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A L’AIDE DES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE

« C’est — dit M, le docteur Ch. Péronne — deux ou trois jours après votre première communication à l'Acaménie de médecine (commencement de juillet 1892) que j’ai eu l’occasion d’employer, avec succès, le procédé de tractions successives et rythmées de la langue, chez un nouveau-né, qui ne présentait plus le moindre signe de vie.

Obs. XXVII. — Il s’agissait d’un accouchement très naturel, sans aucune anomalie que des contractions utérines très énergiques et ininterrompues pendant toute la durée du travail, qui avait été relativement courte. Il n'y avait aucune circulaire du cordon.

J’ai été d’autant plus heureux du résultat que deux ans auparavant la jeune mère, dans des conditions d’accouchement absolument identiques, avait donné le jour à un enfant à terme et en état de mort apparente, sans qu’aucun des moyens connus jusqu’alors, insufflation, respiration artificielle par l’élévation alternative des bras et compression du thorax, frictions, tapottements, bains chauds et froids alternatifs, m’eussent permis de le ranimer...

Je me suis servi simplement de la pince à pansements de trousse. Au bout de quelques tractions, l’enfant a eu une sorte de hoquet , et la respiration s’est établie.

Comme elle faiblissait parfois, j’ai eu recours à plusieurs reprises au procédé, et l’enfant se ranimait toujours. Il est vrai de dire qu’une fois la première manifestation de vie obtenue, j’employai, simultanément les autres moyens, frictions, tapottements, bains chauds, etc.

L’enfant est aujourd’hui une superbe petite fille que ses parents eussent été dans la désolation de voir mourir, comme cela était arrivé à son aîné.»

Obs. XXVIII et XXIX.— « Depuis, j’ai obtenu deux succès aussi complets, l’un à la suite d'une laborieuse application de forceps au détroit supérieur dans un cas de bassin rétréci, mais franchissable; l’autre à la suite d’un accouchement simple très retardé par des circulaires multiples du cordon.

« Dans les deux circonstances, il n’y avait, chez le nouveau-né, aucun signe de vie. Les choses se passèrent comme dans le premier cas, et la première manifestation fut encore cette sorte de petit hoquet signalé plus haut.

« Je ne sais pas, dit en terminant M. le docteur Péronne, si le succès sera le même dans tous les cas; mais je n’hésiterai jamais, en pareil occurrence, à employer d’a bord le procédé de la langue, dont l’action me paraît plus rapide et plus sûre que toute autre,

et pendant l’application duquel l’enfant ne court aucun risque. »

Il me paraît superflu, disais-je à mon tour en communiquant ces faits à l’Académie de Médecine (29 novembre 1892), d’insister sur l’importance pratique de ces résultats, qui justifient pleinement mes prévisions, et l’appel que j’adressais, à la fin de ma dernière communication, à mes collègues, MM. les accoucheurs.

Il est juste aussi de féliciter M. le docteur Ch. Péronne de son heureuse initiative, que je m’applaudis d’avoir suggérée.

Les prévisions et l’appel, auxquels il vient d’être fait allusion, étaient suggérés par une communication précédente, d’un médecin-vétérinaire, M. E. Mutelet (de Mouillonpont, Meuse), qui venait de faire un très heureux essai de procédé de la langue dans un cas d’asphyxie de nouveau-né, chez le veau.

Voici la relation succincte, mais très instructive de ce cas, qui nous a été transmise par l’auteur, grâce à l’obligeante intervention de M. le professeur Raillet (d’Alfort), et qui est aussi consignée dans le n° 41 (15 novembre 1892) du t. IX du Recueil de médecine vétérinaire , p. 685-86 :

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