I A II — CO
AzII — C : Az \
COC/
AzH /
CO
Az// — CH
Xanlhiiie
(CI13)A2— c:az
HAz
CO C-Az(CH3)
en
Théobromine
CO
Acide uriqiic
J'attribue à ces mêmes corps les formules de constitution :
Az(CH3) — CAz(CH3)\
(CH3)Az — C:Az
CO C-Az(CH3) / Il
(CH3).\z— en
Caféine
AzH— CO CO CH-AzHCAz AzH — CO
Acide urique
AzH — C AzH \ CO C CO AzH-CAzH/ Xanthiiie
CO
Lu
CO
— CazH Théobromine
iCH3^Az-C-.\z^CH3)
' I II CO c
(CH3)Âz — C-AzH ^
Caféine
L li U C 0 A J A ÏN li s X A [N r 11 1 U U E S .
Suivant Kossel, tous les corps xanlhiqiies dériveraient des nucléoalbumines que l'on trouve dans le noyau de toutes les cellules animales ou végétales, dans les bactéries, les levures, le jaune d'œuf, le sperme, le lait, etc., substances riches en azo.te et en phosphore, et qui se décomposent par le suc gastrique en peptones et substances indigestibles propres ellesmêmes à se dédoubler, par l'eau bouillante acidulée, en acide phosphorique, acides nucléïniqiies et composés xanthiques.
Nous n'avons pas à faire ici l'histoire des composés nucléïniques. Nous dirons seulement que les nucléoalbumines et les nucléïnes diffèrent suivant l'organe dont on les extrait. Celles de la levure donnent un acide nucléïnique d'où dérivent, avec départ d'acide phosphorique, de la guanine et de l'adénine; celles du testicule donnent le même acide avec de l'adénine, de la xanthine et de la sarcine; tandis que celles du thymus ne fournissent uniquement que de l'acide phosphorique et de l'adénine.
Il est certain que les nucléïnes donnent ainsi en se détruisant dans l'économie, ou in vitro, des composés xanthiques, mais il ne me paraît pas démontré que ceux-ci ne puissent avoir pour origine d'autres principes que les nucléoalbumines.
Les bases xanthiques appartiennent au règne végétal comme au règne animal.
Adéiiiiie : G^R'AzK
L'adénine fut découverte en 1885 par Kossel'. Elle s'extrait de tous les tissus végétaux ou animaux jeunes, aptes
1. Zeilsckr. f. phijsiolog. Chem., t. X, p, 2^8, et Bitll. soc. chim. (3), t. III, p. 239, et t. VIII, p. 636, 6o8 et 878.
LES LEUCOMAÏNES.
à proliférer et contenant des nucléoalbumines. L'acide nucléïnique qui en provient, lorsqu'on le traite convenablement, en fournit environ un demi pour cent. Kessel fait toutefois observer que la nucléïne du jaune d'oeuf non couvé et celle du lait, ne donnent que des traces d'adénine et de xanthine. On extrait généralement l'adénine de la rate, des reins, du pancréas, des ganglions lymphatiques, du foie, des noyaux cellulaires, du pus, des urines leucocythémiques; mais le thymus de veau fournit une nucléïne qui, par son dédoublement donne uniquement de l'acide phosphorique et de l'adéine. Schindler en a extrait jusqu'à 0,18 pour cent.
Le sperme, les nouvelles pousses des végétaux, les jeunes feuilles, la levure de bière, les bactéries, etc., en fournissent aussi. Elle est presque toujours accompagnée de guanine. Elle se confond avec cette substance dans presque toutes ses réactions. On ne rencontre pas d'adénine dans l'extrait de viande. Pratiquement c'est des tissus glandulaires, qu'on la retire, d'où son nom (aS-iiv glande).
L'adénine paraît être unie, dans le noyau des cellules, à l'acide phosphorique et à un albuminoïde formant ainsi une combinaison analogue à la lécilhine, ou mieux; au protagon, combinaison que détruisent les acides. La chromatine des noyaux est probablement une combinaison analogue.
