‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 149 sur 213 · Voir Semaine médicale, 3 avril 18913, p · texte numérisé non relu

Voir Semaine médicale, 3 avril 18913, p

LES TOXINKS.

lirpalioli du corps thyroïde principal, ils ineurenl au bout de 24 heures, frappes d'une paralysie généralisée. Les choses se passent de même si l'on pousse la dissolution de cette substance dans le sang à la dose de O^^S par kilogramme à 12 heures d'intervalle. De petites doses de thyroprotéïde injectées d'une manière répétée à des animaux sains et complets provoquent chez eux une intoxication chronique, analogue à la cachexie strumiprive. Son action est d'abord excitante, puis paralysante; sous son influence les contractions du cœur paraissent s'affaiblir et se ralentir, l'animal maigrit, etc.

De ces expériences Notkine conclut que le corps thyroïde a pour effet de séparer du sang cette malière toxique, la thyroprotéïde qu'il détruirait au sein de ses cellules grâce à un ferment spécial. Il pense que la maladie de Basedow est le résultat d'une intoxication par le ferment thyroïdien; d'après lui ces malades paraissent favorablement influencés par des injections de suc th^^oïdien ou de thyroprotéïde.

Quoi qu'il en soit de cette théorie, la thyroprotéïde de Notkine n'est certainement pas l'agent actif principal de la glande thyroïde, ni même, comme le veut cet auteur, le poison que cette glande serait chargée de recueillir et de détruire dans ses cellules propres. Il serait déjà fort difficile d'admettre que l'économie produise un poison de dénutrition de nature albumino'ide. , poison qui ne jouerait pas d'autre rôle que celui d'aller se détruire dans une glande. D'ailleurs ]e fait de n'agir qu'à hautes doses (un gramme par kilogramme d'animal) et la différence des effets produits par cette substance avec les symptômes caractéristiques du myxœdème, montrent que ce n'est point là la matière

suc ET PRINCIPES DE LX. GLANDE THYROÏDE.

spécifique qui, faute d'être détruite, serait la cause des troubles qu'on observe.

Thyréoanlitoxine . — Les études que nous allons rapporter ont mieux éclairé cette obscure cfuestion du rôle de, la glande thyroïde.

Des recherches de Scheeffer, de Londres, et de Roos, de Friburg, il résulte que l'action spécifique des extraits de glande thyroïde ne disparaît ni par la cuisson de la glande, ni par le chauffage de ses extraits, ni par le traitement de sa pulpe avec l'acide chlorhydrique étendu ou la lessive de soude à 10 7o- Sigmund Frsenkel* en a conclu que ce principe était de nature purement chimique, et très probablement non albuminoïde, les corps protéiques étant généralement altérés par la cuisson ou par l'action des précédents réactifs. Pour séparer la matière active, S. Frsenkel prépare des extraits aqueux faits à froid ou à chaud, de glandes thyroïdes de mouton. De ces extraits l'acide acétique précipite presque en totalité les matières albuminoïdes. Elles sont formées d'albumines, de nucléoalbumines, etc. .Ces matières ingérées par le chien ou par l'homme ne produisent pas les effets du suc thyroïdien, en particulier l'amaigrissement. Au contraire, la liqueur filtrée puis neutralisée provoque chez l'homme gras une perte de poids de 300 grammes par jour, en même temps que l'accélération du pouls. Cette liqueur contient donc le principe actif cherché. Par concentration elle donne un sirop qui se prend en une gelée par refroidissement. L'expérience démontre que cette matière gélatineuse reste inerte sur l'économie. On peut donc affirmer qu'aucune des substances albuminoïdes ne

1. Wiener medhin. Blalter , -a." /i8, QiOesel. d. Aerzle in IFten, 22 nov. 1893.

LKS TOXINES.

conslilue le principe actif du suc thyroïdien et par conséquent il est logique de séparer toutes ces matières à la fois de la macération aqueuse de l'organe faite à chaud. Dans ce but. on additionne cette liqueur d'acétate de plomb, on jette sur un filtre, et le produit filtré débarrassé de plomb par H^S est refiltré et concentré. Le sirop est repris par l'alcool : de cette solution alcoolique, on sépare par addition d'éther, et avec de bons rendements, une substance qui cristallise après purification et présente les propriétés suivantes : elle est formée de cristaux très hygroscopiques; elle se dissout dans l'eati et l'alcool, mais non dans l'éther ou l'acétone. Sa solution aqueuse est neutre ou faiblement alcaline. Elle ne précipite pas par les sels de plomb; avec les réactifs des alcaloïdes (lodure double de mercure et de potassium, acides phosphotungstique et phosphomolybdique, etc.), elle donne d'abondants précipités.

