‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 68 sur 213 · Bericlile deulsch. chcm. (iesel, t. XXIII, p. 22o · texte numérisé non relu

Bericlile deulsch. chcm. (iesel, t. XXIII, p. 22o

LEUCOMAÏNES XANTHIQUES.

nine, la xanthine, etc., du dédoublement de nucléïnes spéciales et se rencontre partout où il y a rapide prolifération cellulaire. Scliûlze et Bosshard, en 1886, ont extrait des vesces, du trèfle, de l'ergot, une base, la vernine, répondant à la formule C'« IP» Az* 0^ que l'acide chlorhydrique étendu dédouble en donnant de la guanine.

Pour obtenir cette base on épuise le guano avec un lait de chaux tant que les liqueurs restent colorées; le résidu est repris plusieurs fois par une solution bouillante de carbonate sodique; les lessives sodiques sont additionnées d'acétate de soude, puis d'acide chlorhydrique en léger excès. L'acide urique et la guanine se précipitent lentement; On lave ce précipité à l'eau acidulée, et on le traite par l'acide chlorhydrique bouillant; la solution filtrée et concentrée fournit le chlorhydrate de guanine. On en précipite la base par l'ammoniaque; on la redissout dans l'acide azotique bouillant qui détruit ce qu'elle peut encore contenir d'acide urique; l'azotate de guanine cristallise par refroidissement. L'ammoniaque en précipite la guanine.

C'est une poudre blanche, amorphe, peu soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Elle se dissout facilement dans les acides, très difficilement dans T'ammoniaque. Elle forme avec les acides concentrés des sels définis mais instables. Le chlorhydrate G'H'Az'*0,HGl+H'0 est en fines aiguilles. Il perd son eau à 100" et son acide chlorhydrique à 200°. Il forme avec le chlorure de platine un chloroplatinate cristallisé, jaune orange, peu soluble,

II' kz' 0,H Cl, Pt Cl* -f- 2 IP 0.

Le chlorure de mercure donne le précipité insoluble (C''H''Az''0,HCl)^HgCP+H-0.

Le sulfate est en longues aiguilles jaunâtres que l'eau décompose en en séparant la base à l'état d'hydrate.

Le picratfiy peu soluble, se forme bien quand on ajoute une solution saturée d'acide picrique à une solution chaude et acidulée de guanine. Il se présente en écailles jaunes qui se dissolvent, puis se reprécipitent en cristaux acidulés. Le ferrocyanure de potassium donne aussi un précipité d'aiguilles cristallines. L'acide azoteux transforme la guanine en xanthine :

OWk7^ 0 + AzO-II = k7? + I-PO + G^-P Az^ 0==

Guanine Xanlhine

La guanine résiste à l'oxydation par l'acide nitrique chaud; mais traitée par un mélange de chlorate de potasse et d'acide chlorhydrique, elle donne de l'acide parabaniqne, de l'acide carbonique et de la guanidine :

H» Az" 0 + 0 + 0=» = CH^\z' + IP Az^ 0=» + CO^

Guanine Guanidine Acide parabaniqne

Il se fait en même temps une petite quantité de xanthine [Strecker) et d'acide oxalurique. Cette transformation correspond point par point à celle qui, par l'oxydation de l'acide urique, donne de l'acide carbonique et de l'acide parabaniqne.

La guanine s'unit aussi aux bases. Ses solutions dans les alcalis, ou l'eau de baryte bouillante, lorsqu'on les traite par l'alcool laissent précipiter des guaninates cristallisés.

Lorsqu'on ajoute du nitrate d'argent à une solution de guanine on obtient un précipité G=^I-FAz'0, AzO'Ag. On produit de même les composés peu solublesG'*H''Az^O, HgCl-, 3/2 H^O. ■ La guanine additionnée d'acide nitrique, évaporée, puis mêlée d'un peu de potasse et évaporée cette fois à sec,

LEUCOMAÏNKS XANTIIIQUKS. -^^J

donne la belle coloration indigo que la xantliine produit dans les mêmes conditions.

La guanine ne paraît pas douée d'action toxique; elle traverse l'économie en s'y transformant en partie en acide urique et en urée.

Pseudoxanthine : C*H^Az^O.

La pseudoxanthine a été découverte par l'auteur de cet Ouvrage dans le tissu musculaire où elle existe à côté de la créatine, de la sarcine et des xanthocréatinine et crusocréatinine.

