Bull, de la soc. des médecins russes, 7 fév
2. R. Wurtz, Thèse de doctoral en médecine, Paris 1889. Ce travail a été fait dans mon laboratoire.
LEUCOMAÏNES INDÉTERMINÉES.
noirâtre qu'on exprime dans de la loile neuve lavée à l'eau bouillante. Sous l'influence de la pression, il s'écoule un liquide rougeàtre ou couleur chair. La liqueur aqueuse est distillée dans le vide à 60°. Le résidu sec est repris par de l'alcool absolu qu'on laisse plusieurs jours au contact de cette poudre en la soumettant de temps en temps au broyage. L'alcool étant distillé, il reste un nouveau résidu qu'on reprend encore une fois par de l'alcool absolu froid. Il s'empare entre autres produits des oxalates des bases. On distille encore, on sature le résidu par de la chaux éteinte et l'on reprend par l'eau. A cette solution aqueuse, qu'on mélange de son volume d'alcool, on enlève par l'acide oxalique un peu de chaux qui s'était dissoute, on concentre, puis on ajoute du carbonate de potasse tant qu'il se fait un précipité. La liqueur agitée avec de l'alcool amylique pur, lui cède une matière rouge orangée très alcaline. L'épuisement subséquent de cet alcool avec de l'eau légèrement chlorhydrique lui enlève les bases dissoutes. L'évaporation de la liqueur aqueuse acide laisse un chlorhydrate qui cristallise en rosaces et en houpes. Le chloroplatinate correspondant, de forme octaédrique, répond à la formule G^H'^Az^, •2 H Cl, PtCl'+H'O. Il est médiocrement soluble. Le chloraurate peu soluble se réduit rapidement. Le chloromercurate est insoluble.
L'auteur propose, sous toutes réserves, la formule de constitution :
\A/.H ^'\azH-CIF-AzIF
formule où l'on voit apparaître à la fois le groupe caractéristique des guanidines, une chaîne G H «G FF • G apte à se détacher à l'état d'acide lactique en s'oxydant, et un groupement
LES LKUCOMAÏNES.
AzlI-ClP. Az IP pouvant donner par liydralalion de la mé- Ihylamine, de l'ammoniaque et de l'urée. Il suffirait d'oxyder ces différents groupes et de fermer les chaînes latérales en les réunissant par la chaîne centrale à trois atomes de carbone pour obtenir des corps de la série xanthique.
Gomme il fallait s'y attendre, étant donnée son origine, l'aclion physiologique du chlorhydrate de cette base est peu marquée. Chez les grenouilles et les cobayes elle ralentit légèrement le rythme respiratoire. Une très faible quantité placée sur le cœur de la grenouille diminue, puis arrête complètement ses battements, le cœur en systole; la respiration devient irrégulière, puis s'arrête; l'animal ne répond plus aux excitations. Il suffit d'une trace de chlorhydrate placé sur le cœur pour tuer l'animal en trente à soixantequinze minutes. Une dose de 5 milligrammes sous la peau ne produit aucun efïét sensible. Les cobayes ne paraissent rien éprouver de l'injection sous-cutanée de 3 centigrammes de chlorhydrate de plasmaïne.
Lorsque, dans la préparation de la plasmaïne, après épuisement par l'alcool du bouillon de sang desséché à basse pression, puis évaporation du dissolvant, on reprend le résidu par de petites quantités d'alcool à 95° centésimaux, si l'on vient à précipiter cette nouvelle solulion par un grand volume d'éther, il reste dans la solution éthéroalcoolique ainsi obtenue une nouvelle base. Pour l'extraire, on évapore cet éther alcoolique, on ajoute au résidu de l'hydrate de chaux en poudre et l'on agite avec de l'alcool amylique pur. L'épuisement de ce dissolvant avec de l'eau très légèrement chlorhydrique dissout une substance, qui par évaporation laisse un chlorhydrate cristallisant en prismes courts disposés en croix. Le chloroplalinate est
LEUCOMAÏNES DE CONSTITUTION INDÉTERMINÉK.
formé d'aiguilles déliquescentes solubles dans l'eau et dans l'alcool; le chloraurale est lamelleux. Un milligramme injecté sous la peau d'une grenouille fait tomber, après 5 minutes, le nombre des battements du cœur de quarante à ^7ingt. L'excitation musculaire reste normale. Sur une grenouille de 25 grammes, 2 milligrammes de la même base suffisent à tuer l'animal ; ils arrêtent complètement le cœur en 23 minutes.
Cette seconde base n'a pas été analysée. Peut-être se confond-elle avec la névrine ou la clioline.