Pour la préparer Kossel s'adresse aux tissus des grosses glandes : soixante-quinze livres de pancréas de boeuf sont broyées avec deux cents litres d'eau contenant un demi pour cent d'acide sulfurique. Après deux ou trois heures d'ébullition,on sature l'acide sulfurique par la baryte, on exprime dans des linges, on filtre, et l'on évapore dans le vide à dO ou 60". Le filtratum réduit au dixième de son volume, est
LEUCOMAÏNES XANTHIQUES.
alcalinisé par de l'ammoniaque et traité par le nitrate d'argent ammoniacal'. Le précipité qui se dépose très lentement, et qu'on doit conserver à l'obscurité, est décanté, lavé, essoré sur des plaques de biscuit ou de plâtre, enfin dissous à chaud dans l'acide nitrique de densité 1 ,1 additionné d'un peu d'urée. En filtrant, l'adénine se dépose par refroidissement à rétat de sel double argentique mêlé de guanine et d'hypoxanlhine. Le dépôt lavé est décomposé sous pression par l'hydrogène sulfuré; on filtre encore, concentre, et traite le résidu par de l'ammoniaque sans excès et en vase ouvert; à mesure que l'ammoniaque s'évapore l'adénine et la guanine se déposent tandis que la sarcine reste dissoute. On reprend la partie ainsi devenue insoluble par de l'acide chlorhydrique chaud; la liqueur acide laisse cristalliser d'abord du chlorhydrate de guanidine, et le liquide filtré donne des cristaux de chlorhydrate d'adénine. On sépare le mieux possible ces cristaux de ceux de guanine qui peuvent encore se former, on redissout dans l'eau et on précipite en saturant exactement avec de l'ammoniaque. On purifie enfin définitivement l'adénine en la faisant passer à l'état de sulfate qu'on obtient sous forme de jolis cristaux très purs qu'on décompose par la baryte ^
1. c'est là où commence la difOculté. Ce précipité argentique ne se dépose qu'avec une extrême lenteur dans ce milieu épais et se réduit en partie. Eu fait on le sépare très difficilement. Il vaut mieux, pensonsnous, précipiter la liqueur par le sous-acétate de plomb, filtrer, concentrer et ajouter du bichlorure de mercure eu présence d'un peu de carbonate sodique. Le précipité nouveau qui se forme mis en suspension dans l'eau et privé de plomb par tPS, donne une liqueur qu'on peut alors précipiter comme ci-dessus par le nitrate d'argent ammoniacal; la suite du traitement se poursuit comme il est dit au texte.
2. On peut encore séparer l'adénine de la sarcine en transformant ces bases en nitrate. En concentrant les solutions, la sarcine se dépose à l'état libre, son nitrate se décomposant par évaporatiou, tandis que celui
LKS LEUCOiMAÏNKS.
Un des meilleurs moyens pour se procurer l'adéuine consiste à l'extraire des infusions de llié concentrées qui peuvent en renfermer plusieurs grammes par litre.
L'adéninc répond à la formule GHVAz\ 3H-0. Elle se déshydrate à iOO^ Elle forme des cristaux transparents d'aspect rhombique, en réalité hexagonaux, souvent très longs. Ils sont solubles dans '108G p. d'eau. Leur solution est neutre aux papiers. Ces cristaux se dissolvent aussi dans l'alcool et dans l'acide acétique cristallisable. L'adénine entre en solution dans les alcalis, moins facilement dans l'ammoniaque, qui permet cependant de la .séparer de la guanine qui reste insoluble, f^a sarcine est au contraire beaucoup plus soluble dans l'ammoniaque. L'adénine est précipitée à l'état anhydre de ces dissolutions alcalines par les acides acétiques ou carboniques. Les acides forts la redissolvent. Elle est peu soluble dans le carbonate sodique.
A 220" l'adénine commence, sans fondre, à se sublimer en aiguilles plumeuses. Vers 270° elle émet de l'acide cyanhydrique. Chauffée à 200° avec la potasse, elle donne beaucoup de cyanure de potassium. Si ou l'évaporé en présence d'acide nitrique et si l'on reprend le résidu par de la soude, il ne se fait pas de coloration jaune orangée. L'adénine résiste assez bien aux oxydants, aux acides et aux alcalis.
Ni le ferrocyanure, ni le ferricyanure de potassium ne précipitent les solutions de cette base. Le chlorure ferrique les colore en rouge intense. Cette coloration persiste à chaud.
d'adéuiiie, qui est une base plus l'oi'Le, reste dissous. On peut encore précipiter l'adénine de la solution neutralisée de son nitrate par un excès de picrate sodique. Le picrate d'bypoxantlunc irés soluble reste en solution.
LEU COiM AÏN KS X ANTII i Q U KS .
Le sulfate de cuivre donne avec elle un précipité amorphe d'un gris Lleuâtre qui paraît être peu homogène; ce précipité est soluble dans l'ammoniaque, les acides étendus et les alcalis. Ses solutions alcalines laissent déposer de l'oxyde de cuivre lorsqu'on les chauffe.
