LK SOMMFJL DE JESU
Les astres de la nuit ont gardé le silence Quand Marie a chanté pour endormir Jés « Enfant en qui la terre a mis son espéra Disait la Vierge mère^ hélas! je n'en pui
a Ah! si ces yeux voilés charment déjà m Quel sera leur pouvoir s'ils viennent à s Tu ne me réponds pas ; mais ton souffle m
La haine de Satan en est plus furieuse, Et l'Éternel amour de joie a tressailli.
Et l'enfant s'éveilla sous la chaste caresse,
Et regarda sa mère avec un air si doux
Qu'elle reprit : « Mon fds, pardonne à mon ivresse!
Je sens fondre mon cœur et ployer mes genoux.
« Pour contenir le ciel, mon âme est trop petite; Ou dilate mon sein, ou referme tes yeux. L'immensité du don a noyé le mérite.
Et je tombe en esclave à tes pieds glorieux. »
Arrête ici, chrétien, ta course vagabonde, Et de l'amour divin contemple la vertu. Du regard du Sauveur ou du regard du monde, Pour combler ton néant, lequel choisiras-tu ?
LA MORT I) IIKHODK
l lie voi\ fut (Mileiuliie daiis Rama.
Sous un dais cii tissu de Tyr et de Sidon, Le somptueux ïïérode affnissait l'édredon D'une couche qu'ornaient quatre lions d'ivoire ; Mais du sommeil royal, sur leurs croupes assis, Ces monstres ne pouvaient écarter les soucis Dont la nuit remplissait son ombre expiatoire.
Le tyran tout à coup se réveille. Sa main Rejette les tapis trop pesants pour son sein.
La sueur dont il a \a figure arrosée
Reluit aux feux voilés du nocturne flambeau,
Connue, sur la pâleur du marbre d'un tombeau,
Aux rayons de la lune une froide rosée !
Accoudé, l'œil hagard, sur son lit tourmenté, Qui peut dans son repos l'avoir épouvanté?... Quoique de son lever le jour soit loin encore, Il a fait appeler les mages, les devins, Qui, profanes rivaux des prophètes divins. Lisent des visions l'obscure métaphore.
Au palais solitaire ils se sont tous rendus. « Montons, leur a-t-il dit, aux jardins suspendus Mon esprit ne peut plus supporter sa torture. Les astres maintenant étincellent aux cieux; Allons voir si pour nous ils sont pernicieux. Ou si mon rêve n'est qu'une vaine imposture. »