La proportion de ces leucomaïnes dans le sang de bœuf normal ne dépasse pas 3 grammes par 100 litres.
Protamine G""1P'^ Az»0".
La protamine a été découverte en 1874, par Miesclier, dans la laitance mûre de saumon où elle paraît combinée sous forme de nucléïne. La laitance de carpe et le sperme de taureau n'en contiendraient pas.
Pour l'extraire, la laitance de saumon recueillie en décembre, débarrassée par l'alcool de ses corps gras, de sa lécitliine et de sa choléstérine, est mise à digérer durant six heures, en agitant souvent, avec de l'acide chlorliydrique à 1 7o- Tout d'abord les traitements par l'eau acidulée n'enlèvent que du chlorhydrate de protamine; de la sarcine, de la xanthine, et de la guanine se dissolvent ensuite. Les premières liqueurs acides sont neutrahsées par la soude, et versées goutte à goutte dans une solution de chlorure de platine. Il se précipite, sous forme de grains cristallisés, un chloroplatinale insoluble dans Peau et dans l'alcool. On le lave et le décompose par S à chaud. Le chlorhydrate
LES LEUCOMAÏNES.
qui reste en solution est purifié par une nouvelle précipitation grâce au chlorure de platine.
La base peut être mise en liberté en traitant ce chlorhydrate par l'hydrate de plomb et reprenant par l'eau.
C'est une masse gommeuse, non volatile, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et dans l'éther, très alcaline. Elle forme avec l'oxyde d'argent une combinaison insoluble. D'après Miesclier ^ elle répondrait à la formule G«I-PAz»0' et d'après Picard à G'«rF'Az»0*(OII)^
Cette base est douée des caractères généraux des alcaloïdes. Son chlorhydrate est très soluble et incristallisable. L'ammoniaque ne trouble pas sa solution. L'iodomercurate de potassium, le chlorure mercurique, le ferrocyanure de potassium, la précipitent.
La protamine donne avec les solutions de nucléïne un précipité lourd, pulvérulent, globuleux. La matière ainsi obtenue, par la façon dont elle se comporte avec les réactifs, ainsi qu'avec le sel marin qui la gonfle, semble identique à celle qui forme la tête des spermatozoïdes. Elle renferme de 4 à G % de phosphore.
Leucomaïnes extraites des diverses sécrétions.
Leucomaïnes des urines normales. — On savait depuis longtemps que les urines, même normales, injectées aux animaux, surtout après concentration, produisent des troubles divers, et l'on avait supposé que dans les maladies des reins les accidents de l'urémie étaient causés par la rétention de ces substances dans le sang. On reviendra avec
1. Le produit analysé par Miescher paraît avoir été mélangé de sarcine et de guanine.
LEUCOMAÏNES A CONSTITUTION INDÉTERMINÉE
détail sur la loxicité des urines dans la Partie de cet Ouvrage. En '1882, Bocci concluait de ses expériences que l'urine humaine normale jouit de propriétés toxiques comparables à celles du curare, propriétés d'intensités variables suivant l'alimentation, le moment de la journée, l'exercice ou le repos, la pleine ou la médiocre santé.
On a longtemps cherché à définir la cause de la nocivité des urines. Leur loxicité a été successivement attribuée à l'urée, à l'acide urique, aux matières colorantes, aux substances extractives, aux sels de potasse. En 1879, G. Poucliet, dans sa thèse de doctorat sur les matières, extractives des urines, démontrait que les substances non dialysables et incristallisables des urines sont très toxiques. Il parvint à en séparer une minime quantité d'un alcaloïde dont le chlorhydrate se présente en pinceaux de fines aiguilles groupées autour d'un point. Cet alcaloïde précipitait en blanc jaunâtre le réactif de Nessler qu'il ne réduit pas, formait un chloroplatinate cristallisé en larges prismes orthorrhombiques jaune d'or, solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool; un chloraurate, en longues aiguilles jaunes très solubles dans l'eau. G. Pouchet ne caractérisa pas davantage cette base. Quelque temps après je démontrai que cet alcaloïde appartient à la classe des ptomaïnes que j'avais découvertes peu d'années auparavant. Je reconnus aussi qu'il doit être rattaché aux bases pyridiques. Il peut provenir des tissus, ou avoir été résorbé dans le tube intestinal aux dépens des matières fécales en putréfaction.
En 1884, M. G. Pouchet' reprenant ses anciennes études parvint à extraire des urines, en les précipitant par le tanin, une nouvelle substance alcaloïdique dont le chloro-