‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 9 sur 213 · DISTINCTION ENTRK LES PTOMAÏNES ET LES LEUCOMAÏNES · texte numérisé non relu

DISTINCTION ENTRK LES PTOMAÏNES ET LES LEUCOMAÏNES

contraire, les leucomaïnes se rapprochent des composés uriques ; elles appartiennent, comme on le verra, aux séries xanthique, créatinique, névrinique ; elles sont fixes et presque sans odeur.

Nous montrerons plus loin que les leucomaïnes résultent surtout de la vie anaérobie du protoplasma des cellules de l'organisme. Il serait donc bien surprenant que parmi ces bases il n'en fût pas qui se rapprochent singulièrement des ptomaïnes et même qui se confondent avec elles : en fait, les animaux produisent en petite quantité de l'ammoniaque, de la triméthylamine, peut-être de l'amylamine, de la choline, de la neuridine par dédoublement des lécithines. Les aminés acides : butalanine, leucine, acide amidovalérique, etc., apparaissent aussi à la fois dans les putréfactions des albuminoïdes et dans les tissus normaux de l'animal. Enfin, on a trouvé dans les urines et autres sécrétions des traces de ptomaïnes putréfactives; mais il est probable que ces dernières substances sont formées et absorbées dans l'intestin où elles naissent grâce à la fermentation bactérienne des résidus alimentaires.

Il serait même possible (et j'ai bien souvent appelé l'attention sur ce point) que lorsque, dans l'état pathologique, ou pour toute autre cause, l'organisme animal manque d'une partie de l'oxygène nécessaire à son fonctionnement normal, les bases qui se forment dans l'économie, même à l'abri de tout microbe, se rapprochent plus des ptomaïnes qu'à l'état de santé ; mais pour que l'identité de l'ensemble des produits formés fût atteinte, il faudrait que la cellule animale pût continuer à vivre sans air, ce qui est incompatible avec le fonctionnement des tissus.

LES PTOMAÏNES

Caractères des PtomaÏnes.

En comparant les ptomaïnes aux leucomaïnes, nous venons d'indiquer déjà leurs principaux caractères. Les ptomaïnes sont des produits doués de toutes les propriétés fonctionnelles des alcaloïdes organiques : elles s'unissent toutes aux acides pour former des sels cristallisables; aux chlorures des métaux lourds pour donner des chloroplatinates souvent insolubles, des chloroaurates peusolubles, généralement très altérables, des chloropalladites et des chloromercurates, dont plusieurs sont insolubles et cristallins. En solution fortement acide, elles précipitent toutes par l'acide phosphomolybdique ou l'acide phosphotungstique en excès ou par les sels alcalins de ces acides ' ; elles précipitent par l'iodure de potassium ioduré et presque toutes par l'iodomercurate de potassium ^ Les ptomaïnes non oxygénées attirent souvent avec avidité l'acide carbonique de l'air et se comportent comme des bases alcalines puissantes.

Beaucoup de ptomaïnes non oxygénées et volatiles, en particulier celles des séries pyridique et hydropyridique, sont douées d'une odeur tenace et légèrement fécale d'aubépine, de lilas, de seringa, de musc ; quelquefois, elles ont une odeur vireuse, nicotianique, ammoniacale ou spermatique, surtout s'il s'agit des alcaloïdes névriniques, ou des polyméthylèneamines.

Elles sont solubles dans l'éther et l'alcool, surtout dans l'alcool amylique et quelquefois dans le chloroforme.

1. Il faut éviter dans ces réactions la présence de l'acide chlorhydrique et d'un excès d'acide nitrique.

Page 1