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CHAPITRE XXXIX. — Du souffle dans la magie

1. Aboa Qatâda rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Les bons songes viennent de Dieu et les mauvais songes viennent du démon. Lorsque l un de vous a eu un mauvais songe, si, au moment de son réveil, il souffle trois fois et qu’il récite les sourates talismaniques pour se préserver du mal ce songe ne lui occasionnera aucun mal. »

Abou-Salama a dit : « Autrefois j’estimais qu’un songe m'était plus

(!) Ou : « peuvent guérir »,en lisant le verbe au passif comme je l’ai fait pour le hadits suivant

TITRE LXXVI

pénible à supporter qu’une montagne, mais, depuis que j’ai entendu ce hadits, il n’en est plus ainsi et je ne m’en préoccupe pas. »

2. ‘ Aïcha a dit : « Quand TEnvoyé de Dieu se mettait au lit il soufflait dans les deux paumes de ses mains en récitant : « Il est Dieu, « Tunique», ainsi que les deux sourates talismaniques. Ensuite, il passait ses deux mains sur le visage et sur toutes les parties de son corps où il pouvait atteindre. Lorsqu'il fut malade il m’ordonna de lui faire moi-même ces mômes pratiques. »

Ibn-Younos a dit : « Je voyais Ibn-Chihâb faire exactement la même chose lorsqu’il se mettait au lit. »

3. Abou-Saîd rapporte qu’une troupe de Compagnons de l’Envoyé de Dieu étant partis en expédition vinrent, en cours de route, camper auprès d’une tribu d’Arabes. Ils leur demandèrent l’hospitalité qui leur fut refusée. Le chef de la tribu ayant été piqué par un scorpion, ils employèrent tous les moyens de guérison sans obtenir aucun résultat. « Si, dit l'un des Arabes, nous allions trouver ces gens qui viennent de camper auprès de nous, peut-être que l’un d’eux aurait quelque remède. » Se rendant alors auprès des Compagnons, ils leur dirent: « O gens, notre chef a été piqué par un scorpion et vainement nous avons employé tous les moyens de guérison sans obtenir aucun résultat: T un de vous aurait-il un remède? — Oui, par Dieu, répondit un des Compagnons, je suis un magicien (1), mais, puisque, nous vous avons demandé l’hospitalité et que vous nous l’avez refusée, je n’emploierai pas ma magie pour vous tant que vous ne nous aurez pas fixé d’avance une rétribution. » On convint que ce serait un troupeau de moutons. Le Compagnon se rendit chez eux ; il se mit à faire absorber de sa salive au chef en récitant la première sourate du Coran ; au fur et à mesure de la récitation il sembla au blessé qu’on le débarrassait d’entraves et, quand ce fut fini, il se mit à marcher sans éprouver la moindre agitation. Les Arabes payèrent le prix convenu d’avance. « Partageons ce troupeau, dit l’un des Compagnons. — Ne

(i) Magicien était synonyme de médecin, la guérison s’obtenant en chassant le démon du corps du malade.

DE LA MÉDECINE

le faites pas, répondit celai qui avait opéré la guérison, avant que nous ayons rejoint l’Envoyé de Dieu. Nous lui raconterons ce qui s’est passé et nous verrons ce qu il nous ordonnera de faire . » Ils se rendirent auprès de l’Envoyé de Dieu et lui racontèrent 1 aventure. « Qui vous dit qu’il y a eu de la magie, répondit le Prophète : vous avez acquis un bien, partagez-le et réservez-m’en une part avec

vous. »

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