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LES LEUCOMAÏNES.

Xanthucréat 'mine CM I Az* 0.

J'ai flccouvert celle base, en 1882, dans la cliair muaculaire; je l'ai retirée ensuilc en abondance de l'exlrail de viande. Elle a élé certainement fort souvent confondue avec la créatine à laquelle elle ressemble. G. Golasanti l'a observée dans l'urine du lion à côté de la créatinine. Elle a élé aussi trouvée depuis par Monari dans les muscles de chiens fatigués, dans les urines des soldats après de longues marches ou dans celles des animaux à qui on injectait de la créatinine. J'ai dit, page 217, qu'elle forme la partie la plus abondante des bases de l'extrait de viande, celle qui répond aux cristaux (D), qui se précipitent de l'alcool, à 95° centésimaux, filtré bouillant, lorsqu'on reprend par ce dissolvant le magma cristallin que l'éther produit dans la solution alcoolique de l'extrait de viande ou de bouillon.

^ , . . C'est une substance couleur jaune soufre

Xaathocréatinme.

cristallisant en paillettes minces, brillantes, micacées, paraissant appartenir au prisme rhomboïdal (fig. 7). Son goût est légèrement amer. Son odeur rappelle, à chaud, celle de Tacétamide La xanthocréatinine est assez soluble dans l'eau, même à froid. Elle se dissout à chaud dans l'alcool concentré d'où elle cristallise. Chauffée un peu fortement, elle émet l'odeur de rôti et donne ensuite de l'ammoniaque et de la méthylamine.

Sa réaction est amphotère : elle rougit légèrement, et bleuit faiblement les papiers de tournesol très sensibles.

Elle donne un chlorhydrate en barbes de plumes enchevêtrées, et forme un chloroplatinate très soluble.

LEUCOMAÏNES CRFATINIQUES .

Cette substance est analogue par toutes ses propriétés à la créatinine; une solution un peu concentrée de chlorure de zinc forme dans ses solutions un précipité blanc jaunâtre, soluble à chaud, qui se dépose en refroidissant en groupes d'aiguilles croisées en X ou en étoiles. Le nitrate d'argent précipite des flocons gélatineux; le chlorure mercurique donne un précipité blanc jaunâtre. L'acétate de cuivre ne précipite ni à frofd ni à chaud, pas plus que le chloromercurate de potassium ou l'iodure de potassium ioduré. Tous ces caractères sont ceux des leucomaïnes créatiniques.

L'acide oxalique ou l'acide nitri([ue ne donnent pas de sels de xanthocréatinine peu solubles.

Sous l'influence de l'oxyde de mercure humide, la xanthocréatinine forme en s'oxydant deux substances que l'on sépare à chaud par l'alcool à 90° centésimaux; l'une est hygrométrique, l'autre est une matière légèrement alcaline, cristallisant en longues aiguilles blanches fusibles à 174°, ayant beaucoup de ressemblance avec la caféine. Elle forme un chloroplatinate peu soluble.

La xanthocréatinine est toxique à dose un peu forte. Elle. produit chez les animaux de l'abattement, de la somnolence, une extrême fatigue, la défécation et des vomissements répétés.

Cnisocréalinhie : C^irAz'*0.

Cette base a été découverte par l'auteur de cet Ouvrage à côté de la xanthocréatinine dont elle ne diffère que par deux atomes d'hydrogène en moins. On a vu, p. 217, comment elle a été séparée de la base précédente et de la suivante. La partie des cristaux (C) soluble à chaud dans

Li:S LKl Cct.MAÏ.NK.S.

l'alcool à 95° centésimaux laisse déposer laxaulliocréalinine.

par refroidissement et concentration.

La partie peu soluble ou insoluble dans l'alcool à 95° cent, chaud, reprise par l'eau bouillante, laisse par refroidissement cristalliser Vampliicréaline dont on parlera plus loin ; les eaux FiG. 8. mères concentrées donnent une nou-

Ci-iisocréatiniue. yellc cristallisation d'une substance de couleur jaune orangée, pré.sentant souvent, sous le microscope, la forme de rhomboèdres à facettes légèrement, obliques et arrondies, ou formant des lamelles qui paraissent appartenir au prisme droit à base rhombe (fig. 8).

