Berlin, klin. Wochen., 1890, p. 2^41 et 2m
il. SYDNEY Martin, On Ihe chemicul prodmUs oflhe gvowth of thc bacillus anlhracis... En Proceedinrjs of the Roy. Snciel'j, 22 mai 1890 et 21» Annual Report of Ihc médical officer lo the governmcnt Doard, p. 170.
propeptones analogues par leurs caraclcrcs aux héléroalbumoses, proloalbumoses el deuléroalJjumoses de Kliiine. En raison de ces caraclèrcs, ils donnèrent à ces composés vénéneux albuminoïdes le nom des loxalbiimines.
Des constatations de môme ordre, quoique s'appliquant à des poisons de tout autre origine, avaient été déjà faites, dès 1883, par les docteurs Weir Mitchell et Edward T. Reichart de Philadelphie, dans leur remarquable premier travail sur la nature des principes toxiques des venins des serpents, venins que i)ous verrons être entièrement comparables aux toxines microbiennes. Ils observèrent que les venins du serpent à sonnettes et du serpent mocassin peuvent être portés à la température de 100° sans perdre leur dangereuse activité, mais non sans subir une sensible transformation dans leur activité ; en particulier, leurs propriétés convulsi vantes disparaissent après chauffage. Pour d'autres venins, celui du crotale adamantin, par exemple, toute efficacité se perd vers 80°. Il semblait donc que ces matières altérables fussent composées de principes divers juxtaposés. Les auteurs ci-dessus cités parvinrent à extraire, en effet, de ces poisons trois substances protéiques spéciales, une peptone, une glohuLinc et une albumine ; cette dernière inoffensive, les deux premières très vénéneuses. Trois ans après, le docteur R. Norris Wolfenden, de VUniversity Collège de Londres, étudiant à peu près de même les venins du cobra capello et de la vipère, arrivait presque aux mêmes conclusions. Les matières actives du venin de cobra se composent, d'après lui, d'une globuline, d'une sérum-albumine et d'un acidalbumine, quelquefois d'une trace de peptone. La sérum-albumine tue par paralysie ascendante de la moelle, la globuline attaque les centres
NATUIlli DUS TOXINES.
respiratoires el dclruiL le pouvoir coagulant du sang, propriété que possède à un degré moindre l'acidalbumine Ces importantes observations relatives à la nature albuminoïde des venins de serpents, rapprochées de celles qui furent faites quelques années après par Ilankin sur la composition toute comparable des toxines du charbon, par Brieger et Fraenkel sur celles du tétanos, permettaient, dès cette époque, de comparer les toxines des microbes à celles des venins et de conclure de l'action et de la nature chimique des unes à celle des autres.
Lorsque, après sa découverte du bacille spécifique de la tuberculose (1882), Koch voulut connaître le poison qu'il sécrète, il fit seul d'abord, puis avec l'aide de Brieger et de Proskauer^ des recherches qui amenèrent ces savants à peu près aux mêmes conclusions que ci-dessus.
La substance principale, la toxine sécrétée par le bacille de Koch se prépare comme il suit : les cultures du microbe spécifique, faites dans le bouillon de veau glycériné à k peptonisé et très légèrement alcalinisé, sont tenues six à sept semaines à 35" et filtrées ensuite sur biscuit de porcelaine. Dans ce liquide, on verse une fois et demie son volume d'alcool absolu. Au bout de 2 heures, on sépare le précipité floconneux qui se forme et l'on ajoute à la liqueur son volume d'alcool à 60° cent. Le précipité produit est recueilli, lavé à l'alcool fort, redissous dans l'eau, repréci-
1.. Voir à ce sujet The landsmarks of snakc poisons Ulernlure, by Vincent Richards (2° édition), Calcutta, 1886, p. 159 et suiv. Je profile de cette occasion pour remarquer que V. Richards el N. Wolfenden me font dire que la matière active du veuin de cobra est alcaloïdique, tandis que j'ai fait expressément observer que, quoiiiue ce venin contienne une trace de poisons alcalins, sa partie la plus active n'est pas alcaloïdique. (V. note, p. 305.