C'esL une légère variante de Topéralion décrite par Koch
2. La liqueur alcoolique où s'est formé ce précipité contient aussi une partie de la substance active qui reste en solution dans l'alcool. D'après l'action sur les animaux, on peut juger qu'une moitié de la substance active initiale passe dans celte liqueur alcoolique.
môme à 115% durant quelques minutes, sans que sa puissance toxique disparaisse.
Les substances que la chaleur de Peau bouillante longtemps prolongée sépare peu à peu de la tuberculine peuvent se dissoudre aisément dans le carbonate sodique faible : elles jouissent encore de l'activité spécifique de la toxine.
Les solutions de tuberculine glycérinées à 3 ou 10 % sont très stables. On peut les porter durant deux heures à 130° et même à 150° sans qu'elles perdent sensiblement de leur activité. Les solutions dans la glycérine à 30 ou 40 pour cent se conservent à peu près indéfiniment.
La tuberculine déjà séparée partiellement de ses sels est assez soluble dans l'alcool même à 80° centésimaux; à 60" cent, il en dissout beaucoup. On peut la précipiter en grande partie de ses solutions par addition de faibles quantités de sels minéraux et particulièrement de chlorure de sodium. Une goutte de solution de ce dernier sel suffit pour séparer la tuberculine et rendre opalescents plusieurs centaines de centimètres cubes de solution alcoolique '.
La tuberculine possède toutes les réactions générales des matières albuminoïdes : réaction du biuret; réactions de Millon, d'Adamkieiuicz, xantlioprotéique , etc.
L'acide phosphotungstique en présence d'un excès d'acide minéral, l'acétate ferriqueen solution neutralisée par la soude et à chaud, l'acide tannique, précipitent complètement la tuberculine. L'acétate de plomb ne détermine qu'un louche.
i. Il semble qu'il y a là un procédé très commode de purification de la tuberculine. Il suffirait de verser dans de ralcool à 80» centésimaux une solution aqueuse de tuberculine déjà purifiée pnr les procédés précédents et d'ajouter ensuite un peu de sel marin qui précipiterait uniquement la tuberculine dissoute. On pourrait alors la purifier de ses sels en la redissolvant dans l'eau et la soumettant à la dialyse.
TUBKRCULIME.
Une solution aqueuse d'acide picrique donne un précipité floconneux solubie à chaud. Les acides sulfurique et chlorhydrique, concentrés ou étendus, ne déterminent pas de précipité. L'acide acétique produit un louche solubie dans un excès. L'acide azotique fait naître un précipité qui augmente par le repos.
La tuberculine purifiée, ainsi qu'il a été dit plus haut, par précipitation au moyen d'alcool à 60° centésimaux, contient de 16 à 20 % cendres. Elles sont presque uniquement composées de phosphates de potasse et de magnésie à peu près exempts de chlorures. On y trouve 39,8 d'acide phosphorique pour 100 parties de ces cendres.
L'analyse élémentaire, en la calculant comme débarrassée de substances minérales, a donné pour la tuberculine les nombres suivants :
Oxygène et phosphore .
Cette composition rappelle, comme nous le disions ailleurs, celle de la mucine ou de la cliondrine, et mieux encore des nucléines. Quoique le phosphore semble manquer dans les analyses publiées, on doit remarquer que cet élément ne s'en trouve pas moins en abondance dans la tuberculine puisque nous avons dit que le produit de son incinération contient 20 cent, de cendres dont plus de la moitié est constituée par de l'acide phosphorique'. Il est très probable qu'une grande partie de cet acide trouvé dans les
1. Ce qui répondrait à 3,4 «/o de phosphore. Lubavine en a trouvé ■4,6 o/o dans la nucléine du lait.
LES TOXlNlt;S.
cendres ne préexistait pas dans la liiberculine, et ({u'il est dû à la combustion du phosphore organique qui fait partie de cette substance. Elle se rapprocherait donc, par sa composition, des nucléines ou plutôt des nucléo-albumines.
Chauffée à 100° la tuberculine conserve, comme on l'a dit, sa toxicité. Cette résistance à la chaleur Téloigne de plusieurs toxalbumines, mais les toxines albuminoïdes du vibrion septique, du charbon symptomatique et du bacille de la morve offrent une propriété semblable. Ce caractère rapproche ces diverses toxines des ptomaïnes ou des albumoses alcalines dont nous avons parlé ailleurs, principes intermédiaires entre les substances albuminoïdes proprement dites et les vrais alcaloïdes.
