III
Modifications fonctionnelles produites par les substances solubles du Bacillus heminecrobiopbilus.
1° Dans les manifestations générales de ces produits, auxquels l’agneau est particulièrement sensible (Arloing, certains caractères rappellent les effets de la pneumobacilline. Les accidents immédiats, consécutifs au premier contact avec le poison, sont moins marqués.
2° Les produits solubles du bacillus heminecrobiophilus agissent surtout comme des poisons diastasiques. C’est quelques heures seulement après l’évanouissement des accidents immédiats que les troubles graves surviennent : dépression nerveuse, nausées, vomissements, vaso-dilatation avec congestions viscérales généralisées.
Application et généralisation de nos résultats à la physiologie des toxines microbiennes.
1° L’action des produits précédents, surtout de la pneumobacilline, confirme le double rôle de poison et de ferment joué par les sécrétions microbiennes une fois introduites dans l’organisme par voie veineuse.
Le rôle de poison se manifeste dans la production des
effets immédiats; le rôle de ferment dans l’apparition des effets secondaires qui évoluent lentement, après une phase silencieuse ou d’incubation, de durée variable.
2° L’existence de cette période latente nettement mise en lumière pour la première fois par MM. Gourmont et Doyon avec la tétano-toxine, puis retrouvée par ces mêmes auteurs et MM. Enriquez et Hallion pour la toxine diphtéritique, est aujourd’hui encore démontrée par nos expériences ^vec la pneumobacilline. Cette substance possède, en effet, la double propriété de ferment soluble et de poison.
3° Etant donnée la diversité des produits solubles élaborés par les microbes, on peut supposer que ce ne sont pas les mêmes éléments chimiques de la masse totale qui jouent le double rôle de poison et de ferment. Dans une même sécrétion il y peut exister soit un poison direct, soit un ferment, soit l’un et l’autre de ces agents.
4° Cependant s’il y a lieu d’admettre que les accidents secondaires, consécutifs à la phase d’incubation, résultent de sécrétions anormales par perversion nutritive des cellules de l’organisme au contact du ferment, on peut supposer aussi que la masse de toxine injectée possède une action dans la production des poisons élaborés ultérieurement.
L’indication de cette particularité se trouve dans ce fait que certaines toxines à action fermentative semblent agir un peu proportionnellement à la dose injectée (toxine diphtéritique, Courmont et Doyon; pneumobacilline, expériences ci-dessus).