La crusocréatinine est une base de couleur jaune orange, très faiblement alcaline aux papiers, légèrement amère. Elle donne un chlorhydrate soluble, non déliquescent, formant un enchevêtrement de balais d'aiguilles; un chloroplatinate soluble, peu altérable à chaud, en pinceaux de prismes déliés à branchements élégants. Son chloraurate, peu soluble, est grenu et cristallin; il se réduit un peu lorsqu'on le chauffe. La crusocréatinine ne déplace ni l'oxyde de zinc de son acétate, ni l'oxyde mercurique de son nitrate, mais elle précipite l'alumine, à froid, des solutions d'alun.

Elle répond à la formule GMPAz''0 qui la rattache à la xanthocréatinine. Comme celle-ci, elle possède les propriétés générales de la créatinine à laquelle elle ressemble par sa forme cristalline et sa légère alcalinité, et dont elle diflfère par les éléments de l'acide cyanhydrique en plus.

En liqueur un peu concentrée, le chlorure de zinc donne avec son chlorhydrate un précipité grenu qui se réduit

Lie U CÛMAÏN KS C llÉA TINI Q U KS .

à chaud el recristallise par refroidissemeiiL. Le bichlorure de mercure fait naître un précipité floconneux, partiellement soluble à chaud, mais en se décomposant. Le phosphomolybdate de soude, en liqueur fortement acide, la précipite abondamment en jaune. Le chloromercurate de potassium, l'iodure de potassium ioduré, l'acétate de cuivre, même à chaud, ne donnent avec elle aucun précipité.- Ni l'acide nitrique,, ni l'acide oxalique ne forment avec la crusocréatinine de précipités peu solubles. Le ferricyanure de potassium ne donne pas à son contact la réaction des ptomaïnes.

Les deux schémas suivants indiquent la correspondance de constitution qui répond à l'analogie des propriétés de la créatinine et de la crusocréatinine :

"^^^ • ^ \ Az(CtP)-CH2 ' ■ ^ \ Az(CH^) GH^

Créalinine ' Crusocréatinine

Amphicréatine : G°hV° Az^O''.

Nous avons dit (p. 218), en parlant de la base précédente, comment avait été séparée de l'extrait de viande Yamphicréatine rencontrée par nous dans le suc musculaire. C'est la moins soluble de ces trois bases, crusocréatine, xanthocréatine et amphicréatine. Elle cristallise de l'eau bouillante en joHs prismes obliques, brillants, à facettes légèrement courbes, de couleur blanc jaunâtre. Elle est beaucoup moins abondante que les deux précédentes. Son goût est peu sensible, à peine amer. Lorsqu'on la chaufie vers 100% elle décrépite légèrement et devient blanche et opaque sans changer de forme.

LKS LKUCOMAÏNKS.

C'est une base faible, son clilorliydralc cristallise bien; il n'est pas déliquescent. Son chloroplatinate soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, forme des tables losangiques. Son chloraurate très soluble, est en petits cristaux microscopiques, hexaédriques, triangulaires ou tétraédriques.

Cette base et son chlorhydrate, ne précipitent ni à chaud, ni à froid l'acétate de cuivre ou le bichlorure de mercure.

Le phosphomolybdate de soude donne avec elle, en liqueur acide, un précipité jaune pulvérulent.

Comme la base précédente, Tamphicréatine oxydée par l'acide nitrique, puis traitée par l'ammoniaque, ne donne aucune des colorations caractéristiques des bases xanthiques. Ses propriétés générales la rattachent aux bases créatiniques. Elle est si complètement analogue par tous ses caractères à la créalinine, qu'elle a dû souvent être prise pour cette substance. C'est ce qui m'a fait lui donner son nom.

