Voir la Note, p. 12S
AMIiNES-AClDES.
et nous ne faisons, pour ainsi dire, que rappeler ici leurs noms. Ce sont :
Le glycocolle G4P(AzrP)0'. Il a été trouvé en grande ({uanlité dans la moule comestible et chez quelques mammifères. S'il ne se rencontre que dans quelques rares cas dans l'organisme humain, c'est qu'il n'y peut rester libre : une partie s'unit à l'acide benzoïque qu'apportent beaucoup d'aliments végétaux ou qui résulte peut-être en petite proportion de l'oxydation des albuminoïdes et de quelquesuns de leurs dérivés (tyrosine) ; cette portion s'échappe par les urines à l'état d'acide benzoylyamidoacétique ou acide hippurique ; une autre partie contribue à former l'acide gjycocholique, acide biliaire rejeté par le foie; une autre enfin est changée en ammoniaque, urée et acides oxygras.
On rappellera qu'il se fait du glycocolle lorsqu'on traite l'acide urique C°H''Az'*0' par l'acide iodhydrique :
G'Wki'O^ + 3HI + SH^O = C^H^AzO^ + 3AzH''I + 3G0^
La sarcosine est du méthylglycocolle GO^H • Gff • Az (GlrF)H. Elle ne se rencontre pas dans l'économie, mais on peut la dériver de la créaline qui, par l'hydratation, se change en sarcosine et urée.
La leucine G®H"AzO^ ou acide amidocaproïque, a été trouvée dans la glande thyroïde, le thymus, les glandes lymphatiques et salivaires, le cerveau, mais surtout dans le pancréas, le pus, le sang des leucocythémiques. On l'a rencontrée aussi dans celui des veines porte et sus-hépatique au cours des affections du foie. On l'a signalée dans la chrysalide du sphinx, chez les arthropodes, les écrevisses, etc.
La bulalamine, ou acide amidovalériqae GO"I-I'G'''H*' (AzH^), a été trouvée dans les produits de la digestion pancréatique, dans le pancréas lui-même, dans la levure de bière, etc.
LES LEUCOMAÏNES.
Ces deux derniers amides semblent, comme les autres acides amidés gras, provenir de la dislocation des groupes fondamentaux qui, d'après M. Schutzenberger, entrent dans la constitution des albuminoïdes :
\ A m rn A / CO-CHP-CH^ AzH- .... , ^..^^ /Az.CO-CO.Az^ C0.C3H«.ClP.AzH +^"^ =
Groupe empiunio à la molécule d'albumine
CO / Az 011 . CO • C/ ll« . Cil- . AzH-
' kt^ nH.C0.CMl«.CH--AzH2
Radical oxamique Glycocolle el butalanine
La tyrosine CH^'AzO^ ou acide paroxyphenyl-t-amido-
jjropionique ^ /^Q|^2.Qfj / ^ est un composé doué
à la fois de fonctions acides et basiques faibles. Elle se produit chaque fois que les matières albuminoïdes sont soumises à une puissante hydratation, en particulier, sous l'action des ferments digestifs. On la trouve, accompagnant la leucine et d'autres acides amidés, dans le foie, la rate, le pancréas, le sang des veines sus-hépatiques (fig. 9). On l'a signalée chez les arthropodes et dans la cochenille.
Il n'est presque pas douteux qu'on doive la rencontrer aussi dans le règne végétal. En tous
cas, on a signalé un homologue de la tyrosine, la i^atanhinc G'OH^AzO' dans le ratanhia.
„ „ „ . Ladescriplion de la tyrosine est
Fig, 9. — Tyrosine. "
donnée par tous les auteurs classiques; je ne la répéterai donc pas ici. Son chlorhydrate est cristallisé, très acide, dissociable par l'eau. On a pu préparer un chloroplatiiiatc de tyrosine déliquescent.
AMINES-ACIDES.
La tyrosine ne paraît pas avoir d'action physiologique sensible.
La taurine G' ir Az SO^ (ou amidc éthylénosullureux)
CMI^ iouit aussi de propriétés faiblement basiques.
On la rencontre toute formée dans les poumons, le foie, la rate, les muscles des mollusques, les reins de la raie, l'urine du bœuf, les matières fécales, etc., mais toujours en petite quantité, quoiqu'elle se produise un peu partout dans l'économie. Elle disparaît, en effet, sous forme d'acide taurocholiquequi s'écoule par la bile dans Tinteslin. D'aulre part, uDe partie de la taurine se convertit dans l'économie
en acide iséthionique CMi'' ^ ogQspi ^^^^^ taurocarbamique Az== S 0\
L'acide kt/mirénic/ue G^^'R'' Az^'0\ WO est monobasique ; il fut découvert par Liebig dans l'urine de chien. C'est encore un corps à la fois acide et basique. Lorsqu'on le distille avec de la poudre de zinc, il donne de la quinoléine, ce qui en fait un acide carboxyquinoléique C^H^Az (G O^H) (OH). Il cristallise en aiguilles soyeuses, solubles dans l'eau. Il peut s'unir aux acides pour former des sels.
L'acide urocanique a été rencontré par Jaffé dans l'urine des chiens bien portants. Il répond à la formule G'^H^^^z^O*, 4H^0. Il forme des aiguilles presque insolubles dans l'eau froide, fusibles à 212% dédoublables un peu au-dessus de cette température, en acide carbonique et urocanine C"H<"Az'0, base fortement alcaline et fluorescente.
Nous pourrions enfin ajouter à cette énumération rapide les acides uramiques qui, d'après E. Salkowsky, résultent de l'union, dans l'économie, des éléments de la carbimide GOAzH (différant elle-même de l'urée par AzIP en moins
LES LEUCOMAÏNES.
aux acides amidés, tels que le glycocolle, la taurine, la sarcosine, etc., soil directement, soit avec élimination d'eau; et l'acide carbamiquc ou plutôt le carbamate d'ammoniaque, que Nencki a signalé dans le sang après l'opération dite de la fistule de Eck, qui a pour effet de faire directement passer le sang de la veine porte dans la veine cave, sans que ce sang traverse le foie. Le carbamate d'ammoniaque est très vénéneux : introduit dans la circulation, il produit l'incapacité des mouvements volontaires, l'assoupissement, la maladresse. A doses plus élevées, l'animal titube; il perd la vue; il est atteint d'excitations brusques, de catalepsie, d'insensibilité, de convulsions avec dilatation des pupilles, enfin de mouvements tétaniques et d'arrêt de la respiration. Les carbamates introduits par l'estomac ne produisent pas ces effets, à moins que l'animal n'ait subi l'opération de la fistule de Eck; dans ce cas, les phénomènes d'intoxication par ces composés se manifestent.