INONDATIONS
Le sauvage bétail, chassé de ses roseaux , A gagné les hauteurs non encore envaliies , Et poussant, effaré, des plaintes inouies, Vers les cieux ruisselants élève les naseaux.
Et puis, Icà-bas, là-bas, sous une vase immonde, Récolte anéantie et désastres sans fin ; Et puis, entre la nue et le linceul de l'onde, La noire vision du spectre de la faim.
LIVHK IV. 265
Explorant les villas et les pauvres masures , Où père, mère, enfant pleurent, les bras tendus, Des barques à la rive amènent des figures Où la vie et la mort ont leurs traits confondus.
Le fleuve, mer roulante, à nos regards dévide Un lugubre écbeveau de désolations; Chaque vague, en passant, est comme une Euménide, Qui jette la rumeur des expiations.
Quel sage expliquera cette immense colère^ Que veut dire le ciel aux peuples éperdus? Frappe-t-il un grand coup, afin de les distraire Du mensonge éternel qui les tient suspendus?
Juiu 1856.