leiicine, inosite, cystine, etc. Cette dernière ne se rencontre guère que dans cet organe. On n'y trouve que peu ou pas d'urée ou d'urates, au moins chez les mammifères. Cette composition fait prévoir que cet extrait doit jouir d'une activité physiologique et toxique assez grande.

On trouve aussi dans le rein différents ferments auxquels on a donné le nom iVliislozymes. Ils s'obtiennent en broyant, avec de la glycérine, le rein frais et lavé par injection à travers ses vaisseaux, filtrant la solution et la précipitant par l'alcool. Le ferment impur ainsi préparé jouit entre autres propriétés de l'aptitude de dédoubler l'acide hippurique en acide benzoïque et glycocolle ; fait d'autant plus intéressant qu'il est démontré que le mélange de ces deux substances, que les aliments introduisent dans l'économie, reproduit inversement de l'acide hippurique dans le rein lui-même. On ne sait si ce ferment est identique à celui dont on va parler.

Une substance pyrétogène a été signalée dans le rein normal par Lépine\ Ce savant place dans chacun des uretères d'un chien normal, une canule qu'il met en communication avec un réservoir contenant du chlorure de sodium à 7 7oo> et assez élevé pour que, .non seulement l'urine ne s'écoule pas, mais que le liquide légèrement salé pénètre sous pression dans les reins et reflue lentement à travers leur tissu. Dans ces conditions le chien ne vomit pas, il n'a pas de diarrhée, mais sa température s'élève progressivement, sa respiration se ralentit, puis s'accélère beaucoup et devient bruyante, il a de petits soubresauts des pattes, il écume. Enfin la température centrale continuant à monter arrive

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