‹ Les traditions indo-européennes et africainesChapitre 17 sur 60 · GROUPE GÉNÉRAL DES LANGUES INDO-EUROPÉENNE · texte numérisé non relu

GROUPE GÉNÉRAL DES LANGUES INDO-EUROPÉENNE

Nous avons tenu à faire un groupe spécial des langues iraniennes, parce que la parenté indoue de quelques-unes a été longtemps contestée par toute une classe de linguistes qui leur assignaient pour ancêtres les langues sémitiques. Mais tout en les séparant des autres langues, nous avons pensé qu'il était inutile, dans l'état actuel de la science, de comparer leurs formes particulières aux formes générales de la grammaire commune des langues indo-européennes, leur origine ne pouvant plus être discutée aujourd'hui. De plus les contrées où elles se sont parlées et se parlent encore, appartenant à l'Orient, il convenait de leur donner un cadre spécial.

Quand aux langues de la même race, en usage en Europe, elles sont aujourd'hui à ce point étudiées et

commentées, que la vieille opinion classique, qui voyait dans les langues grecque , germanique , celtique, slave, des langues primitives sans attaches avec le sanscrit, ne mérite môme plus les honneurs de la discussion.

Il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur les deux tableaux comparatif^5^ que nous donnons au chapitre suivant.

Max MuUer a pu dire excellemment en s'expliquant particulièrement sur les origines grecques : « .... Les origines de la langue, de la pensée, et de la tradition grecque, se retrouvent au delà de l'horizon de ce qu'on appelle le monde classique. Il est étonnant de voir, môme de notre temps, des hommes profondément versés dans les études grecquiBs et latines, fermer avec intention les yeux à ce qu'ils savent être la lumière d'un nouveau jour. N'étant pas disposés à étudier un sujet nouveau, et ne voulant pas confesser leur ignorance sur aucune matière, ils essaient de se débarrasser des ouvrages d'un Bopp, d'un Humboldt ou d'un Bunsen, en signalant quelques erreurs, peut-ôtre un mauvais accent ou une faute de quantité... Plus d'un helléniste peut être tenté de dire : pourquoi si nous pouvons dériver Ôsoç de Ôesiv ou de Ttôsvat, sortirionsnous de notre voie et chercherions-nous a le tirer d'une autre racine? Quiconque n'ignore pas les vrais

principes de l'étymologie répondra à cette question. »

Après avoir prouvé à rencontre des hellénistes que les étymologies grecques ne se peuvent expliquer que par le sanscrit, notre auteur élevant la question, termine par ces paroles que nous avons déjà citées, mais que le lecteur nous permettra de lui rappeler, car tous ceux qui s'intéressent à cette exhumation du passé de la haute Asie, qui est à l'ordre du jour de la science actuelle, ne sauraient trop les méditer.

« Celui qui ne part que du sol de la Grèce et de l'Italie, n'atteindra jamais ces profondeurs, n'arrivera pas jusqu'à ces terrains primitifs, jusqu'à ces couches les plus anciennes de la pensée et du langage mythologique... S'il y a une nouvelle lumière à projeter sur la période la plus ancienne et la plus intéressante de l'histoire de l'esprit humain, la période où les noms ont été donnés aux choses, et où les mythes ont été créés, c'est des Védas seuls que peut venir la lumière. »

L'hellénisme, comme inspirateur des vieilles civilisations de l'Orient, est bien définitivement enterré.

Page 1