‹ Les traditionnellesChapitre 62 sur 114 · SALAMIS DE LARISSE · texte numérisé non relu

SALAMIS DE LARISSE

Sur le sommet du Pélion ,

Le jour jette un dernier rayon.

L'ombre descend dans la prairie;

Tous les oiseaux sont endormis.

Où va la jeune Salamis ,

La perle de la Thessalie ?

Hélas! s' aventurant ainsi, Son pauvre cœur n'a nul souci Que le jour tombe et s'obscurcisse;

Le beau Polémon , ses amours , Pour la guerre , depuis trois jours , A quitté les murs de La risse.

Elle ose enfm verser des pleurs.

Elle a trop caché ses douleurs ; Car une fille de la Grèce, Lorsque , s'arrachant de ses bras , Son bien-aimé vole aux combats , Ne doit point montrer de faiblesse.

Elle gravit les rocs béants , Restes des luttes des géants Sortis de la rive infernale.

C'est parmi ces sentiers affreux Que, dans son séjour ténébreux.

Elle s'en va trouver Mycale.

— « Consolatrice des amants, 0 reine des enchantements !

LIVr.E IV. 20:

Toi qui surprends la destinée Dans le vol sacré des oiseaux , Ou dans les plaintes des roseaux Qui croissent aux bords du Pénée;

Dans ce fleuve mystérieux , Tu montras souvent à mes yeux De Polémon la douce image.

Aujourd'hui, redoutant sa mort, Je viens te demander le sort Que Mars réserve à son courage. »

— « 0 ma fdle, bénis l'ardeur,

Qui t'a fait braver la terreur !

C'est l'heure où mon pouvoir éclate :

Dans les forêts des alentours ,

Je viens d'entendre les cris sourds ,

Les cris de la meute d'Hécate !

Je vais satisfaire à ton vaMi. >»

Et la sorcière a , sur le feu , Suspendu le vase magique ; Et, sur l'eau qui remplit ses flancs, Elle a penché ses cheveux blancs El chanté l'hymne fatidique.

Ensuite, tournant le rouet.

Pour accomplir le noir brouet , Elle y jette la mandragore , Avec les touffes de gazons Où l'aspic versa ses poisons , Et qu'on arrache avant l'aurore.

Puis, le rouet tournant toujours,

Le fauve duvet des vautours;

Le sang d'un dragon de Neptune ,

Et les débris terreux des os

Que l'hyène , hors des vieux tombeaux \

' Vers faux, mais non pas pour l'oreille.

LIVUK IV. 205

Traîne, pendant les nuits sans lune.

I /ongle livide dérobé Au doigt du malheureux tombé A l'autel , percé par le glaive ; Enfin, les lambeaux d'un enfant Que, sous un baiser étouiïant, La mère a tué dans un rêve.

Su rie trépied le charme bout :

L'antre sue et reluit partout Sous la vapeur qui s'en exhale.

Et, sur l'onde qui se répand Fixant ses deux yeux de serpent, Mycale, l'horrible Mycale

Dit à la pale Salamis :

« Voici le sort qui m'est transmis.

Sur le guerrier qui t'inquiète :

La mort ne doit fermer ses yeux

20G LES TRM)ITIO

Que lorsque, on un jour On verra pleuvoir sur sa

— « Quoi , pleuvoir en Je puis donc calmer moi Quel que soit ton sombr Car Jupiter, pour m'affli N'ayant sur moi rien à vi Kè saurait point faire un

Mais la nuit est proche d Salamis hâte son retour.

Le ciel est tranquille et s Elle marche étendant la Afin de voir, en son cher Si rien ne tombe des éto

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