‹ Les traditionnellesChapitre 11 sur 114 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Afin qu'aux régions où son es])ril se plonge Il puisse conjurer ces œuvres de mensonge, Où le mal se revêt du fantôme du bien !

« C'est recueil de nos jours : infidèle à tes grâces, Après avoir laissé de lumineuses traces, Plus d'un astre tombé nous enseigne l'effroi. Passant subitement d'un sacerdoce à l'autre, Plus d'un démon, marqué du signe de l'apôtre, A porté le ravage aux moissons de la foi.

« Car, dès qu'il est debout sur le sommet sublime, Le prêtre sous ses pieds, hélas ! n'a qu'un abîme : De la gloire à l'opprobre il n'est pas de milieu. Qu'il veille, possédé de saintes insomnies : Le terrain est couvert de tentes ennemies. Ayez pitié de lui, mon Dieu!

« Oh ! combien d'arcs bandés dans cette nuit obscure Sont prêts à décocher le mensonge et l'injure

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Tout ce qui lient au ('lii'ist est abreuvé de fiel ; On a fait de ce nom presqivune ignominie. La trompette du monde est aux mains de l'impie, Pour qu'on n'entende rien du ciel.

« Lesventscalmésn'ontfaitqu' ajourner les tempêtes: Les bouges de l'enfer rêvent d'horribles fêtes : L'Église de l'exil reprenant le chemin, Les autels renversés. A ses sombres convives, Au moment de vider les coupes convulsives, L'antechrist a dit : A demain.

« Puisqu'il doit sous ces cris d\)scendre dans l'arène, Dote-le d'ini amour plus grand que cette haine. Mets le feu sur sa lèvre, arme-le pour la loi ; Qu'il prêche par sa vie et confonde le doute. Au nom de tous ces biens délaissés sur sa route Et foulés sous ses pieds pour venir jusqu'à toi.

« Kt, si les vœux du temps peuvent ici paraître,

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Mon Dieu ! veille sui- riioiTune ainsi f[uc sur le firôlre. Ensemble nous avons passé des jours amers : Nous nous sommes liés au milieu d'un orage, Ainsi que deux palmiers confondent leur feuillage Au souflle brûlant des déserts. »

Je ne sais si le ciel accepta ma prière, Mais je sentis des pleurs couler de ma paupière ; L'ami de ses terreurs se sentit délivré ; Et, dans l'émotion de ce moment suprême, J'oubliai, malheureux, de trembler sur moi-même; Tant mon cœur était enivré!

C'est avec un amour exempt de toute crainte Que je baisai ta main portant encor l'empreinte Du Dieu qu'avaient voilé le froment et le vin. Et toute l'assistance avait l'âme ravie, Et, comme tu l'as dit après, c'était la vie Sous son côté le plus divin I

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