‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 181 sur 213 · TOXINES DE LA. DIPHTÉRIE · texte numérisé non relu

TOXINES DE LA. DIPHTÉRIE

relativement grandes de sérum antituberculeux ; les petites doses sembleraient plutôt aggraver Tinfection. In vitro, ce sérum mélangé à un milieu nutritif favorable au développement du bacille tuberculeux rend peu à peu ce milieu impropre à la culture du microbe. Les bacilles ainsi traités deviennent inofïensifs pour les animaux.

Toxines de la diphtérie.

Les toxines de la diphtérie ont été découvertes en 1888 par MM. Roux et Yersin. On les retire des cultures du bacille virulent de Klebs-Lœfler faites en bouillon de veau exposé à l'air'. Ce bacille lui-même s'extrait primitivement des fausses membranes d'un sujet atteint de diphtérie. On inocule le bacille au moyen d'un fil de platine, et avec toutes les précautions ordinaires, à da sérum sanguin coagulé placé dans différents tubes. Les colonies qu'il fait naître se présentent sous forme de petites taches rondes, blanc grisâtre, à centre plus opaque que la périphérie. Le microbe spécifique (fig. 17 et 18) est généralement plus petit que dans les fausses / ^ ^ membranes. Sa longueur est à peu ^a^^ près celle du bacille de la tubercu- ^

^ ^ , Fig. 17. — Bacille diphtérique

lose, mais il est plus épais que en culture, très grossi, avec

lui. Les bacilles diphtériliques se

placent souvent parallèlement ou bout à bout, mais, dans ce cas, jamais suivant leur prolongement rectiligne (fig. 18); les extrémités un peu renflées se colorent plus fortement que le centre par le bleu alcalin. Ce microbe pousse très bien

1. Voir Roux et Yersin, Annales Inst. Pasleur, t. II, p. 632, et Ibid., t. VIII, p. Cil.

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dans le bouillon de veau légèrement alcalinisé, additionné de 2 7o de peplone et stérilisé. On le place dans de larges

FiG. 18. - Bacille diphtérique calinc. Après trois semaines ou un

des vases un dépôt de microbes; à leur surface est un voile formé de bacilles plus jeunes, La liqueur est riche en toxines, mais leur force est loin d'être toujours égale, alors même qu'on se place en apparence dans des conditions identiques.

Les cultures sont achevées lorsque d'acide qu'il était devenu le bouillon est repassé à l'état alcalin. On le filtre alors sur biscuit, et on le garde dans des vases bien remplis, mis à l'abri de la lumière. La solution ainsi préparée tue un cobaye de oGO^"" à la dose de 1/10 de cent, cube en 48 heures. Conservée à l'obscurité, celte liqueur ne perd que très lentement sa puissance.

La toxine brute obtenue par le procédé précédent n'agit pas immédiatement. Injectée aux cobayes dans le péritoine^ surtout après dilution, elle paraît d'abord inactive ; mais au bout de deux jours, l'animal est malade, il ne mange plus, son poil se hérisse, il s'affaiblit, le train postérieur se paralyse, sa respiration devient irrégulière, enfin il meurt après

1. Le bacille se cultive et le poison se forme, quoique plus difficilemeiit, même dans le vide et à l'abri de l'air. Ibid., p. (jo7.

vases à fond plat à tubulure latérale, qu'on laisse à l'étuve à 31".

On y fait arriver par aspiration un léger courant d'air purifié par barbotage dans de l'eau'. Sous l'action du microbe, la culture s'acidifie d'abord puis redevient al-

dans les fausses membranes.

mois au plus, il s'est fait sur le fond

T0XINI5S DE lA DIPHTÉniE.

/i à 0 jours. Si les culUires sont très chargées de toxine, la période d'incubation peut se réduire à quelques heures; l'animal devient inquiet, parfois il est pris de diarrhée; sa respiration est anxieuse, irrégulière, il tremble sur ses pattes, il no peut se mouvoir et meurt en o à 6 jours sans convulsions, après quelques hoquets'.

Le cobaye, le lapin, le chien, le mouton, sont très sensibles à l'action d^ ce poison. Les rats et les souris supportent au contraire sans malaise des doses mortelles [)Oiir un chien.

On a déjà vu que le poison diphtérique est une diastase. Son activité est fortement diminuée par la chaleur : line solution, dont 2 cent, cubes, injectés sous la peau, tuaient facilement un lapin, n'occasionne plus d'accidents sensibles, du moins, à courte échéance même lorsqu'on l'injecte dans les veines de ces animaux à la dose de 35 cent, cubes, pourvu qu'au préalable on l'ait chauffée à 100° durant 10 minutes. Après avoir été porté 2 heures à 58° à l'abri de l'air, un liquide de culture filtré sur biscuit tuait avec un long retard un cobaye auquel on en injectait 1 cent, cube ; après 2 heures de chauffe à 100°, la même dose n'occasionnait qu'un léger œdème au point d'inoculation. Toutefois, les animaux finissaient par maigrir, quoique mangeant bien, et succombaient avec un peu de paralysie des membres postérieurs. Le même liquide non chauffé tuait les lapins à la dose de 1/5 de centimètre cube en un ou deux jours.

1. On sait que le bacille diphtérique ne pénètre pas dans les organismes infectés, et qu'il se borne à déverser son poison à la surface des muqueuses où il s'est fixé. Voir pour les autres symptômes de cet empoisonnement Ann. Inst. Pasteur, t. III, p. 27u.

Conservé à l'air, le poison diplitéritiqae paraît perdre assez rapidement sa toxicité. Il se garde mieux à l'abri de l'air et de la lumière. Un liquide de culture qui tuait un cobaye à la dose de 1/8 de centimètre cube fut exposé à la lumière dans des tubes clos et sans air, ainsi que dans des vases clos avec du coton mais oii l'air pouvait pénétrer. Après 2 heures d'insolation 1 centimètre cube du liquide exposé à l'air tuait les cobayes avec un long retar^ ; après 5 heures il ne produisait qu'un peu d'œdème local. Le tube exposé à la lumière, mais sans air, avait gardé toute son activité. Les liquides ne s'étaient pas échauffés au delà de 32°.

Si Ton acidifie d'acides lactique, citrique ou tartrique des solutions alcalines très actives de toxines diphtéritiques, elles perdent presque entièrement toute activité; lorsqu'on neutralise ou alcalinise de nouveau la liqueur ainsi rendue inactive, elle reprend en grande partie sa puissance nocive. Le poison s'est toutefois légèrement atténué, et d'autant plus qu'il est resté plus longtemps en solution acide. L'addition au liquide toxique d'acide phénique, d'acide borique, de borax, etc., retarde son action, mais n'empêche pas la mort des animaux.

Évaporées dans le vide, à 25°, en présence d'acide sulfurique, les cultures filtrées de bacille diphtérique laissent un résidu très toxique. L'alcool à 80° cent . dissout une partie de cet extrait : si l'on évapore ce dissolvant, il reste une matière brune, alcaline, d'odeur douce, qui abandonnée à l'air se prend presque en entier en cristaux. Les substances ainsi dissoutes par l'alcool sont entièrement inactives. Au contraire, la portion de l'extrait que l'alcool ne dissout pas, donne, lorsqu'on la reprend par un peu d'eau, une solution alcaline très toxique. Si l'on y verse de l'alcool fort, on

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