Babès, ibid., p
3. Cités par Roger, Séance de la Soc. de biolog., 1891, p. 538.
H. Spronck cullive le streptocoque dans du bouillon de bœuf peplonisé à 10 pour 1000 et salé à 5 pour 1000. Le ballon est maintenu 15 jours à 35°; après ce temps, la liqueur de culture est réduite par ébullition au 10" de son volume et filtrée sur biscuit. Elle est faiblement acide, brunâtre, très vénéneuse si la semence virulente primitive était bien active. Les cultures de Manfredi et Traversa ont été faites dans du bouillon peplonisé, neutralisé et maintenu à 30°.
Ces cultures stérilisées par filtration, lorsqu'on les injecte sous la peau des animaux, déterminent deux formes d'empoisonnements, différentes suivant l'espèce : la même culture produit, aux mêmes doses, des convulsions, quelquefois avec un peu de parésie des membres, chez le cobaye, et des phénomènes de" paralysie chez le lapin. La grenouille est prise d'un état de torpeur comateux'.
D'après M. Roger% le streptocoque de l'érysipèle secrèle une matière albumineuse assez toxique : après l'injection, les animaux sont somnolents; le lendemain ils sont pris de diarrhée abondante et d'amaigrissement rapide. La mort survient au bout de2 à 3 jours. A l'aulopsie, pas de lésions notables. L'extrait alcoolique de ces cultures n'est pas vénéneux. Le chauffage à 104° rend la toxalbumine du streptocoque à peu près inoffensive.
Les cultures de ce microbe emploj^ées avec prudence peuvent devenir vaccinantes pour les animaux [Marmorek; Roger). I^orsque par des inoculations successives, l'animal (en général le cheval) a été amené au degré d'immunisation voulu, il fournit un sérum antistreptoccique qui n'est
\. Annales de l'Inst. Pasteur, t. VI, p. 574. 2. Compt. 7'endus Soc. biolog., 1891, n" 24,
TOXINES DU STREPTOCOQUE DE l'ÉRYSIPÈLE. 595
plus toxique après 3 semaines et possède un pouvoir immunisant égal à 1000 et plus'. L'injeclion de un à deux dixièmes de centimètre cube suffisent pour que le streptocoque ne se développe plus chez le lapin. Chez l'homme 20 à 40"" suffisent, en général, pour amener la guérison. Ce sérum n'est plus curatif si l'infection s'est faite de 6 à 1 2 heures auparavant ^
Les produits toxiques ne paraissent pas. s'accumuler dans les cultures du streptocoque faites à l'air, sans doute parce qu'ils s'oxydent et que le microbe s'atténue. Leur degré de toxicité augmente, au contraire, dans les cultures faites dans le vide. Cette toxine peut même, dans des conditions encore imparfaitement connues, acquérir une vénénosité extraordinaire. M. Marmorek, grâce à des passages successifs de l'érysipèle chez le lapin, est arrivé à exalter la toxicité du virus streptococcique (et du poison qu'il sécrète) au point de le rendre mortel en 30 heures à la dose de un centbillionième de centimètre cube. Les animaux peuvent être immunisés contre le streptocoque au moyen d'injection de ces toxines chauffées, que l'on fait suivre, après quelque temps, de l'inoculation des toxines pures. Imprégnés de ces poisons, ils fournissent un sérum à la fois préventif et curatif, mais sa puissance curative est d'autant plus faible que l'infection est plus ancienne.
Ces résultats ont été confirmés par MM. Roger et Charrin'.
On sait que MM. Spronck, Lassar, Thomassen, Goley, Repin, etc., ont essayé de traiter les tumeurs malignes,
■1 . A. Marmorek, Annales de l'Institut Pasteur, t. IX, p. 593.