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UN BAISER DE SATAN

Quand il eut accompli sa trahison infâme, Judas sentit l'enfer descendre dans son âme : Le sol sembla sous lui brûler subitement. 11 va, sans savoir où, dans la ville en alarmes, A travers les flambeaux, les soldats et les armes. Et des Juifs qui parlaient du grand événement.

Et l'un disait : « L'arrêt est dur, mais équitable.

11 voulait être en tout plus saint que son semblable.

Cet homme était pour nous un reproche sans fin ;

La canaille d'Ophel en était fanatique ;

Un jour il aurait pu troubler la paix publique : Sa parole touchait à tout l'ordre divin. »

Un autre : « Je ne sais s'il est juste ou coupable; Mais celui qui le livre est un grand misérable. Vendre comme un bétail son ami pour la mort ! S'il me fallait choisir du disciple ou du maître, Je ne sais pas vraiment lequel je voudrais être ; Et du maître, ma foi, j'aimerais mieux le sort. »

Et Judas, en passant, entendait ces paroles. Sa tête se perdait en des visions folles, L'appas du gain avait disparu de son cœur; L'avarice y cédait la place à la souffrance D'un remords sans mérite et privé d'espérance, Et qui le laissait seul aller dans sa terreur.

11 allait. L'or du sang flottant à sa ceinture. De même qu'un aspic qui tient à sa morsure, Lui dévorait le flanc de son fatal venin ;

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