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LE RHAPSODE

Sorti, pour rafraîchir aux brises de Taurore Les fatigues d'un front que votre feu dévore , Et reposer mes sens au réveil radieux De celui qui conduit vos chœurs harmonieux , 0 Muses! n'est-ce point un funeste présage, Que ces restes laissés par une nuit d'orage?...

Oh ! comment, jeune vierge au visage si doux ,

LlVliK IV. 200

N'as-lu pas de l'abimn apaisé le couiroux?

Quel soin l'aventura sur rélémcnt perfide''

L'amour t'amenait-il au rivage de Gnideï

Ou pour Ion père, atteint de symptômes mortels,

Allais-lu d'Épidaure invoquer les autels?

Je te vois sur ces bords sans vie , abandonnée ;

VA peut-être, oh douleur! ta mère infortunée ,

Aux lares paternels demandant ton retour,

Espère, par des vœux , en avancer le jour.

Quelle voix l'instruira de ta triste aventure?

Tes destins sont pour moi couverts d'une ombre obscure.

0 malheureuse enfant, si digne de pitié,

Que pourrai-je pour toi? Du sort disgracié,

Le Rhapsode, bornant sa funèbre obligeance.

Pour la première fois maudit son indigence.

Hélas! je n'ai point d'or pour l'offrir un bûcher;

Mais au fond de ce sable avant de te cacher,

De tes cheveux d'ébène, où l'onde encor ruisselle,

Je veux faire à ma lyre une corde nouvelle;

Afin que désormais, en vibrant sous mes doigts,

Ton trisle souvenir se marie à ma voix;

l]l qu'à défaut du jour, (jue je ne puis le rendre,

Quelque chose de loi vive et se fasse entendre.

ISol,

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