Voir aussi Gromakowsky, ]bid., p
3. Voir Compt. rend. Soc. de biolog., 23 fév. 1895. M. Roger avait annoncé déjà en 1891, que ces cultures chauffées à 110» vaccinaient les animaux.
♦^î'O LES TOXINES.
(iireclcmenl ou indireclemeni , par les toxines de l'érysipèle ou par le virus vivant lui-même. L'injeclion des toxines streptococciques stérilisées se fait sous la peau avec des liquides très dilués; quelquefois on l'a poussée dans les veines. A la suite des inoculations, on observe du frisson, de la fièvre, en certain cas, des nausées, du vertige. Presque toujours il s'agissait de tumeurs sarcomateuses qui ont été quelquefois, mais bien rarement, modifiées dans un sens heureux. Les tumeurs ainsi trajiées étaient tantôt arrêtées dans leur croissance, tantôt elles diminuaient, tantôt elles ne paraissaient pas se ressentir de l'introduction de la toxine. Biedert a publié le cas d'un sarcome volumineux qui fut presque entièrement résorbé sous l'influence d'un érysipèle intercurrent ; la guérison radicale fut obtenue grâce à l'extirpation de deux petits restes de cette tumeur. Il n'est donc pas défendu de recourir avec- prudence aux injections de toxines streptococciques dans les cas désespérés.
A la dose de 10 à 60^'', le sérum antistreptococcique de Mamorek a été employé avec succès, comme adjuvant, dans la cure de la scarlatine dont il parait faire disparaître les complications.
Toxines du vibrion de la septicémie.
Le vibrion de la septicémie fut découvert par Pasteur en 1877 en étudiant la septicémie expérimentale des animaux. Plus tard, MM. Cliauveau et Arloing retrouvèrent cet organisme dans la gangrène gazeuse foudroyante. En 1887, Roux et Ghamberland parvinrent à vacciner les animaux contre ce virus au moyen d'injections sous-cuta-
TOXINIÎS DU BACILLE DE LA SEPTICÉMIE. -397
nées de ses cultures préalablement stérilisées par la chaleur. Celles qui sont faites en bouillon ordinaire réussissent mal et sont peu actives. Il vaut mieux s'adresser au bouillon de bœuf peptonisé à 10 pour cent et fortement alcalinisé, ou. même, faire comme M. Roux : il verse 300°'' de viande de bœuf hachée dans un flacon de 1 200 centimètres cubes; il ajoute quelques cent, cubes de soude à 1 pour cent, bouche à l'ouate et stérilise à l'autoclave à 115°, La matière étant refroidie, on l'ensemence avec un peu de sérosité prise sur un cobaye mort de septicémie. L'ouate est remplacée par un bouchon de caoutchouc stérilisé, portant deux ' trous : par l'un passe un tube courbé plongeant jusque dans la bouillie de viande; ce tube éiilé et fermé servira à syphoner le liquide; l'autre tube porte un tampon de coton, il est terminé par un étranglement. On fait le vide dans ce flacon et l'on ferme à la lampe le tube étranglé. Après 36 à 40 heures de séjour à l'étuve à 37% on casse la pointe ainsi fermée; des gaz putrides se dégagent de la bouillie de viande que baigne un Hquide rosé; la fermentation se continue dès lors à l'abri de l'air. Vers le 6° jour le maximum de toxicité est atteint. On décante le liquide, on passe la pulpe de viande à la presse, et l'on filtre la liqueur à la bougie de biscuit'.
Ce liquide fort complexe est peu actif: 3 à 5 centimètres cubes injectés dans le péritoine de cobayes de 4oO à GOO""" n'occasionnent qu'un malaise passager. La température tombe de plus de 2°; l'animal hérisse ses poils, il reste immobile, de temps à autres ses membres sont agités de soubresauts; quelquefois le coma survient; mais l'animal
l. Besson, Annales de VJnsl. Pasteur, t. IX, p. 179.
guéril. Des doses répétées produisent une sorte d'intoxication chronique sans immuniser pour cela les animaux. Si ceux-ci succombent, on observe que l'intestin et le péritoine sont congestionnés et qu'un peu de sérosité baigne la cavité péritonéale.
La sérosité, filtrée sur biscuit, provenant d'œdèmes de cobayes ou de lapins morts de septicémie est beaucoup moins active que le liquide de culture précédent.
La toxine du vibrion septique est douée de propriétés chimiotactiques nulles ou négatives. Elle peut supporter quelque temps la température de 100° sa;ns perdre ses propriétés actives.
Toxines de la pneumonie.
Bonardi a trouvé dans les cultures du diplocoque de Frsenkel des substances vénéneuses qu'il suppose être basiques mais qu'il n'a pas isolées à l'état pur. Elles conféreraient l'immunité aux animaux auxquels on les injecte avec précaution.
Buchner sépare par précipitation saline, suivie de dialyse, la protéine toxique principale des cultures du bacille de la pneumonie de Friedlander. C'est une substance assez soluble dans l'eau et dans les alcalis extrêmement étendus. Les acides la précipitent de ses solutions. La chaleur ne la coagule pas. L'alcool absolu, le sel marin en excès, ne la séparent pas des liqueurs qui la dissolvent; mais elle précipite par un excès de sulfate de magnésie. Elle forme des combinaisons insolubles avec les sels de cuivre, l'acétate de plomb, les chlorures d'or et de platine, l'acide picrique.