HYMNE A AGNI
PAR DIRGHATAMAS.
« Priez-le, il vient, il nous entend, il s'avance plein de sollicitude, il s'avance rapidement; pour lui sont les bénédictions, pour lui les offrandes. Il est le maître de l'abondance, de la force, de la splendeur.
« Il faut le prier : nul n'est trompé dans son attente, quand il est constant dans sa demande. Une première, une seconde prière peut être repoussée. L'homme qui ne se rebute pas doit compter sur la puissance d'Agni.
« C'est pour lui que sont préparés ces vases du
sacrifice; c'est pour luique sont composés les hymnes, que lui seul entende toutes vos paroles, il vous comble de biens, il vous met à l'abri du danger, il accomplit les vœux du sacrifice, il vous donne un secours infaillible, il vous aime de l'amour d'un nourrisson, qu'il reçoive et exauce notre prière.
« Quand vous êtes assemblés, il vient près de vous, il voit avec les qualités qui appartiennent à sa nature. Il promet le plaisir et le bonheur à son dévoué serviteur quand ses hymnes viennent le charmer au sein du foyer qu'il habite.
« Telle est la forme qu'a revêtue ce dieu désirable et accessible, ce dieu qui pénètre dans le bois du bûcher. Le sage Agni, ami de la justice et du sacrifice, a révélé aux mortels ce qui doit leur être utile. »
Dans cette hymne, Agni n'est plus considéré seulement comme le dieu du feu, mais aussi comme l'émanation la plus haute, la plus directe du Grand Étre^ dM Maître soiiverairiy celui à qui toutes les prières, tous les chants doivent être adressés. C'est le plus
grand des trois dieux de la primitive Trinité védique
INDRA — MITRA — VAROUNA
d'où est sortie la Trinité brahmanique, et toutes les triades des mythologies anciennes. L'hymne suivant se rapporte aux deux autres divinités.