‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 41 sur 213 · Deulsclie med. Wochen.. l. XVI, p · texte numérisé non relu

Deulsclie med. Wochen.. l. XVI, p

PTOMAÏMiS DES MlCllODE.S PATH0(;KNKS DÉFINIS.

basique. La plilogosinc irrite cl eiillamiiie les mui(ueuses. Nous y reviendrons.

Ptomaïne du micrococcus lélragènus. — Les cultures de ce micrococque, qu'on isole facilement des crachats des plilysiques, ont donne une hase en CMPAzO' dont nous re[)arlcrons à propos des ptomaïnes de la tuberculose.

Ptomaïnes du micrococcus pyocyanem ou baclevmm pyocyaneum. — La matière colorante du pus bleu est due à un microbe spécial, le bacteridium cyaneum de Schrœler, le micrococcus cyaneus de Gohn. Il se cultive très bien dans la salive, l'urine^ la sueur, le jus de carottes. Ses produits d'excrélion sont toxiques. Il a été particulièrement étudié par M. Charrin. Les deux principales ptomaïnes que sécrète ce microbe sont la pyocyanine et la pyoxanlhine.

La pyocyanine cristallisée a été préparée, en 1859, à l'état de pureté par Fordos, à une époque oi^i l'on était bien loin encore de la découverte des ptomaïnes et de la signification dé ces faits. C'est à cette base que le pus bleu doit sa couleur.

^'our l'isoler, on agite le pus bleu , ou les cultures du microbe pyocyanique, avec de l'eau ammoniacale et du chloroforme. Ce dernier dissolvant se charge des matières colorantes et des graisses ; on lui enlève le pigment bleu en l'agitant avec de l'eau acidulée. Un autre pigment de couleur jaune reste mêlé aux graisses dans le chloroforme. ^La solution aqueuse acidulé filtrée, traitée par de la baryte, ou mieux par de l'eau ammoniacale, redevient bleue. On l'agite de nouveau avec du chloroforme, qui dissout la pyocyanine ; cette base cristaUise par évaporation du dissolvant. Ses cristaux sont purifiés par

LKS PTOMAÏNI'.S.

lavage rapide à l'éther pour enlever un peu de pyoxan- Ihine.

La pyocyanine forme des lamelles rectangulaires et des prismes bleus groupés en rosaces ou en aigrettes. Elle répondrait, d'après Ledderhose (1887), à la formule inexacte G'^H'^AzO- qui paraît en faire un dérivé de l'anlhracène^ Elle est soluble dans l'eau, l'alcool, le chloroforme, très peu dans l'éther. Ses solutions se colorent rapidement à l'air en vert jaunâtre grâce à l'oxydation et à la transformation de la pyocyanine en pyoxanthine. La pyocyanine n'est pas suhlimable.

Les acides rougissent celle base ; les alcalis la bleuissent. Elle est décolorée par le chlore. C'est un corps peu soluble dans l'eau, d'un goût amer. Les agents réducteurs et la putréfaction la font passer au vert puis au jaune. L'agitation à l'air lui restitue sa couleur bleue, au moins durant quelque temps.

D'après Fordos, cette substance doit être considérée comme une base faible. Elle donne avec l'acide chlorhydrique un chlorhydrate rouge, cristallisé, insoluble dans le chloroforme. Elle forme un picrate et un chloroplatinate brun ou en aiguilles d'un jaune d'or. Elle s'unit faiblement à l'acide acétique. Elle précipite le tanin. Elle ne précipite pas par l'alun, ni par les acétates de plomb. Gomme la plupart des ptomaïnes; elle réduit le ferricyanure de potassium. M. Pessard, qui en 1882 a repris l'étude de cette base, ne l'a pas trouvée sensiblement toxique : deux milligrammes injectés à un moineau ne produisent qu'un malaise passager.

1. D'après Kùuz, elle contiendrait aussi du soufre. Remarquons que G'ni'*Az0'2 ne peut exister, mais seulement C'-H'^AzO^ ou G^^H^AzO^.

PïOiMAÏNES DKS MICROBKS l'ATHOOÈ.NES DÉFINIS.

La pyoxanlhinc qui accompaj^no la pi/oci/anine et consliluc son produit d'oxydalioii , reste en grande partie dans le chloroforme lorsqu'on l'agite avec l'eau acidulée au cours de la préparation de la pyocyanine. En distillant ce chloroforme, reprenant le résidu par l'eau pour séparer les graisses et filtrant, on obtient une liqueur qui, de nouveau épuisée par le même dissolvant, cède la pyoxantliine qui cristallise par évaporation en aiguilles déliées enchevêtrées.

C'est une substance peu soluble dans l'eau, soluble dans l'éther, le sulfure de carbone, la benzine ; se colorant en violet au contact des alcalis et rougissant par les acides forts. Elle paraît jouir à la fois de propriétés faiblement alcalines et acides. Elle répond aux réactions caractéristiques des alcaloïdes, mais elle forme des sels très instables et n'est enlevée que difficilement par les acides affaiblis à ses solutions chloroformiques.

Injectées dans les veines, les cultures du microbe pyocyanique produisent des paralysies , en particulier des muscles vasomoteurs. Ces cultures possédant, même après stérilisation et filtration sur porcelaine, cette propriété nocive, il faut donc attribuer ces effets aux produits solubles {Charrin). Mais il est loin d'être démontré que l'activité du microbe correspondant soit uniquement due à la pyoc3'anine et à la pyoxanthine.

Ptomaïnes des cultures de Vibrio p?'oteus. — Des cultures de ce vibrion faites sur chair de bœuf finement hachée, mélangée d'eau et stérilisée, puis abandonnées de 37° à 38" durant 30 à 3b jours, Bocklish a retiré de la créatinine, de la cadavérine, de la mélhylguanidine, des traces d'indol et

LES PTOMAÏNKS.

(Je phénol. La méthylguanidine paraît être plus abondante vers le vingtième jour.

[b) Ptomaïnes extraites des urines pathologiques.

Dans presque toutes les maladies infectieuses les urines des patients contiennent, entre autres produits actifs, des ptomaïnes spéciales que nous allons faire connaître.

Il est aussi des cas où l'on a signalé des ptomaïnes dans les urines de maladies non infectieuses, par exemple, dans l'épilepsie, la mélancolie et autres maladies mentales, la cystinurie, l'eczéma, etc. Nous commencerons par ces cas spéciaux.

Ptomaine des iwines de l'épilepsie G'^H^'^Az^O\ — Celle base a été extraite par Griffiths * des urines des épileptiques additionnées de carbonate de soude, puis épuisées à l'éther. Ce dissolvant est à son tour agité avec une solution aqueuse d'acide tartrique qui forme avec les bases des tartrates solubles. Le liquide de nouveau alcalinisé avec . du carbonate de soude après concentration dans le vide, est encore agité avec la moitié de son volume d'élher. La solution élhérée soumise à la distillation laisse les alcaloïdes comme résidu.

J'ai voulu indiquer ici cette préparation très simple, parce que c'est celle que Griffiths a le plus souvent suivie pour extraire les bases qu'il a obtenues en chaque cas et dont on va parler plus loin.

La ptomaïne des urines épileptiques est incolore, soluble dans l'eau, faiblement alcaline, cristallisable en prismes

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