Les sels d'adénine précipitent par l'eau de baryte, mais non par l'acétate de plomb neutre ou basique. Ses solutions alcooliques donnent avec le chlorure de zinc un précipité soluble dans un excès d'ammoniaque, et avec le chlorure mercurique une combinaison insoluble même à chaud; le chlorure de calcium lui-môme fait naître un précipité qui se redissout quand on chauffe. L'adéninate argentique est peu soluble dans l'eau et dans l'ammoniaque. Le précipité que le nitrate d'argent forme à chaud dans la solution ammoniacale d'adénine répond à la formule GMi^AgAz". A froid il a pour composition C^H''AgAz", Ag"0; avec le nitrate d'argent en excès, l'adénine donnerait un précipité de formule G^H^Az^ AzO^Ag. La précipitation d'une liqueur par une solution ammoniacale de nitrate d'argent entraîne complètement toute l'adénine.
Le chloro}?ie?'curate d'adénine (C^IP Az'')^HgGl^ précipite quand on ajoute une solution concentrée de sublimé à une dissolution bouillante d'adénine. C'est une poudre fine, granuleuse, soluble à chaud dans II Cl étendu. A froid on obtient le précipité C' H* Az" Hg' GP.
Le sulfate d'adénine forme de beaux cristaux, assez solubles dans l'eau chaude, répondant à la composition (G'^ Az'^)^, SO*FP, 211^0. Le chlorJujdrate est cristallisé; il se dissout dans 42 p. d'eau. Le nitrate G°IPAz%AzO'H + VSH^'O est en aiguilles étoilées solubles dans 110 -p. d'eau.
Voxalate est peu soluble. Lq picrate s'obtient en versant une solution de picrate de sodium dans du chlorhydrate
LES LKUCOMAÏNES.
d'adénine. C'est un précipité d'un jaune clair, peu soluble, cristallisant dans l'eau bouillante, répondant à la composition G'R' Az\C'lV Az'0\nH). Il se déshydrate à 100». Le picrate de soude permet aussi de séparer l'adénine de la sarcine dont le picrate ne précipite pas'.
Le chloroplatinate répond à (G"^H''Az% II Gl)^ PlGl'*. Il est en petites aiguilles jaunes cristallisées. Bouilli avec de l'eau, il se change en une poudre jaune répondant à G'^ir Az^HGl,PtG^^ Le chloromercurate d'adénine se précipite à chaud en flocons de composition G4PAz^HgGl^
Ghauffé au bain-marie, après acidulation, avec du nitrite de potassium, le sulfate d'adénine se change en sarcine : si Ton porte le mélange à l'ébullition, et qu'on ajoute de l'ammoniaque en excès et du nitrate d'argent ammoniacal, il se fait un précipité qui repris par l'acide nitrique chaud, donne par refroidissement, des cristaux d'adénine argentique, lesquels décomposés par l'hydrogène sulfuré, donnent la sarcine en quantité théorique {Kossel) :
G='I-PAz"+AzO^H = H20-hAz2+C/H'Az*0
Adénine Sarcine
Chauffée à 1 80'' avec douze fois son poids d'acide chlorhydrique (d=l,19) l'adénine se décompose exactement en ammoniaque, glycocolle, acide carbonique et acide formique : G' H' Az^ -h 8 0 = 4 Az H' 4- GO^ + C^' H"* Az 0^+ 2 GH^ 0==
Adénine Glycocolle . Acide formique
Avec l'acide chlorhydrique dilué ou l'acide iodhydrique concentré, l'adénine, un peu au-dessus de 190°, s'hydrate et s'oxyde à la fois en formant de l'ammoniaque : C»H'Az«-h5H''0-f-bO = 5CO^+5AzH='
1. BRiiHNS, Bull. soc. chim., t. V, p. 281. Toutefois, d'après Kossel, le picrate serait assez soluble.
LEUCOMAÏNES XANTHIQUJSS.
Si on la fait bouillir avec du zinc et de l'acide chlorhydrique, elle donne un produit très instable qui rougit à Fair et laisse définitivement une matière rouge brun insolul)le ayant les plus grandes analogies avec Tacide azulmique. L'hypoxanthine donne la même réaction.
L'un des atomes d^hydrogène de l'adénine peut être remplacé par des radicaux métalliques ou alcooliques. On connaît des métkyl-, éthyl-, acétyladénines.
Si sur de la bromadénine C^H'^BrAz^ on fait agir du chlore en présence de l'eau, on obtient de l'acide o'xalique, de l'urée et de l'alloxane. De la formation de ce dernier produit on doit conclure que l'adénine contient une chaîne de trois atomes de carbone unis entre eux (G-G-G), et à deux atomes d'azote*. Notre formule de constitution
^AzH-C-AzH^
GH . C c : AzH répond à ces observations, aussi Az -C-AzH^
bien d'ailleurs que la formule
\Az— C .C:AzH.