Bases C'^H'^Az^^O^ et G''WAz''0\

Ces corps complexes, très bien cristallisés, et différents l'un de l'autre par GAzII, ont été retirés par l'auteur de cet Ouvrage, le premier des eaux mères de la xanthocréatinine, le second de celles de la crusocréatinine. '

Le corps C" Az'" 0"* cristallise en tables minces paraissant rectangulaires, incolores ou à peine jaunâtres, insapides. Il est très légèrement alcalin au papier rouge sensible et rougit aussi faiblement le papier bleu. Son chlorhydrate forme des faisceaux d'aiguilles fines. Son sulfate cristallise confusément en prismes. Son chloroplatinate est soluble ; il se présente sous forme de croix rectangulaires dont les branches se hérissent d'aiguilles. Il n'est pas déliquescent. Chauffée

LISUCOMAÏNIÎS CRÉATINIQUIîS,

en tube scellé à 180-200° avec de l'eau, celle base perd de l'ammoniaque el de l'acide carbonique et donne une base nouvelle non analysée.

Le composé G'-H-'Az" O'^est formé de tables rectangulaires fragiles, soyeuses, ayant beaucoup d'analogie avec celles de la xanthocréaiinine et de la leucomaïne précédente. C'est aussi une base faible, formant de jolis sels. Après plusieurs cristallisations successives dans l'alcool, elle a donné à l'analyse les nombres : G = 3b, 55 ; H = 6, 43; Az = 38, 72, qui répondent bien à la formule ci-dessus.

Les propriétés de ces deux substances, qui rappellent celles de la créatinine, semblent devoir les en faire rapprocher. Quelque complexes que paraissent leurs formules, leur composition est liée par des relations assez simples aux corps précédemment étudiés et à la créatinine elle-même. En effet, on a la relation théorique :

C"H-''Az'«0'' = 2G''H«Az''0 -j- GOAz^H'' -f 2H^0

Crusocréatilline Urée

et l'on a dit que le corps G^'I-P'^ Az^°0^ chauffé en tube scellé avec de l'eau, donne en effet les produits de la décomposition de l'urée.

Dans tous les cas, on peut remarquer que les deux bases ci-dessus difiérent entre elles parles éléments de l'acide cyanhydrique, caractère qui semble entraîner une sorte d'homologie spéciale entre les corps de cette famille.

A rginine G" W' Az'' 0^

Gette base faible n'a pas été trouvée parmi les leucomaïnes animales, et ce n'est que par analogie et en raison de sa

LES LEUCOMAÏNKfî.

formule (qui diffère par AzII de celle de la lysaline à laquelle elle se relie aussi par son origine) qu'on doit la placer parmi les bases créaliniques. Nous n'en dirons qu'un mot en passant pour compléter cette étude.

L'arginine a été retirée par Schulze et Bosshard' des cotylédons des semences de lupin étiolées. Dans ce but, on les reprend par l'eau bouillante, on précipite par de l'acétate basique de plomb, on filtre, on enlève le plomb à la liqueur par un excès d'acide sulfurique, et l'on précipite toutes les bases par l'acide phosphotungstique. Le précipité épais qui se forme est lavé et décomposé par la baryte ; l'excès de cette dernière est enlevé par l'acide carbonique ou mieux par la quantité juste nécessaire d'acide sulfurique, et la liqueur filtrée, saturée d'acide nitrique, laisse déposer de fines aiguilles de nitrate d'arginine. Ce nitrate soluble dans l'alcool, précipite par le chlorure de mercure; ce précipité, lavé et décomposé par l'hydrogène sulfuré, donne le chlorhydrate, qui, bouilli avec de l'hydrate de plomb, laisse la base en liberté.

C'est une substance soluble dans l'eau, très alcaline, attirant l'acide carbonique de l'air. Son chlorhydrate cristallise en belles tables appartenant au système monoclinique. Il dévie à droite le plan de la lumière polarisée. Le picrate est en aiguilles jaunes d'or peu solubles.

Les solutions des sels d'arginine dissolvent facilement l'oxyde de cuivre et forment avec lui des espèces de sels doubles.

Le tanin, l'iodure double de cadmium et de potassium, l'iodomercurate de potassium ne précipitent pas cette base.

\. Zeitsch. physiolog. Chem., t. XI, p. A'i.

LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.

Chauffée avec de l'eau de baryte elle donne de l'ammoniaque, de l'acide carbonique et des produits plus simples, non étudiés.

Schûlze a démontré que l'arginine se formait dans les cotylédons du lupin aux dépens de la conglutine et autres matières albuminoïdes qui disparaissent proportionnellement (Voir Zeitsch. physiolog. Chem.^ t. XI, p. 43).

CHAPITEE TROESIÈME

Leucomaïnes xanthiques.

