‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 193 sur 213 · Ibid, t. IX, p · texte numérisé non relu

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rin. Au bout d'un mois d'éluvage à 37°, on alcalinise sans filtrer, avec de l'hydrate sodique et l'on fait évaporer lentement à 60° jusqu'à consistance presque sirupeuse. A ce résidu l'on ajoute lO'^'^ de glycérine et Ton maintient deux semaines à l'étuve. On étend alors d'eau distillée jusqu'à revenir au quart du volume du liquide primitif; on neutralise exactement avec de l'acide lactique et on stérilise

Le liquide ainsi préparé est brun et trouble. Il possède un grand pouvoir toxique; par injection dans le péritoine, il tue les cobayes à la dose de O'^d à l'"" en 12 à 24 heures. Injecté dans l'estomac à la dose de 3 centimètres cubes deux jours de-suite, avec volume égal de solution saturée de bicarbonate de soude, il tue presque infailliblement les cobayes dès la seconde injection. C'est donc l'une des rares toxines ?nicrobiennes qui soit franchement toxique par voie intestinale. La mort des animaux soumis à ce poison présente tout le tableau de l'entérite cholérique aiguë.

Les bouillons de culture précédents décorés du nom de toxines, sont des mélanges très complexes dont les agents actifs restent encore indéterminés. On sait depuis longtemps que le bacille virgule de Kock produit à la fois, comme la plupart des vibrions septiques, des bases (ptomaïnes), des albumoses toxiques, et deux ferments dont l'un transforme en acide lactique l'empois d'amidon, l'autre jouit de propriétés peptonisautes analogues à celles du suc pancréatique. Fermi est parvenu à isoler le pepto-ferment auquel Rietsch suppose dus, au moins en grande partie, les désordres intestinaux du choléra. Dans ce but il cultive le bacille spécifique sur gélatine. En ajoutant 6û pour cent d'alcool aux cultures alors que la gélatine s'est

TOXINES DU CUOLÉRA..

liquéfiée, il précipite la gélatinose formée, mais non le ierment. Après 24 heures, il filtre et ajoute de l'alcool absolu à la liqueur. Le ferment précipite alors ; on le recueille, on le lave à l'alcool et on le sèche.

Les protéines insolubles obtenues par Brieger et Frœnkel en précipitant par l'alcool les cultures filtrées du coma bacille, lorsqu'on les met en suspension dans l'eau et qu'on les ■injecte sous la peau des cobayes, les tuent en 2 ou 3 jours.

Pétri, ên cultivant le bacille de Kock dans une solution de peptones, a trouvé qu'il se formait ainsi, à côté d'une protéine très vénéneuse, de grandes quantités de tyrosine et de ieucine, un peu d'indol, des acides gras et des bases vénéneuses. Nous avons déjà parlé de ces dernières (p. 184). Quant à la toxopeptone de Pétri, elle ne précipite ni par la chaleur, ni par le ferrocyanure acétique, ni par le sulfate d'ammoniaque en poudre ajouté à saturation, mais bien par le phosphotungstale de soude en liqueur acide, ainsi que par un excès de tanin. Elle paraît donc appartenir à la famille des peptones. Cette substance donne la réaction du biuret et faiblement celle de Millon. Elle ne perd pas son pouvoir toxique à 100°.

Une quantité de 0^'"3S de cette toxine par kilogramme de cobaye est mortelle en 18 heures; l'animal est pris de paralysie et de tremblements. Après la mort, on trouve dans son péritoine et son intestin des taches hémorrhagiques avec injection des vaisseaux, exsudats, etc.

""La peplone que SchoU' obtient en cultivant 18 jours le même bacille dans les œufs frais, paraît très analogue à la précédente, quoique, suivant cet auteur, elle s'altère et

\. Insl. Pasleur, l. V, p. 60.

LES TOXlNIiS.

devienne inerte à 100". On l'exlraiL de la solution d'albumine d'œuf modiiiée en précipitant celle- ci par un mélange d'alcool et d'éther; ce précipité est ensuite mis à digérer avec de l'eau à 4 0° ; la partie restée soluble est peu abondante, mais très toxique : 8'-'= injectés dans le péritoine d'un cobaye peuvent le tuer en 8 à 10 minutes; étendue, elle produit de la paralysie, des convulsions, etc. La mort arrive toujours avant la 3' heure. Les autres phénomènes toxiques sont ceux ci-dessus décrits.

Cette substance n'est précipitée de ses solutions aqueuses ni par la chaleur, ni par l'acide nitrique, ni par le sulfate d'ammoniaque en excès, ni par le ferrocyanure acétique. Elle donne la réaction xanthoprotéique et celle du biuret. Elle précipite par le sublimé, le nitrate de mercure, le tanin, l'acide phosphomolybdique.

M. Ransom' a extrait des cultures de déjections cholériques privées de bacille, et par une méthode qu'il n'indique pas suffisamment, une toxine très active qui, par voie hypodermique, tue un cobaye de 250^'" à la dose de 0^''07; 10 centigr. amènent sa mort en 10 minutes. Cette substance n'est pas toxique par la voie intestinale. Les symptômes observés sont ceux que déterminent les cultures les plus virulentes du vibrion cholérique.

Winter et Lesage, en traitant des cultures de choléra par l'acide sulfurique affaibli, obtinrent un dépôt soluble dans les alcalis étendus, qu'on reprécipite par les acides et qu'on reprend par l'éther ; en évaporant ce dissolvant il reste un liquide huileux qui finit par se figer en une sorte de matière grasse insoluble dans l'eau et dans les acides,

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