Lorsque, après avoir précipité, par ralcool à 95° cent., l'extrait ou le bouillon de viande concentré dans le vide, on évapore de nouveau la solution alcoolique, si Ton reprend par l'alcool fort le résidu qu^elle abandonne, Téther précipite de cette nouvelle solution les diverses leucomaïnes musculaires ci-dessus étudiées, leucomaïnes longtemps confondues avec la créatine (Voir page 217). Les eaux mères de ces cristaux, bouillies avec l'acétate de cuivre, donnent un précipité qu'on lave et décompose à chaud par l'hydrogène sulfuré. En filtrant la liqueur bouillante on obtient par refroidissement un précipité formé de grains microscopiques cristallins hérissés de pointes. Cette substance, fort peu solublc à froid, se dissout dans l'acide chlorhydrique et donne un chlorhydrate qui cristallise comme celui de sarcine en forme de pierres à aiguiser à faces courbes ou en prismes trapus souvent associés en étoiles. Gomme la sarcine et la xanthine, cette base se dissout aussi dans les liqueurs alcalines.

LES LEUCOMAÏNES.

La solutiun aqueuse de ce corps donne à froid, par le clilorure de mercure un précipité très soluble dans l'acide clilorliydrique; elle précipite par le nitrate d'argent un pseudoxanthate gélatineux. Elle ne précipite pas par l'acétate de plomb, mais seulement par l'acétate ammoniacal.

Traitée par l'acide nitrique, évaporée, puis reprise par la potasse très diluée, la pseudoxanthine développe une belle couleur orangée.

Ce corps jouit de la plupart des proi)riétés physiques et chimiques de la xanthine avec laquelle il a dû souvent être confondu; de là le nom de pseudoxanthine que je lui ai donné.

Lorsqu'on oxyde l'acide urique par l'acide sulfurique concentré on obtient, en même temps que de l'acide hydurilique et du glycocoUe, une substance amorphe peu soluble, à laquelle Behrend et Schultzen qui l'ont découverte ont aussi donné le nom de pseudoxanthine. Il ne faut pas confondre cette dernière substance avec celle que je viens d'étudier et que j'ai extrçiite des tissus musculaires.

Sarcine ou hypoxanthine C"n*Az''0.

Cette substance dont nous ne ferons ici qu'une description sommaire (la plupart des auteurs la décrivant suffisamment) a été découverte dans la rate par S^herer et dans les muscles par Strecker. On en trouve des traces dans les urines humaines [Salomon). Elle accompagne l'adénine et la guanine dans les tissus et les glandes des animaux, sauf dans le pancréas et le thymus oii l'adénine seule semble exister. On l'a rencontrée dans le sang de leucocythémiques, dans le cerveau, le sérum, le cœur, les testicules, la laitance de poisson; on la trouve aussi dans

LEUCOMAÏNES XANTHIQUES.

les jeunes pousses des végétaux, dans le pollen, en diverses graines, dans la levure, etc., et en général, dans tout tissu riche en nucléïnes. Elle se produit durant la putréfaction de la levure, de la fibrine ou de Tadénine

G" H'' Az^ + 0 = G»H*Az*0 + Azir.

Suivant Salomon et Ghittenden, la sarcine se formerait encore lorsque la fibrine est mise à digérer avec les sucs gastriques et pancréatiques, ou lorsqu'on la chauffe avec de l'eau acidulée, ce qui s'explique sans doute par la décomposition de nucléoalbumines.

Il est possible que dans l'organisme la sarcine provienne en partie de la guanine qui en s'oxydant donne la sarcine, la xanthine et Tacide urique. On sait qu'elle peut dériver aussi de l'oxydation de la carnine. Nous avons vu qu'il est facile de transformer l'adénine en sarcine par le nitrite de soude qui permet de remplacer AzH par 0. Nous rappellerons enfin que l'hydrogénation de l'acide urique donne encore de la sarcine.

On peut préparer cette base en partant des urines ou de l'extrait de viande'. Après qu'on a obtenu les nitrates d'adénine et d'hypoxanthine (voir p. 2b 1 Adénine), on neutralise presque la solution, et on la précipite par le picrate de soude en léger excès. Le picrate d'adénine se sépare en flocons jaunes clairs ; celui de sarcine reste dissous. On ajoute alors dcins la solution bouillante du nitrate d'argent jusqu'à décoloration, et l'on obtient le précipité picroargeutique C/' W Ag Az*0, G« R- ( Az 0=^)' 011 qui peut même servir à doser la sarcine ; on décompose ce précipité par H Gl et l'on enlève l'acide picrique à la liqueur par l'éther. Le

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