L'acide urique C"H^Az*0^ n'est pas une leucomaïne; il ne s'unit pas aux acides pour former des sels, et n'a pas les caractères généraux des bases. Mais de cet acide aux bases xanthiques la distance est minime. En effet, soumis à Taclion de l'hydrogène naissant en présence de l'amalgame de sodium et de l'eau, l'acide urique se transforme successivement en xanthine et sarcine, les deux premiers termes de cette série :

H'' Az* 0^ + IP = a- R' Az'' 0' + IV 0

Acide urique Xanlliine

et C"^ II'' Az" 0=" + 2 = G" H* Az'' 0 + 2 IPO

Acide urique Sarcine

Si l'on chauffe à 160° l'acide urique avec l'acide iodhydrique (et peut-être chlorhydrique), il s'hydrate, en donnant de l'ammoniaque, de l'acide carbonique et du glycocolle :

G' hV Az' 0' + 5 1-P 0 = G'' I~P Az -f 3 GO^ + 3 Az IP

Acide urique Glycocolle

De même, les principales bases xanthiques, et en particulier l'adénine, la xanthine et la sarcine, chauffées en tubes scellés avec de l'acide chlorhydrique étendu, donnent

LIîUCOMAÏMlilS XANTHIQUES.

du glycocolle, de l'ammoniaque, de l'acide carbonique, ([ n'accompagne l'acide formique :

G' IP Az^ + 8 ir 0 = 0- H'' Az 0^ + 4 Az IP + G0=^ + 2 GIP 0=^

Adénine Glycocolle Acide formiiiue

C4PAz*0 + 71-PO = C'H»AzO'+3AzI-P+GO'^+2CI-PO^

Sarcine Glycocolle Acide formique

G^H*Az''0=+GH-0=-Gni"AzO-+3AzIP+2GO-+GH^O-

Xniilhine Glycocolle Acide formique

G'esl qu'en effet, toutes ces bases sont, d'une façon générale, construites comme l'acide urique et peuvent comme lui donner par leurs dédoublements, soit directement, soit successivement et en deux phases, grâce à une oxydation intermédiaire, de l'uréé ou plus généralement un uréïde, et de la guanidine. Ainsi se comporte la guanine : sous l'influence de l'eau et des réactifs oxydants, elle se transforme en guanidine, acide carbonique et acide parabanique, apte lui-même à donner de l'urée par un dédoublement ultérieur :

G' Az^ 0 + IP + 0^ = G Az4-P + G^ IP Az- 0^ + GO"

Guanine Guanidine Acide parabanique

On voit les relations qui existent entre les leucomaïues xanthiques et les uréïdes douées de l'aptitude commune à donner des uréïdes et de l'urée par leurs dédoublements.

Il y a de même une parenté entre les bases xanthiques et les leucomaïnes créatiniques; les unes et les autres donnent de la guanidine soit directement par hydratation, soit indirectement.

Je ne m'étendrai pas dans cet Ouvrage sur la constitution des bases xanthiques, ni sur les formules de constitution que j'en ai données. On trouvera cette partie théorique développée dans mon Cours de chimie (P" édition, t. III, p. 231).

LES LEUCOMAÏNES.

Les leucomaïnes aujourd'hui extraites des organes que j'ai classées dans la famille des bases xanthitiues sont les suivantes' :

Formules générales.

L aaemne

G'IPAz*

G"ff"-^Az»

la guanine

G«IPAz''0

Cnipn-^AZ'^O

la pseudoxant/ime

C^IPAz'O

GnH-"-='Az»0

la sarcine

C«IPAz*0

C°H'"-«Az*0

la xanthiiie

C^IPAz^O'

CnH^"-«Az'0*

V hétéro xanthine

C^IPAz'O'

id.

la paraxanthine

GUPAz^O'

id.

la caféine

C«H"'Az*0^

id.

la théob?'omine

G^H^Az'O'

id.

la carnine

C'H'Az^O"

CnH^n-GAz'O'

Y hydroxanthine

G^ÎFAz^O'

Cff-^Az^O'

la xanthinine

G'H^Az'O'

G"H-"-5Az'0'

Les caractères généraux des corps de cette famille sont les suivants :

1° Toutes les leucomaïnes xanthiques sont des alcaloïdes faibles, mais bien caractérisés, donnant des chlorhydrates et des chloroplatinates cristallisables que l'eau ne dissout pas ou difficilement.