La base libre peut être isolée de son phosphomolybdate par le baryte. L'iodure de potassium ioduré, l'acide picrique, le tanin ne la précipitent pas; les chlorures d'or, de platine et de mercure ne donnent qu'un précipité long à se former et douteux. Mais cet alcaloïde dissous dans l'alcool absolu et traité par une solution alcoolique de sublimé forme un précipité blanc très abondant. Avec le réactif de Millon cette substance précipite mais ne se colore pas en rouge à chaud. Tandis que Teau de brome détermine dans sa dissolution aqueuse un précipité blanc, il ne se fait rien avec le nitrate d'argent ammoniacal ou le nitroprussiate de soude. Cette matière forme au contraire avec le nitrate d'argent un précipité soluble dans l'ammoniaque. La réaction de Weidel (Eau de chlore et trace d'acide nitrique) ne la colore pas. Elle ne répond pas davantage à la coloration des

suc Kï PRINCIPES UI-: LA GLANDK THYROÏDE

bases xanlliiqiies (action de l'acide nitrique et saturation par addition de soude. Elle ne réduit pas l'oxyde de cuivre, en solution ammoniacale. Par contre, chauffée avec l'acétate de cuivre elle précipite. Elle précipite aussi les sels d'oxydule de cuivre (mélange de sulfate cuprique et de bisufilte alcalin.

L'analyse élémentaire de l'acétate de cette base a donné : C = 3d,64 ; H = 0,36; Azz= 20,23 pour cent, ce qui conduirait à la formule empirique C^ff'Az'O^ et pour la base libre à G^FFx^z'O^ Jusqu'ici on n'a décrit dans la série grasse, des bases ayant 3 atomes d'azote que parmi les dérivés de la guanidine. Contre cette hypothèse militerait la remarque que cet alcaloïde ne précipite pas la solution ammoniacale d'argent; par contre, le fait de précipiter par le brome, par l'acétate de cuivre et par les sels d'oxydule de cuivre, font penser à un dérivé de la guanidine.

Provisoirement, Sigmund Frsenkel a donné à cette curieuse leucomaïne le nom de thyréoantitoxine .

En attendant le résultat des expériences cliniques qui se poursuivent, les observations physiologiques faites sur le chien, le chat et la grenouille ont conduit à des résultats tels qu'ils permettent à l'auteur d'affirmer que la thyréoantitoxine est bien le principe actif, ou le principal des principes actifs, de la glande thyroïde. En effet, chez les animaux à qui on l'injecte, on reproduit les phénomènes caractéristiques que Gley, et d'autres auteurs, ont observés à la suite des injections hypodermiques de suc thyroïdien. Absorbée par l'estomac la thyréoantitoxine de Freenkel fait maigrir rapidement les animaux. Chez un chien raorphinisé auquel on injecta dans la jugulaire quelques milligrammes de cette substance, le pouls s'accéléra aussitôt et de 56 pul-

salions à la minule inonlaàSÛ, puis à 120, el jusqu'à l/iO pulsations. Chez une grenouille empoi.sonnée à la muscarine et dont le cœars'arrêlail, il repartit aussitôt dès qu'on le loucha avec une faible quanlilc de solulion de tliyréoanliloxine. De jeunes chais auxquels on venait de faire Textirpalion de la glande thyroïde furent bientôt pris de contractions et de crampes caractéristiques; une solution au centième de tliyréoantiloxine poussée sous la peau, fit disparaître à l'instant ces phénomènes et reproduisit l'état normal des muscles et delà respiration. Les crampes reprirent au bout de quelques jours, mais disparurent par une nouvelle injection de la leucomaïne de Frœnkel. Mêmes observations ont été faites par Gley sur les animaux thyroïdeclomisés en se servant du suc thyroïdien loul entier; il paraît donc devoir sa principale puissance spécifique à la thyroïdantitoxine.

Thyroïodine. — En terminant, nous ajouterons encore que d'après les recherches toutes récentes de E. Baumann, la glande thyroïde contiendrait aussi une substance iodée, la thyroïodine , qui participerait aussi à son action. Elle s'obtient en faisant bouillir la glande avec de l'acide sulfurique au 10' et hltrant à chaud. Il se fait un dépôt brun qu'on redissout dans la soude caustique à 17„ et qu'on reprécipite par l'acide sulfurique étendu. Après lavage et dessiccation, il reste un corps amorphe représentant en poids 0,2 à 0,5 % corps thyroïde frais. La thyroïodine contiendrait de 2,9 à 9, 3% d'iode combiné. Ce corps est insoluble dans l'eau et peu soluble dans l'acool. La chaleur le décompose en émettant l'odeur de pyridine. D'après Roos elle exercerait sur l'homme et les animaux l'action spécilique du corps thyroïde tout entier'.

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