CONCLUSIONS
L’étude expérimentale des trois produits solubles particulièrement décrits dans ce travail, et les considérations générales découlant naturellement des faits spéciaux observés, justifient la division de nos conclusions en quatre paragraphes.
Modifications fonctionnelles produites par les substances solubles du Pneumobacillus liquefaciens bovis.
1° D’une manière générale, d’après l’étude des troubles circulatoires et des lésions qu’elle détermine, la toxine du jpneumobacillus liquefaciens bovis se distingue des autres par un pouvoir vaso-dilatateur considérable.
De ce côté, elle ne le cède en rien à la toxine cliphtéri—
tique, étudiée au même point de vue MM. par Courmont et Doyon. Gomme cette dernière, elle détermine très rapidement des lésions congestives, inflammatoires et hémorragiques des viscères, particulièrement de l’intestin qui, chez les animaux injectés est rempli de sang presque pur et incoagulé. Toutefois la pneumobacilline ne produit pas, comme la toxine diphtéritique, une prolifération aussi abondante des cellules épithéliales, ni une entérite aussi prononcée.
2° Tous les animaux domestiques y compris le chien, malgré son immunité naturelle presque absolue au virus de la péripneumonie, bien démontrée par M. Arloing, éprouvent les effets généraux des produits solubles du pneumobacillus liquefaciens bovis.
Cependant il existe des degrés dans leur sensibilité.
Nous avons observé, après M. Arloing, la susceptibilité toute spéciale du bœuf, dont les troubles respiratoires et nerveux sous l’influence du poison, sont autrement plus intenses que chez le chien.
3° Dans le détail, les manifestations physiologiques et toxiques déterminées par les produits solubles du bacillus liquefaciens bovis se divisent assez nettement en trois phases :
a) Une série d’accidents immédiatement ou presque immédiatement consécutifs à la première injection intraveineuse : troubles vaso-moteurs et cardiaques, hypotension artérielle, altération du rythme respiratoire, hypersécrétions glandulaires diverses, vomissements fugaces ou état nauséeux, excitation motrice des fibres muscu-
laires lisses, dépression nerveuse, tendance au sommeil et narcose apparente.
Gliez les sujets particulièrement sensibles à l’action de la pneumobacilline, comme le bœuf et la chèvre (Arloing), ou si la dose est suffisante, ces premiers accidents peuvent être assez rapidement mortels. Ceci, toutefois, est rare.
b) Les premiers accidents s’atténuent progressivement et assez vite, pour faire place à une période de calme plus ou moins complet, pendant laquelle l’animal semble rétabli ou marcher vers le rétablissement. Cette période silencieuse, d’importance et de durée variables, ne représente habituellement qu’un intervalle de repos relatif séparant la première phase de la seconde.
c) Quelques heures plus tard, des manifestations toxiques, ayant beaucoup d’analogie avec celles des premiers accidents, réapparaissent. Parmi les troubles qui dominent la scène, nous remarquons principalement une vaso-dilatation progressive et exagérée, des phénomènes digestifs graves, diarrhée, vomissements continus, parfois aralysies plus ou moins généralisées.
4° Les symptômes caractéristiques de chacune de ces trois phases peuvent se mélanger plus ou moins, mais cette division dans la marche de l’empoisonnement est toujours très nettement indiquée.
En se servant de produits solubles peu actifs et injectés en doses modérées, on sépare très bien ces périodes par un intervalle silencieux assez long.
Modifications fonctionnelles produites par les substances solubles du bacille de la morve.
1° D’une manière générale la malléine brute se présente comme un modificateur cardiaque, vasculaire, hypersécrétoire, nerveux. Les solipèdes sont proportionnellement beaucoup plus sensibles que les autres animaux, le chien en particulier, à ses differents effets.
2° Une injection intraveineuse détermine immédiatement l’hypersécrétion sudorale (solipèdes), salivaire (chien) et intestinale. En même temps : ralentissement du cœur avec renforcement notable de son énergie, élévation, parfois considérable, de la pression vasculaire.
3° Dans la période secondaire de l’intoxication, moins distincte de la première qu’avec la pneumobacilline, le cœur s’accélère en s’affaiblissant, pendant que la pression artérielle tombe lentement et graduellement au-dessous de la normale.
4° L’analyse des tracés apprend que l’hypertension du début doit être rapportée, en partie à, des actions vasoconstrictives, en partie au renforcement de l’énergie du
cœur*