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CHAPITRE XVII. — De celui qui laisse la fille d’un autre jouer

AVEC LUI, QUI l’embrasse OU LA CARESSE.

1 . Omm-Khâlid-bent-Khâlid-ben-Sa ïd a dit : « J’étais allée voir l’Envoyé de Dieu avec mon père et je portais une qamis jaune. L’Envoyé de Dieu dit alors : « Sanah, Sanah « (ce mot, dit El-Bokhâri, signifie « beau » en abyssin). Je me mis, ajouta-t-elle, à jouer avec l’excroissance appelée sceau de la prophétie (1). Comme mon père cherchait à m’en empêcher, l’Envoyé de Dieu lui dit : « Laisse-la « faire. » Puis l’Envoyé de Dieu dit par trois fois : « Abîme et use. » — El-Bokhàri dit qu elle vécut longtemps au point qu’on en parla, c’est-à-dire de sa longévité^.

(0 Le Prophète avait dans le dos une (2) Une variante donne le sens de: « la excroissance de chair qu’on disait être qamîs devint toute noire », et alors il faut le sceau de la prophétie. remplacer « longévité » par « durée ».

EL-IiOKHÂUl.

TITRE LXXVIII

CHAPITRE XVIII. — De l’affection témoignée a l’enfant ; DES CARESSES et des baisers du père. — Tsâbit rapporte, (T apres Anas, que le Prophète prit Ibrahim, l'embrassa et le flaira (*).

1. Ibn-Abou-No1 m a dit: « J’étais présent auprès de Ibn-'Omar quand un homme l’interrogea au sujet du meurtre d’un moustique (2). « Doit es-tu? lui demanda Ibn- Omar. — Je suis un habitant de « l’Iraq. — Voyez, reprit Ibn-'Omar ; cet individu m’interroge au sujet « du meurtre d’un moustique alors que les siens on tué le (petit-) fils « du Prophète. Or j’ai entendu le Prophète dire que ces deux enfants « étaient ses deux joies dans ce monde (3f »

2. Aicha, la femme du Prophète, a dit: « Une femme, accompagnée de ses deux filles, vint me demander l’aumône. Je n'avais qu’une seule datte à la maison, et je la lui donnai. Elle la partagea entre ses deux filles, puis elle s’éloigna. Le Prophète entrant à cet instant je lui racontai la chose. Il dit: « Celui qui a été éprouvé (4) « en ayant ces filles et qui sera bon envers elles, ces filles lui ser- « viront de protection contre le feu de l’enfer. »

3. Abou-Qatâda a dit : « Le Prophète vint vers nous, portant sur son épaule Omâma-bent-Abou-V As. Il fit la prière et chaque fois qu’il se prosternait il déposait l'enfant à terre et la reprenait chaque fois qu’il se relevait. »

4. Abou-Horëira a dit : « L’Envoyé de Dieu ayant embrassé El- Hasan-ben-'Ali au moment où El-Aqra'-ben-IIàbis-Et-Temîmi se trouvait auprès de lui, ce dernier dit : « J’ai dix enfants et jamais je « n'ai embrassé un seul d’entre eux. » Le Prophète, le regardant alors, s’écria : « On no fera pas miséricorde à quiconque ne se sera « pas montré bon » (envers ses parents).

5. Aicha a dit : « Un Bédouin vint trouver le Prophète qui lui dit :

(!) Dans le sens de caresser.

(2) 11 s’agissait de savoir si, étant en état d’ihràm alors qu’il est interdit de mettre à mort un animal, on pouvait tuer une mouche ou un moustique.

(3) Mot à mot : « mes deux, plantes parfumées ».

O) 11 faisait allusion à la peine qu’éprouvaient les Arabes quand il leur naissait une fille.

DE L’ÉDUCATION

« Embrassez-vous vos enfants? — Nous ne les embrassons pas. — « Alors, reprit le Prophète, comment pourrai-je te rendre des senti- « ments de bonté que Dieu a enlevés de ton cœur. »

6. * Oinar-ben-El-Khattâb a dit : « On avait amené au Prophète des captifs ; parmi ces captifs se trouvait une femme, les seins gonflés et débordant de lait. Chaque fois qu'elle trouvait un enfant, parmi les captifs, elle le prenait, le pressait sur son sein l'allaitait. Alors le Prophète nous dit : « Pensez-vous que cette femme aura à laisser son « enfant en enfer. — Non, répondîmes-nous, elle n'aura certaine- « ment pas à l’y laisser. » Le Prophète dit alors : « Certes Dieu sera « encore plus bienveillant envers ses adorateurs que cette femme « envers son enfant. »

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