Compt. rend. Acad. sciences, t. CXXI, p
sucs TESTICULAIRE, OVARIEN, ETC.
contraire, le produit de l'évaporation du liquide alcoolique est très toxique; poussé dans les veines, il fait naître immédiatement une gêne respiratoire qiîi augmente jusqu'à la mort; les battements du cœur sont faibles, les animaux sont abattus, ils restent immobiles, quoique non paralysés; l'excitabilité électrique des nerfs moteurs et l'intelligence persistent jusqu'à la fin. A l'autopsie, on ne constate que de la congestion pulmonaire. Le cœur s'arrête en diastole.
Ces expériences intéressantes ne sont cependant pas concluantes, la chaleur ayant pu altérer et faire disparaître la toxicité des substances albuminoïdes, ou des ferments, contenus dans ces glandes.
D'après M. Rouques, l'extrait aqueux des capsules surrénales eslliyperlhermisant : 3 cent, cubes (1 partie d'organe et 2 tiers d'eau salée) élèvent la température des lapins de ]° environ. L'ascension du thermomètre est rapide; le maximum est atteint en trois quarts d'heure.
On sait depuis longtemps que la maladie d'Addison est en rapport avec les dégénérescences des capsules surrénales.
Glandes testiculaires et ovariennes. — Tout le monde connaît aujourd'hui les recherches de Brown-Séquard sur l'action du suc qu'on extrait du testicule par de l'eau légèrement salée (7 pour 1 000). Injecté aux animaux et à l'homme, ce suc produit, suivant le célèbre physiologiste confirmé sur ce point par les recherches postérieures d'un grand nombre de médecins', une série de phénomènes d'excitation générale : la nutrition et les échanges paraissent s'accélérer, les oxydations augmentent, les produits
i. Voir Brown-Séquard. Comptes rendus Acad. sciences, t. GV et Comptes rend. Soc. biolog., 1889, p. /jIS, 420, /i30.
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fixes de déchet diminuent, les forces s'accroissent, la circulation est régularisée. Je ne parle pas ici de l'action thérapeutique de ce suc qui peut laisser des doutes dans bien des cas, mais qui paraît réelle chez les neurasthéniques, les chlorotiques, les diabétiques, les scorbutiques, les grands opérés, les ataxiques Relativement aux applications médicatrices du suc testiculaire, il est encore besoin de nouvelles confirmations. On a vu (p. 28o) comment le professeur Poehl explique par l'intervention de la spermine, qu'il a si bien étudiée, l'action excitante de la glande génitale. Celle-ci ne se borne pas, en effet, à produire la sécrétion spermatique proprement dite, celle qui est destinée à la reproduction, elle déverse encore dans l'économie par l'intermédiaire du sang qui l'irrigue, les produits de son activité, en particulier ses ferments, et la spermine qui paraît être un de ses principes les plus actifs. C'est un véritable alcaloïde dont nous avons fait déjà l'étude dans cet Ouvrage (p. 283). On a vu qu'il est sécrété aussi bien par les ovaires que par le testicule, et qu'on le trouve aussi dans beaucoup d'autres glandes, mais surtout dans les globules blancs.
Que l'action des produits ainsi formés dans les ovaires ou les testicules se fasse sentir sur toute l'économie et qu'il en résulte une modification de la nutrition générale, on ne saurait en douter lorsqu'on considère les phénomènes qui suivent la castration : augmentation des graisses, arrêt de la croissance dans son ensemble, manque de développement du larnyx et du système pileux, diminution des forces et de l'excitabilité du système nerveux, etc., etc.
1. Voir à ce sujet Soc. de biol. pour 1892, p. 501, 50o, 308, et 1891, p. 402.