LIVRE II
Les Apôtres clonnaicnt. Ui juste couronné, Conrmie autrefois le Christ au janliu des Olives, De la terre et du ciel semblait abandonné.
Mais aussi, sous le ciel dont le feu la consume, La victime jamais, avec plus d'abandon.
Après avoir vidé la coupe d'amertume, N'ouvrit plus saintement ses lèvres au pardon.
Aux vœux sortis du sang de l'auguste hécatombe, Quel cœur mieux que le tien avait su consentir? Quel front plus calme offert à la foudre qui tombe Sut mieux changer ses coups en rayons de martyr?
Trois fois sur le sommet et trois ibis dans l'abîme, L'un n'a pu t'éblouir ni l'autre t'elïrayer. Et tu fis voir à tous, femme grande et sublime. Que c'est sous ton Dieu seul que tu pouvais plier.
Ah ! tant que, pour offrir l'holocauste sans tache,
Le prêtre montera les degrés de l'autel, Tant que l'astre du jour accomplira sa tache Et marquera le temps sous la voûte du ciel,
Ton souvenir vivra comme un divin mystère Et comme un culte issu de celui de la croix ; La trace de tes pleurs restera sur la terre Pour la leçon du peuple et l'exemple des rois.
Que renferme l'adieu que nous laisse ton âme Rompant son double exil pour l'éternel foyer? Que nous dit le Seigneur alors qu'il te réclame? Est-ce pour nous absoudre ou pour nous châtier?
Le remords, parmi nous, s'est-il fait trop attendre? L'orage expiateur doit-il avoir son cours?... Ah ! l'espérance encor nous reste dans ta cendre. Et ta mort ne saurait faire mentir tes jours.
LIVRK II. 123
Non, ta tombe n'a point do vengeance à prédire; C'est un port de salut et non pas un écueil. La [)ublique douleur a trop bien su le dire, Le mérite du tien finira notre deuil.
28 octobre 1S31,