LIVRE
Et, dans sa merveilleuse et sublime boaulé, Voir un temple où réside une divinité.
Enfant spirituel de mourantes prières, Alors qu'un jour divin inonde tes paupières. Tu dois à la science un reflet de ce jour Que la grâce en ton sein a mis avec amour ; Abjurant du néant la doctrine funeste, Que l'homme soit pour elle un héritier céleste : La mort est le chemin de l'immortalité. Tout souffre de l'oubli de cette vérité. Lorsque tous les regards s'attachent à la terre, Ils en font exhaler le deuil et la misère. Et surgir ces conflits d'appétits furieux Qui vengent le dédain que l'on a fait des cieux. Vainement chaque jour enfante son système, L'absence de l'esprit frappe tout d'anathème :
40 LKS TRADITIONNELLES.
Lorsque tout obéit à rempire des sens,
Les faibles sont foulés sous les pieds des puissants.
En vain contre les forts la liberté réclame,
Quel droit peut invoquer celui qui n'a point d'âme?
Le dogme désastreux de la fatalité
Reprend sa dégradante et morne autorité ;
Ce n'est point seulement les hommes de ravages
Qui s'en font les docteurs ; ceux qu'on estime sages
N'ont pu trouver aux cieux d'autres rayonnements
Pour éclairer la route ouverte à nos tourments.
Privé du pain que Dieu faisait pleuvoir des nues,
L'homme croit s'enrichir des vérités perdues ;
Et, portant dans ses mains un stérile trésor,
A l'ombre du trépas il va s'asseoir encor.
Ah ! Dieu seul peut savoir ce que le monde expie.
Grâce au poison semé par la science impie !
Combien ont dit au Christ : « Pour ne rien te devoir,
Astre bon ou fatal, je ne veux pas te voir ;
J'aime mieux, que le choix tienne ou non du vertige,
L'ombre qui ne vent rien que le jour qui m'oblige. »
LlVI'iK 1. 41
11 iaul à celle iiuil opposer le tlaiiibeaii. Le glaive de rcrreiir, hélas! est sans fourreau : Dans le champ de l'esprit) il abat sans relâche. Ce serait criminel d'oublier notre tâche : Il faut, plus que jamais, faire fructifier Les talents que le maître a pu nous confier; Après avoir clé son fortuné convive, Tu ne retiendras pas la vérité captive. Sur un sol généreux le bon grain est tombé ; Le gravier du chemin ne l'a point absorbé. Quelque chose le dit au fond de nos entrailles : La moisson à son tour servira de semailles. Grâces à celui-là que son zèle a tué, Le bien que tu nous fais sera perpétué ; Au milieu de ce deuil, dont se couvre le temple, Nous avons respiré l'encens d'un bon exemple, Et pour dernier adieu, dans la mort endormi , Le saint pasleur en frère a transformé l'ami.
4 octobre ISii;-.