2° Ghaufïées avec les alcalis concentrés, toutes ces substances perdent la majeure partie de leur azote à l'état de cyanogène. Toutes, en effet, contiennent le groupement G:Az H. L'une d'elles, l'adénine, a la même composition centésimale que l'acide cyanhydrique ; deux autres, la xanthine et la méthylxanthine, ont pu être obtenues par hydrata-

1. J'ajoute à celle lisle deux bases d'oriyiiie végélale : la caféine et la théobromine, à cause de leurs relations avec les autres corps de celle famille.

LEUCOMAÏNES XANTHIQUES.

lion directe du nitrile formique ou acide cyanhydrique G AzH.

3° Généralement, en présence de l'eau aidée des alcalis ou des acides, ces substances ne s'hydratent pas directement pour donner de l'urée; ce ne sont donc pas des uréïdes. Elles se rapprochent toutefois, comme on l'a dit plus haut, de cette classe de corps et donnent facilement, parmi leurs dérivés, de la guanidine qui, en s'hydratant à son tour, et perdant AzIP forme de l'urée. La guanine donne directement un uréïde, l'acide parabanique, en s'oxydantet s'hydratant; or, l'on peut facilement de la guanine dériver la xanthine, et de celle-ci, la sarcine, la caféïne, etc., qui sont des bases xanlhiques.

4 ° Toutes les leucomaïnes xanlhiques présentent une grande stabilité. Gomme dans la famille urique, on peut dans la famille xanthique passer d'un terme à l'autre en conservant l'édifice carboné fondamental :

tP Az' 0 + Az 0- H = G" H* Az'' 0^ -f H' 0 + Az-

Guanine Acide azoteux Xanlhine

ou bien :

G' H* Az* 0= + H^' = I-P 0 + G^ H* Az'' 0

Xanlliine Sarcine

ou encore, dans certaines conditions :

G^ Az* O' + 'iCRH- G' E{GE'f Az* 0'^ + 3 Hl

Xanthine Caféïne

Ge passage facile de l'une à l'autre de ces bases suffirait seul à démontrer l'étroite parenté de tous ces corps.

5° Tous les composés xanlhiques sont à la fois basiques et faiblement acides ; ils s'unissent à l'oxyde de cuivre et forment le plus souvent, lorsqu'on les fait bouillir un instant avec l'acétalc de ce métal, des combinaisons cupriques insolubles. En liqueurs neutres alcalinisées, ou ammoniacales, tous les corps xanlhiques précipitent par le nitrate d'argent ammoniacal ; tous forment des dérivés argentiques solubles à

LES LEUCOAiAÏÎSES.

chaud dans l'acide azotique cl reprécipilables à froid. Les bases xaiilhiques ne précipitent généralement pas par les acétates de plomb.

G° Tous ou presque tous les corps xantliiques, lorsqu'on les évapore en présence d'acide nitrique concentré, s'oxydent et laissent un résidu jaune que les alcalis colorent en orange, rouge, rose ou brun jaunâtre. Ce caractère permet de les distinguer aussitôt des leucomaïnes créatiniques. Si l'on traite les corps xantliiques par l'eau de chlore avec une trace d'acide nitrique et qu'on évapore à sec, on obtient un résidu jaune, qui, exposé aux vapeurs ammoniacales, se colore en rouge orange ou en rouge sang, et qui, par la soude, prend souvent une belle couleur bleue.

7° Les corps xanthiques sont toujours beaucoup plus pauvres en hydrogène que les composés créatiniques. Ils répondent aux formules générales C"H-" ''Az"'0''ou G"H-" ^^z-^O". . . C'est que tous ces corps dérivent d'une double chaîne fermée contenant deux résidus de guanidine, ou de guanidine et d'urée, unis par trois atomes de carbone'.

\. Voir mon Cours de chimie, t. III, p. 190. E. Fischer, rapprocliauL avec raison les corps xanthiques des uréïdes, donne les formules de constitution suivantes :

AzH - CAzH

\ Il / CO CO CAzH^

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