LIVRE V
Nous savons que, dans cette fête, Nous attend un petit chagrin :
Tes fils sont si beaux qu'on regrette De n'en être que le parrain.
Cependant, ami, sois tranquille, Nous saurons veiller sur leurs jours; Précaution fort inutile, Car tes Jumeaux vivront toujours.
Ils vivront pour calmer ta peine Et t'entourer de soins pieux, Lorsque l'arbuste sera chêne Et que le chêne sera vieux.
Nous voulons que l'onde divine Qui rend notre Jardin plus frais.
Coule sur leur tête enfantine, Pour qu'ils nous tiennent de plus près.
Nimes, enivré de leurs charmes, Ébranchera les verts rameaux Du palmier que portent ses armes, Afin d'en parer leurs berceaux.
Et, si quelque envieux reptile Traitait nos filleuls de bâtards, Nous dirions à monsieur Zoïle :
« Ils sont flattés de vos brocards.
« 11 est des domaines sublimes a Par vos pareils en vain rêvés ; « Là les fils les plus légitimes « Sont toujours les enfants trouvés, »
Nimes, le 25 décembre IH54.
Mon cher monsieur Reboul,
Non, ni votre âme, ni votre cœur ne sont taris, et je m'en félicite avec tous nos Nimois et tous ceux, en si grand nombre, qui se sont rafraîchis et confortés à votre source si chrétienne et si pure. Merci de tout le plaisir que vous me procurez, à ce moment, par la lecture de votre chant à Marie; merci des sentiments qu'il exprhne pour Tunion et le bonheur matériel et spirituel de la cité ; merci enfin des vœux que votre piété filiale adresse à la Vierge immaculée pour la guérison d'un père qui
aime réellement tous ses enfants et qui se plaît à vous bénir en particulier, et à vous oiïrir, mon cher Monsieur, l'assurance de son affectueux dévouement.
t FRANÇOIS, évêque de Nimes.