CHAPITRE VI
LK PEHLVI OU HDZVARECHE
Une traduction de Send-Avesta, le Boundeech ou livré cosmogonique des Parsis, et quelques inscriptions de médailles, composent tout ce qui nous reste de cette langue à ce point oubliée que la science n'a pas encore pu établir d'une manière certaine la contrée ou elle s'est parlée.
On trouve dans cett« langue de tels emprunts aux idiomes iraniens et arabes que l'on a hésité tout d'àbord à lui donner une place dans la grande classification des langues indo-européennes. Mais une étude approfondie de ses formes grammaticales, principalement de ses verbes composés, formes que n'a pas connues le sémitisme, n'a pas tardé à démontrer que ce parler appartenait au groupe des idiomes iraniens.
Appelée d'abord Pehlvi par E. Burnouf et les orientalistes de son époque, cette langue a reçu depuis, de l'école allemande, le nom de Huzvârèche.
Rien absolument ne légitime ce baptême allemand, si ce n'est que les savants de cette contrée ont l'habitude de déguiser ainsi leurs annexions scientifiques. On ne saurait trop blâmer ces coutumes, nous devrions dire ces manies, qu'ont certains érudits de changer constamment les appellations en usage, au grand détriment de l'étude et surtout de la vulgarisation des idées. De cette façon la langue scientifique change tous les vingt ans, et sans profit pour la science elle-même.
En quoi vingt mémoires entassés pour prouver qu'il faut dire Eraniens et non Iraniens, Huzvârèche et non Pehlvi, seront-ils utiles pour l'étude de ces langues? En parlant du type commun des langues indo-européennes, les Indianistes, qui se sont appelés William Jones, Colbrook, Burnouf, disaient le parler indo-européen. Après avoir longtemps employé ce terme, les Allemands lui ont substitué un beau jour, celui d'indo-germanique, d'autres savants disent maintenant le parler Aryaqne.
S'il est vrai que la science ne devrait pas avoir de patrie, en ce sens, que ses conquêtes accroissent le patrimoine commun de l'humanité, les érudits devraient bien s'entendre une bonne fois pour mettre
il6 LES TRADITIONS
on terme à cette phraséologie tonte indiTidaelle, et conserveries noms consacrés par l'usage (hi l'autorité scientifique de leurs deyanders .
L'alphabet pehlyi tel que nous le possédons» appartient à la seconde période que nous avons signalée, pendant laquelle l'écriture sortie des langes du cunéiforme n'emploie plus que des signes composés.