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A LA ROSE

Avec la froide averse a disparu l'hiver.

Un beau soleil de mars a blanchi l'aubépine ;

Sur le penchant de la colline , L'olivier se délecte au souffle de la mer.

Et, dans la plaine, aux bords des routes odorantes,

Modestes précurseurs de plus douces chansons,

Les insectes ailés bourdonnent sur les plantes, Sous les ceps bourgeonnes on entend les grillons.

Quand la terre oiïre au ciel sa grâce virginale, Parais, astre des champs, et ne t'informe pas Quels superbes cheveux, quels somptueux repas Jouiront des parfums que ton calice exhale.

Toute chose profane est indigne de toi : Reine, pour t'avilir tu ne fus point créée, Les dons que tu reçus t'en ont fait une loi ; Il faut à ta guirlande une fête sacrée.

De la beauté pudique emblème précieux, Renais pour décorer l'autel du Dieu suprême,

Ou pour servir de diadème Au front immaculé de la Reine des cieux.

Là, tu pourras du moins, sansremords et sans crainte, Voir ton encens se perdre et ton éclat mourir ;

LIVRK IV. 26:J

L'espérance est toujours au fond d'une œuvre sainte : Se faner pour le ciel c'est encor refleurir.

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