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I-oin de vous rester étranger

Il brûlera d'impatience

De vous la faire partager. »

— « Quoi? l'enfant qui nous vient de nailre Doit avoir nn pareil destin îf

Hélas ! nous n'osions lui promcttie Que l'indigence et que la faim,

« Quelle puissance est donc la vôtre?

Ètes-vous ange ou bien démon ? »

— « Je ne suis ni l'une ni l'autre; Mais plus tard vous saurez mon nom.»

— « Eb bien ! s'il faut que l'on vous croie, Si, pour nous tirer d'embarras.

Le ciel près de nous vous envoie, Prenez notre fils dans vos bras. »

Sur les marches du baptistère, L'enfant est aussitôt porté; * Mais de l'onde qui régénère Dès que son front est humecté,

Au jour qu'il connaissait à peine 11 clôt la paupière et s'endort.

Elle avait dit vrai, la marraine; Car la marraine était la mort.

SOIVKMII Ï)K LA VKILLK DK NOKL.

A M. ROUIYIANILLE,

l'Otin LK IIEMKHCIEK 1>Ë LENVOl DK SON LlVRli DE NOELS.

Je revis, mon bon lloiimanille, Au sein de mon humble famille; A celte veille de Noël Où l'Église, ouvrant ses entrailles Pour ses plus coupables ouailles, Met un sourire dans le ciel.

Je vois passer, de ma fenêtre,

Aux accords du haut-bois champêtre,

•ii8 LES TRADITIONNELLES.

Des bergères et des pasteurs, Menant, dans leur joyeux cortège, - Un agneau plus blanc que la neige, Couvert de rubans et de tlcurs.

Au seuil des maîtres de leurs terres, En ce jour-là leurs tributaires.

J'entends l'aubade retentir, Et puis, dans le carrefour sombre, S'éloigner et mourir dans l'ombre En ce temps si prompte à venir.

Je me chauffe à la cheminée, Du calendaou^ illuminée, A côté de mes jeunes sœurs.

Dont la figure virginale

' Ou bois de Noël. Bûche consacrée autrefois par l'aïeul de la maison en l'arrosant d'un verre de vin. Nos contrées, devenues chrétiennes, conservèrent le nom de Calendas à la fête de Noël, jour le plus remarquable des huit jours avant les Calendes.

LIVHE IV. 249

Du bois sacré, par intervalle, Hcnètc les saintes lueurs.

Toujours soigneuse de ma mise, Ma mère plisse ma chemise Pour la fête du lendemain, Et j'entends sa voix encor IVaiclie Chanter la gloire de la crèche Qui des cieux ouvre le chemin.

C'est l'histoire des trois rois Mages Venant ap[)orter leurs hommages, Ou celle d'un berger perclus Qui se dépite, en sa disgrâce, De Qc pouvoir (juitter la place Pour aller voir l'enfant Jésus.

Pour faire honneur h nos agapes, On sort la })lus blanche des nappes Que l'armoire peut renferiîier.

Contre Tallure habituelle, Au lieu d'une seule chandelle, J'en vois trois de plus s'allumer!

Ce soir, plus tôt que de coutume.

Les compagnons quittent l'enclume ; La table appelle l'atelier; Tous y prennent place, et mon père Semble voir, d'un regard prospère, Un enfant clans chaque ouvrier.

Desserts de toutes les natures :

Olives, raisins, confitures, Nougats de toutes les couleurs ; Respirant vos odeurs excpiises, Mes enfantines convoitises Se repaissent de vos saveurs.

Sous le sommeil, avant la messe.

Pour que nul de nous ne s'aflaisse,

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