La précipitation de la tuberculine par l'acétate ferrique montre qu'elle n'appartient pas à la classe des peptones.
Injectée à l'homme sain, aux doses de 2 à S""^"" la tuberculine purifiée élève la température normale de 1° 5 à 2° 5, suivant la dose et le sujet. Cette élévation de température est quelquefois accompagnée de toux, d'un léger frisson, de céphalalgie, de sueurs, en un mot, d'un véritable accès de fièvre. Une injection de 4"'°'" peut même amener des troubles graves (140 pulsations, petitesse et irrégularité de pouls, etc.). Chez les animaux déjà tuberculisés ces faibles proportions déterminent une réaction beaucoup plus vive; elles permettent de diagnostiquer la tuberculisation latente ou commençante. C'est ainsi qu'en recourant à la tuberculine thérapeutique, on a observé, particulièrement sur les sujets atteints de tubercules, une réaction qui élève leur température de plusieurs degrés et provoque, outre divers graves accidents, un accès de fièvre qui peut durer plusieurs jours.
TUBERCULl.NE.
Des doses de O'^ io à 0"o de tiiberculine thérapeutique employées sur la vaclie restent sans effets apparents lorsqu'elle est saine, mais elles élèvent sa température à 40° et H\ si elle est tuberculeuse. Chez l'homme bien portant (ou atteint d'autres maladies que la tuberculose), la tuberculine de Kock ne commence à produire la courbature et une faible élévation de température qu'à la dose de O'^'Olj tandis que chez les phtisiques il suffit de O'^'OOl pour obtenir une réaction assez prononcée^ On a même vu sur une lupique trois injections successives de O'^'OQ^, 0'"'008 et O'^'^OIO amener une néphrite interstitielle aiguë dont elle succomba 22 heures après l'injection.
En 1888, Hammerschlag avait observé que près de 27 pour cent du poids des substances solides qui composent le bacille tuberculeux sont solubles dans l'alcool et Téther. Le résidu insoluble est protéique ou cellulosique. La partie dissoute dans l'alcool éthéré est un mélange de lécithines, de graisses et d'une substance vénéneuse qui, injectée aux lapins et aux cobayes, les tue en provoquant des convulsions mortelles. A coté de ces substances on rencontre une toxalbumine (probablement la tuberculine de Kock, Brieger et Frfenkel) qui, par injection sous-cutanée, élève de 1 à 2°, d'une façon assez durable, la température des lapins.
Pure ou impure, la tuberculine ne confère point l'immu-nité contre la tuberculose aux animaux auxquels on l'injecte. D'ailleurs le bacille de cette maladie se conserve dans les tissus avec toute sa virulence, même des mois après l'injection; les tissus atteints s'enflamment et s'abcèdent;
1. Voir à ce sujet Annales de Vlmt. Paskur, t. V, p. 191, et les travaux do M. Nocard.
souvent môme des tubercules apparaissent sur les points où se sont faites les inoculations.
On a cependant tenté d'appliquer la méthode sérotliérapique à la guérison de la tuberculose, du moins chez les animaux. En 1893, MM. Richet et Héricourt annoncèrent qu'ils possédaient un chien immunisé contre la tuberculose par injection de sang de chiens rendus eux-mêmes réfractaires par des inoculations ménagées et successives de cultures de tuberculose aviaire. M. V. Babés' arrivait peu après aux mêmes conclusions en se servant de sérum de chiens traités par des doses croissantes de tuberculine aviaire, puis par des cultures atténuées, ou chauffées de tuberculose humaine. Le sérum de ces animaux injecté à doses assez fortes et successives arrêterait, d'après cet auteur et M. Proca, le développement de la tuberculose commençante, éteindrait la fièvre chez les phtisiques, ramènerait l'appétit, et ferait disparaître par nécrose les lupus sans amener de réaction inflammatoire. Par une voie analogue M. Maragliano serait arrivé aux mêmes résultats. Il aurait même le mérite de les avoir appliqués le premier au traitement de la tuberculose humaine ^
[jQ sérum antituberculeux ne tue pas les animaux; il ne produit chez les tuberculisés qu'une faible élévation de température. Mais, fût-ce à fortes doses, il est incapable de paralyser l'action de la tuberculine déjà formée. En inoculant aux animaux la tuberculose virulente mêlée de sérum antituberculeux, la maladie ne se propage pas; la lésion reste locale et finit par guérir. Le retour à la santé des animaux infectés depuis peu paraîtrait s'obtenir par des doses