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CHAPITRE XV. — Des turbans

1 . ‘ Abdallah-ben- Omar rapporte que le Prophète a dit : « L’homme en état d’ihràm ne doit revêtir ni qamis, ni turban, ni pantalon, ni burnous, ni vêtement qui ait été touché par le safran ou par le ouers, ni bottines, à moins qu’il ne trouve pas de souliers ; alors, s’il n’en trouve pas, il coupera ses bottines plus bas que les chevilles. »

CHAPITRE XVI. — Du fait de porter un voile. — * Abbâs a dit : « Le Prophète sortit un jour portant un bandeau noir. » Alias a dit : «* Le Prophète s'était bandé la tête avec la bordure d'un manteau. »

1 . ' Aïe ha a dit : « Un certain nombre de musulmans émigrèrent en Abyssinie ; Abou-Bekr ayant fait ses préparatifs pour émigrer, le Prophète lui dit : « Ne te presse pas, car j’attends pour moi une auto- « risation h ce sujet. » Abou-Bekr répondit : « Espères-tu la recevoir « de façon certaine? — Oui », répondit-il à Abou-Bekr qui cessa ses préparatifs pour tenir compagnie au Prophète ; il donna à manger à deux chamelles, qu’il avait auprès de lui, des feuilles de samor{1) pendant quatre mois. »

Aïcha ajoute : « Un jour que nous étions assis dans ma demeure au début de l’heure de la méridienne, quelqu’un vint dire à Abou- Bekr : « Voici le Prophète qui, la tête couverte d’un voile, s’avance « à un moment où il ne vient pas d’habitude. » Abou-Bekr s’écria : « Je donnerai pour lui la vie de ma mère et de mon père. S’il vient « à cette heure c’est pour une affaire importante. » Quand le Prophète arriva, il demanda à être introduit, puis, quand il y eut été autorisé, il entra et dit à Abou-Bekr au moment même où il entrait : « Fais « sortir la personne qui est auprès de toi. — Mais, répondit Abou-

0) Espèce de mimosa.

TITRE LXXVII

a Bekr, c’est ta femme, je t’assure, ô Envoyé de Dieu. — J’ai reçu, « dit le Prophète, l’autorisation de partir. — T’accompagnerai-je « alors, demanda Abou-Bekr, ô Envoyé de Dieu? — Oui, répondit-il. « — O Envoyé de Dieu, prends Tune de ces deux chamelles. — En a en donnant le prix, répondit-il. »

'Aïcha ajouta : « Nous avions équipé ces deux chamelles à la hâte, et nous avions préparé le repas dans une sacoche. Asmâ-bent- Abou-Bekr détacha alors un morceau de sa ceinture pour attacher cette sacoche et c’est pour cela qu’elle a reçu le surnom de « la femme à la ceinture ». Ensuite le Prophète et Abou-Bekr atteignirent une caverne dans une montagne appelée Tsaour où ils séjournèrent trois nuits, pendant lesquelles 'Ahdallah-hen-Ahou-Bekr, qui était

un jeune homme à l’intelligence vive et éveillée, venait passer la nuit avec eux et les quittait au point du jour pour se retrouver au matin avec les Qoraïchites de la Mecque comme s’il avait passé la nuit avec eux. Il n’entendait pas dire une seule chose qui pouvait intéresser les fugitifs sans la retenir dans sa mémoire et venir la leur rapporter, au moment où il les rejoignait quand il faisait nuit.

« 'Amir-ben-Fohaïra, affranchi d’Abou-Bekr, faisait paître un petit troupeau (1) de brebis donné pour faire usage seulement du lait, qu’il ramenait le soir lorsque l’heure du crépuscule était passée. Le Prophète et Abou-Bekr passaient la nuit tranquillement jusqu’au moment où 'Amir-ben-Fohaïra venait les éveiller en leur annonçant que la fin de la nuit était arrivée, et pendant chacune de ces trois nuits les choses se passèrent de cette façon. »

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